Et si Kadhafi était prophète…

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5eme anniversaire de la mort du président libyen

Trois semaines après le début de l’insurrection dans son pays, Mouammar Kadhafi avait expliqué dans une interview à un journal français que l’Occident avait le choix entre lui et le chaos terroriste. Cela paraissait comme une propagande en considérant sa position acculée face à l’offensive des Français, Anglais et Américains. Mais avec le recul, 5 ans après, tout le monde constate que les faits sont têtus : le terrorisme s’est bien installé en Lybie et tente de déstabiliser le reste de l’humanité par toutes sortes d’attentats et des prises d’otages.

Tous les spécialistes de la Lybie savaient que la cohésion de ce pays tribal tenait à un fil que l’arrogant colonel s’efforçait de tenir. L’appétit glouton de l’Occident auquel s’est mêlée la naïveté des certains groupes libyens opprimés a conduit les Nations-Unies à prendre des décisions que certains pays regrettent aujourd’hui. Kaddhafi a été pourchassé, humilié, tué mais son pays n’a pas accédé à la démocratie tant promise. A la place du lait et du miel que les libyens avaient ainsi qu’un logement décent pour chacun, aujourd’hui ils n’ont que bombes et larmes, colonisés par l’état islamique. Résumons ce que le colonel avait annoncé en trois points :

L’expansion du terrorisme

Kadhafi n’était certes pas un démocrate au sens occidental du terme. Il était qualifié de dictateur et sanguinaire. Néanmoins, il avait le secret de la cohésion libyenne. Il savait comment maintenir ces tribus ensemble durant 42 ans. Son combat avait pour but d’offrir d’abord les meilleures conditions de vie à ses concitoyens.

Voilà qui avait poussé beaucoup de Maliens, Camerounais, Burkinabés, Nigériens à immigrer massivement en Lybie à la recherche du travail rémunéré. Il a plus d’une fois expliqué qu’il était là pour faire échec aux mouvements terroristes, mais personne ne pouvait le croire. Aujourd’hui, même les plus sceptiques se rendent compte qu’il avait raison. L’état islamique a pollué toute la Lybie qui a perdu son identité et sa forme. Le terrorisme y a installé un de ses quartiers généraux. Le monde sait à quoi s’attendre. Pas étonnant que le Mali, le Burkina-Faso, le Niger, le Cameroun, le Nigéria paient aujourd’hui le prix le plus fort.

Les vagues migratoires sur l’Europe

Kadhafi avait également prévenu contre le danger d’une immigration non contrôlée. Durant plusieurs années, il a freiné ces vagues venant de l’Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, l’Italie et d’autres pays côtiers souffrent de ces vagues incessantes qui ne s’arrêtent plus. Des milliers d’africains chaque jour se jettent sur la mer à la recherche du bonheur européen. L’on se rend finalement compte que les vannes sont ouvertes et que ni l’état islamique ni les autres milices ne peuvent arrêter ce mouvement qui déstabilise toute l’Europe.

Disparition du fonds Libyens

Plusieurs analystes estiment que la motivation de cette bataille de la Lybie n’avait qu’une seule préoccupation : faire mains basses sur les richesses du guide libyen. Des milliards de dollars logés dans plusieurs comptes occidentaux servent à créer de l’emploi dans ces pays et personne ne parle de leurs restitutions.

Même des dignitaires européens  à qui Kadhafi lui-même avait prêté de l’argent pour leurs campagnes et autres marques de visibilité ont préféré se taire. Le service après-vente totalement oublié comme l’avait souligné le courageux Idriss Deby. Confronté à une crise multiforme, la Lybie est totalement orpheline. Même les Nations-Unies n’osent rien proposer.  Où sont les vrais amis de la Lybie qui peuvent regarder non seulement à son pétrole, mais aussi au sort de millions d’hommes et femmes à qui l’on avait fait miroiter un bonheur irréel.

(Simon Kabamba)

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