Entrainant de graves problèmes de santé: Le grand défi de la malnutrition en RDC demeure le financement

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La situation de la malnutrition chronique, plus  particulièrement chez des enfants de moins de 5 ans  en RDC, est alarmante. Cette situation qui engendre un problème de santé grave, tel que l’exposition aux infections à répétitions  chez ces derniers, présente un chiffre de près de 6 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrant de cette malnutrition, dont deux millions souffrent  de la forme aiguë sévère. Ceci ressort d’une émission sur la nutrition ayant pour thème « La nutrition chez les enfants, solutions, analyses, évidences, et perspectives pour la RDC ». En effet, l’émission a été organisée vendredi dernier à Kinshasa, par les journalistes membres du réseau des journalistes amis de l’enfant (RJAE), en collaboration avec l’Unicef, dont le siège a abrité le tournage de l’émission.

En effet, plusieurs orateurs ont participé à cette émission, dont le directeur général de l’organisation et de la gestion des services et des soins de santé, le Dr Body Robert Ilonga, représentant secrétaire général à la Santé à cette émission ; le directeur chargé de la nutrition à l’Unicef au niveau mondial, le Dr Victor Aguayo; Le spécialiste de la santé au niveau de la Banque mondiale, le Dr Michel Muvudi ; le conseiller régional en nutrition à l’Unicef pour la région de l’Afrique de l’ouest et du centre, M. Noël Zagré.

Pour le Dr Body, le grand défi de la lutte contre la malnutrition en RDC demeure le financement. Il indique que la malnutrition touche non seulement les enfants de moins de cinq (5) ans, mais aussi des femmes enceintes et des personnes en situation de vulnérabilité.

L’ampleur de la situation varie d’une province à une autre, mais la majorité des provinces (80%) sont affectées par la malnutrition. Etant donné que la malnutrition est un problème non seulement de santé, mais aussi  multisectoriel, tous les secteurs sont concernés, y compris l’éducation et l’agriculture.

La lutte nécessite l’apport de toute la communauté pour prévenir en amont et réduire le taux de malnutrition.

La lutte contre la malnutrition, une priorité nationale

De son côté, le Dr Victor Aguayo a estimé que la lutte contre la malnutrition doit être une priorité nationale pour le développement de la RDC. Parlant des propositions de l’Unicef à cette lutte, il a expliqué que l’accent doit être mis sur les interventions efficaces axées sur la prévention chez les enfants de moins de cinq (5) ans, y compris la bonne nutrition de la maman pendant la grossesse, la pratique de l’allaitement maternel exclusif durant les six (6) premiers mois de l’enfant et les interventions couplées de santé (dans la vaccination, dans le domaine de l’eau et de l’hygiène.

Le Dr Aguayo a reconnu que cette lutte est possible grâce à l’engagement du gouvernement congolais, à la participation, au soutien des familles et des partenaires et bailleurs pour renverser la tendance, car 70% des enfants mal nourris au monde habitent dans dix pays dont la RDC.

Les interventions de la banque mondiale axées sur trois piliers

Par ailleurs, le Dr Michel Muvudi a cité trois piliers sur lesquels reposent les interventions de la Banque mondiale, cette institution d’appui au développement dont le premier est le pilier stratégique (l’engagement dans le dialogue politique, dans la mobilisation des partenaires).

Le second pilier consiste à travailler avec le gouvernement, pour structurer le financement à travers les problèmes de santé, afin de mettre en place des actions sensibles à la nutrition et le troisième est axé sur le renforcement du système de santé (qui exige une bonne gouvernance et coordination, de prestation de qualité ainsi que l’approvisionnement en intrants.

Pour ce spécialiste de la santé, en effet,  la nutrition doit aussi être comprise comme un problème de développement. Du fait qu’un enfant sur deux souffre de la malnutrition chronique (retard de croissance), cela impacte sur le processus développement à cause de l’absence de productivité.

Les enfants ayant un retard de croissance ou mal nourris ont des problèmes de productivité et présentent  des infections à répétitions. Ceci laisse comprendre une charge financière qui se crée. D’où, la Banque mondiale intervient sur cette question de nutrition, a-t-il dit.

Le plaidoyer du conseiller régional en nutrition a l’Unicef pour la région de l’Afrique de l’ouest et du centre

Le conseiller régional en nutrition à l’UNICEF pour la région de l’Afrique de l’ouest et du centre, M. Noël Zagré a, quant lui, plaidé pour l’investissement solide et rentable, en vue de faire bénéficier aux enfants dès les mille (1000) premiers jours, des dividendes de tous les jours de la vie.

 

Mamie Ngondo

 

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