Enigme de la croissance économique en RD Congo: Michel Lokola explique

par -
0 641
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Dans une interview accordée au Journal L’Avenir, l’honorable Michel Lokola Elemba, cadre du Parti Lumumbiste Unifié (PALU), ancien Directeur adjoint du cabinet du Premier ministre et ancien ministre du Budget, s’est exprimé sur des sujets économiques en rapport avec le social de la population congolaise. L’on a voulu, en l’approchant de cette façon, comprendre l’énigme problématique d’une « croissance économique qui côtoie la pauvreté grandissante des Congolais ». La Rd Congo est l’un des pays au monde qui connait, depuis une décennie, une forte croissance économique au-dessus de 5% l’an. Cependant, cette croissance qui n’a pas fléchi n’a pas amélioré le vécu quotidien du Congolais. Ci-après, le jeu de questions-réponses :

L’Avenir : Honorable, avant d’entrer dans le vif du sujet, quelle est la santé de votre parti et sa position par rapport au dialogue national qui pointe à l’horizon?

Michel Lokola Elemba: Merci pour la énième occasion que vous me donnez pour m’entretenir avec vous sur des questions touchant à l’intérêt national. Le Palu se porte bien et s’ajuste au jour le jour par rapport aux enjeux politiques. Certes, le parti, à 1 instar des autres, a connu une traversée de banc de sable et non de désert aux élections de 2011 dont les résultats n’ont pas été relativement fameux. Nous comptons remonter la pente pour retrouver notre position, lors des prochains scrutins qui seront organisés. Le Palu a fait connaitre sa position sans ambigüité en faveur de la tenue du dialogue congolais dans la mesure où celui-ci conduira à un consensus autour des questions d’intérêt national dominées par l’organisation des élections en vue de la poursuite du processus démocratique dans notre pays, et ce, dans le respect des textes légaux. C’est vous dire que le parti est avec le Président de la République qu’il soutient dans ses efforts actuels d’ouvrir un espace de dialogue nécessaire à la sauvegarde des acquis démocratiques que nous pouvons, en aucun cas, déchirer. Je vous demanderai d’approcher le Secrétaire permanent et Porte-parole du parti à ce sujet.

La croissance économique enregistrée pendant 13 ans, aujourd’hui à 8,5%, n’est-elle pas suffisante pour aligner le niveau de l’économie à celui de la population pour que le social s’améliore?

 C’est vrai que le pays a totalisé 13 ans d’économie de croissance positive, même une forte croissance depuis 5 ans. Le seul taux de croissance ne suffit pas, il faut plutôt voir le volume des richesses additionnelles générées par la croissance. Je vous donne un exemple simple: le Nigeria a une production intérieure autour de 400 milliards de dollars; la croissance économique de ce pays correspond à la création des richesses de 8 milliards de dollars. Par contre, l’économie congolaise peut croître à 10% pour ne donner que 3 milliards de richesses additionnelles. Toute la différence est là pour comprendre la situation économique de notre pays dont la croissance génère encore des richesses additionnelles faibles autour de 2,5 à 3 milliards, s’il faut considérer les chiffres de 2014.

Que faire?

Il faut reconnaitre que dans l’ensemble, la RDC connait un réveil et un progrès par rapport à elle-même, comparée à sa situation d’il y a 15 ans. C’est ainsi qu’il faut garder le cap sur la croissance économique actuelle pour accroître significativement à moyen terme, le niveau de notre production. Cette croissance doit être inclusive, de manière à sortir le pays de la pauvreté et des inégalités actuelles. L’inclusivité de la croissance passe : par la construction des unités de production énergétique et des routes en terre battue devant relier les chefs-lieux des provinces ainsi que les chefs-lieux des territoires. Les coûts de ces travaux peuvent être financés par les emprunts intérieurs devant couvrir un déficit budgétaire ne dépassant pas 1 du PIB par an pendant 3 ans. Cela donnera une ardoise de plus ou moins 900 milliards de CDF ; La crainte que le recours à ce financement pourra déstabiliser le cadre macro- économique n’est pas justifiée, pour la simple raison qu’il s’agit d’un faible déficit et dont le financement est destiné à la promotion des activités aux retours économiques et politiques certains; des politiques de promotion de la production agricole et manufacturière tournée vers la demande intérieure de plus en plus forte aujourd’hui; La réorientation des politiques de crédits aujourd’hui caractérisées par la prédominance des crédits à court terme accordés au secteur tertiaire plus ou moins77% par le renforcement du FPI et la création de nouvelles Institutions financières spécialisées (agriculture et industrie) ; la participation de toutes les provinces à cette croissance afin d’éviter la formation « des îlots de croissance et de prospérité » qui viendront aggraver les inégalités sur le plan national.

Un mot de la fin?

 Nous devons savoir que la RDC vient de loin. Nous avons réalisé des progrès considérables par rapport à nous-mêmes. Il faut garder la vision et davantage avoir des ambitions à la taille des défis à relever. Nous devons savoir que l’émergence d’un pays n’est pas à considérer comme des eaux de pluies: on se réveille le matin, on constate qu’il a plu la nuit. Le développement est voulu, il est programmé; Il recommande un comportement, une éthique, un ordre et une discipline. C’est pour vous dire que l’Occident, qui incarne le développement économique à travers le monde, n’est pas un accident.

 

(Propos recueillis par Pius Romain Rolland)

 

 

 

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse