Eric Chinje : « La presse n’est pas financée, parce que les gens ne voient pas encore l’utilité »

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Eric Chinje (Droite) lors de l’accueil des journalistes Africains du 29 mai au 03 juin 2017, des journalistes africains se retrouvent à l’hôtel Peacock à Dar es Salaam (Tanzanie), pour un atelier de renforcement des capacités sur l’urbanisation. Organisé par l’Initiative des médias d’Afrique (AMI)  et le Groupe de la Banque mondiale, ce rendez-vous doit permettre à la presse de réfléchir et de canaliser ses idées pour les mettre à la disposition des leaders du Continent. Et ce,  pour leur permettre de savoir comment planifier en matière d’urbanisation. Pendant leur séjour dans cette ville, les journalistes devront prêter attention et se rassurer qu’ils contribuent réellement au développement de leurs pays et à l’amélioration des conditions de vie des différentes populations. Au finish, les organisateurs veulent mettre en place une structure qui aura pour vocation de booster les médias, mais aussi de doter aux journalistes les instruments nécessaires pour se faire entendre.

A la question de savoir, pourquoi parler de l’urbanisation en lieu et place des mines, de l’agriculture ou des infrastructures, Eric Chinje, de l’Initiative des médias d’Afrique (AMI) répond que c’est pour la simple raison, d’autant plus que parmi les secteurs qui touchent quotidiennement la vie des Africains, il y a l’agriculture, l’énergie, le changement climatique et l’urbanisation. « Ce ne pas parce que les gens ne savent pas ce que ce le changement climatique, qu’on ne va pas chercher à mieux comprendre, ou à en parler. Ce ne pas parce que les gens qui vivent cette difficulté d’urbanisation quotidiennement ne perçoivent pas le problème de l’aspect politique, économique, parce qu’ils n’ont pas le temps », dit-il, avant de préciser que nous nous savons que l’Afrique  est très touchée par ce phénomène de l’urbanisation. Il y a des pays où près de la moitié  de la population est basée dans les villes. Est-ce que nos villes sont viabilisées pour recevoir autant de monde ? Donc, en quelque sorte, c’est plus de la moitié des populations africaines qui vivent le problème et qui ne savent pas concevoir des solutions. C’est pour cela que les médias doivent prendre le devant, chercher à mieux comprendre ce phénomène et l’expliquer pour que nous tous nous nous mettions à chercher des solutions. Sans ça, nos villes deviendront des bidonvilles.

 

Batailler même lorsque la poche est vide

Et pourtant, le secteur des médias est le moins financé qui puisse exister. Pour Eric Chinje, c’est qui est triste avec les médias en Afrique, ce que, je ne sais pas le pourcentage, 50 ou 60, voir même à 90%, les journalistes ont tendance à voir leur travail d’abord à travers le financement. Ils pensent déjà  à l’argent avant de penser aux problèmes et à la solution. Et tant que le système ne fonctionne que comme ça, on n’ira nulle part. « Nous voulons des journalistes qui sont prêts à aller en bataille même poches vides. Parce que les jours où les gens vont comprendre que la presse joue un rôle important dans leur vie, on va financer cette presse là comme il faut », dit-il, avant d’ajouter que tant que les journalistes ne s’informent pas et ne savent même pas comment informer la population, l’homme politique ou celui qui gère une institution de développement, n’auront  pas de respect à la presse et ne ressentiront pas son rôle et se demanderont même, comment la financer dans ce contexte? La presse chez nous n’est pas financée, parce que les gens ne voient pas encore l’utilité. Le jour où ils vont comprendre, la presse n’aura plus de problème. Moi je crois qu’il faut inverser le problème : commencer par faire le travail comme il se doit et puis on verra.

Signalons que les journalistes invités bénéficient d’un programme très alléchant mis à leur disposition. Tout commence aujourd’hui par le discours d’ouverture – avec un accent sur l’urbanisation et le développement en Afrique, suivie de la session 1: « Rôle des médias dans le développement (but du journalisme, médias et société, médias comme agent du changement et outil de formation de l’opinion publique, et journalisme de développement) ».

La session 2 portera sur « Les journalistes évaluent et discutent sur leurs propres articles ». Au cours de la session 3, la parole sera accordée à un professeur à l’Université de Dar es Salaam et qui va « présenter, examiner et exploiter les données pour des reportages axés sur des preuves probantes (où trouver les données ? Comment lire et visualiser les données ? Les acteurs du secteur ; le journalisme des données ; examen des articles et ressources pour les reportages) ».

Pour la première journée, le tout va se terminer au bureau de la Banque mondiale en Tanzanie où la presse suivra une 3ème session, qui en quelque sorte un « Exposé sur le travail de la Banque mondiale en matière d’urbanisation en Afrique », avant la session 5 sur la Vidéo-conférence avec Washington DC.

(Jean-Marie Nkambua depuis Dar-Es-Salam)

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