En séjour prétexte à Lubumbashi, Félix revient à Kinshasa pour Nikki : mission accomplie ?

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Le Rassemblement pourrait procéder à la remise des images-choc de Lubumbashi pendant le séjour de son président protocolaire au moment où circulent sur Yo-tube des vidéos-choc de Kyungu appelant à l’épuration des Kasaïens et de Corneille Nangaa argumentant sur le «+504 jours»…

Le communiqué commun de la délégation de l’Union européenne, de la Suisse, des Etats-Unis et du Canada en RDC n’établit certes aucun lien direct avec les faits saillants du séjour lushois de Félix-Antoine Tshilombo. Mais, la période choisie pour sa diffusion, à savoir l’arrivée de Mme Nikki Haley à Kinshasa le week-end, permet d’affirmer qu’il s’agit bien de cela. Il y est dit : «L’interdiction de réunions publiques, la perturbation d’activités politiques pacifiques et les arrestations arbitraires sont incompatibles avec les normes démocratiques, en particulier la liberté de réunion et d’expression que garantit la constitution congolaise (…)». Les diplomates rappellent que «pour que des élections pacifiques et crédibles puissent se tenir en conformité avec l’accord de la Saint-Sylvestre, tous les dirigeants politiques et de la société civile doivent être libres de tenir des réunions publiques» avant de souligner la responsabilité «des autorités de créer les conditions permettant de tenir ses réunions dans la paix et la sécurité»…

Dans sa dépêche intitulée «RDC: Felix Tshisekedi empêché de tenir meeting à Lubumbashi» mise en ligne le 25 octobre 2017 à 11h44, le website radiookapi.net rapporte que «Le président du Rassemblement de l’opposition, Felix TshilomboTshisekedi, accuse la police et les autorités de la ville de Lubumbashi d’avoir empêché la tenue de son meeting mardi 24 octobre. Pour lui, il s’agit d’une décision arbitraire, qui ne peut se comprendre dans un pays qui siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies».

L’intéressé a clairement déclaré : «On m’empêche d’avoir le contact avec le peuple. Et ça s’est répété aujourd’hui, où on a carrément barré la voie de sortie de l’hôtel, empêchant même d’autres clients de quitter l’hôtel, pour m’empêcher d’aller au meeting qui était prévu».

Pour rappel, le 23 octobre, réagissant sur Rfi alors qu’il venait de décréter la fin du mandat du chef de l’Etat avec son tweet selon lequel «Dès cet instant, nous ne considérons plus Joseph Kabila comme président», Fatshi s’en est pris directement à la Centrale électorale. «Les fameux 504 jours de Corneille Nangaa, nous ignorons ça et donc nous maintenons… Ça renforce d’ailleurs notre détermination à voir la fin du règne Kabila au plus tard le 31 décembre», a-t-il dit. C’est dans cette réaction qu’il qualifie d’ «irresponsables» les 153 pays ayant voté pour l’entrée de la RDC au Conseil des droits de l’homme de l’Onu, entrée – ça il ne le dit pas – qui ne sera effective qu’en janvier 2018. Le fait important à retenir est la stratégie de responsabiliser également la Céni.

A preuve, dans son communiqué du 24 octobre 2017 signé par le vrai détenteur du pouvoir au sein de « Rassemblement », entendez Pierre Lumbi en sa qualité de président du Conseil des sages, ce dernier signifie à la délégation de la Commission de l’Union africaine en séjour à Kinshasa que «…la direction actuelle de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) n’a été capable ni de publier un calendrier électoral, ni de confectionner à temps utile un fichier électoral pour permettre l’organisation rapide des élections. Elle s’est montrée totalement au service de la Majorité Présidentielle dont elle exécute les instructions pour bloquer le processus électoral». Et d’ajouter : «Pour le Rassemblement, le changement des dirigeants actuels de la CENI est la condition sine qua non pour l’organisation des élections véritablement démocratiques et crédibles».

Confirmation de son instrumentalisation

Le reste du communiqué (au fait sa grande partie) est réservé au séjour de Félix Antoine Tshilombo à Lubumbashi et, bien entendu, à l’annonce des actions «démocratiques» sous le couvert de l’alinéa 1 de l’article 64 de la Constitution. En réalité, toutes ces initiatives (Lumbi à Kinshasa, Fatshi à L’shi) ont un même but : conditionner Nikki Haley.

Comme évoqué dans la chronique intitulée «La veille de l’arrivée de Nikki Haley, Que fait Félix fait à Lubumbashi ?», «En réalité, Antoine Félix Tshilombo s’en est allé chercher au Katanga plus qu’une revanche : son plébiscite en tant que leader de ‘Rassemblement/Limete’. Assurément, les images sont en plein enregistrement au moment où se termine la rédaction de cette chronique. Elles doivent être instamment envoyées à toutes les organisations politiques et diplomatiques anti-Kabila évoluant les unes en thinks tanks ou en fondations, les autres en ONGDH ou en mouvements pro-démocratie, et cela pour un seul but : prouver que l’élection de la RDCongo au Conseil des droits de l’homme de l’Onu est un ‘affront cinglant’ comme l’a déclaré Hrw et soutenir la thèse selon laquelle l’avenir du Congo est tributaire du schéma ‘Transition Sans Kabila’». Malheureusement, pour les connaisseurs, c’est plutôt la confirmation de son instrumentalisation par la tête pensante et agissante de «Rassemblement, aile Limete», à savoir le G7.

«Nikki ici, Nikki là, Nikki ici-là…»

Mais, comme dans toute construction humaine, il y a toujours le défaut de la cuirasse. Et ce défaut, pour Félix Antoine Tshilombo en pleine ville de Lubumbashi a un nom : justement Gabriel Kyungu. L’homme qui procéda à l’épuration ethnique des Kasaïens résidant alors au Shaba. La vidéo est en circulation sur Yo-tube. Rien ne dit que les rancœurs se soient tassées. Il y a des Kasaïens rentrés au Katanga qui n’ont jamais pardonné à la famille Tshisekedi ce qu’ils considèrent comme une lâcheté. Alors Premier ministre élu à la Cns, Etienne Tshisekedi n’avait témoigné d’aucun acte de solidarité à l’égard des siens, refoulés de la province cuprifère. De même qu’il y a des Kasaïens et des Katangais qui n’ont jamais pardonné à Gabriel Kyungu de leur avoir fait le coup de la séparation brutale.

 

Aucun Gouvernement conscient ne peut porter la responsabilité des dérapages éventuels au simple motif de respect des libertés fondamentales, et encore dans un contexte rendu inflammable par des discours haineux.

Autre défaut de la cuirasse : le calendrier électoral. Il faut être foncièrement de mauvaise foi, comme l’est Pierre Lumbi, pour imputer à la Céni la responsabilité du retard enregistré dans l’enrôlement des électeurs. Cas de l’espace kasaïen. Circule également sur Yo-tube l’extrait de la prestation de Corneille Nangaa à la Cité de l’Union africaine lorsqu’il a évoqué le «+504 jours». C’est la même argumentation qu’il avait développée au centre interdiocésain dans le cadre de la Médiation Cenco. C’est dans cette vidéo que le président du bureau de la Céni attire l’attention du leadership congolais. On ne peut pas prétendre être leader et ne pas contrôler la base. Ces deux éléments audiovisuels réunis pourraient être remis à Nikki Haley en même temps que Fatshi et Lumbi procéderaient, eux, à la remise des images de Lubumbashi.

Mais, une chose est vraie, et c’est cela même qui est relevé dans l’éditorial intitulé «Nikki ici, Nikki là, Nikki ici-là…» : «Seulement voilà : à l’instar de ses illustres prédécesseurs, Nikki Haley ne va pas réinventer la roue. Elle dira et fera ce qui est connu. Elle renverra les Congolais à l’observance stricte de l’Accord du 31 décembre 2016, libre à chacun de l’interpréter en fonction de ses convictions. Mais, sur le terrain où l’opinion congolaise l’attend, à savoir le schéma ‘Transition Sans Kabila’, elle bottera en touche.  En attendant, on a tout de même l’obligation de se demander pourquoi les Congolais se font tant de mal à tout espérer de l’extérieur, même pour des solutions à leur portée ! Il suffirait que Nikki Haley les exhorte à un ‘3ème Dialogue’ pourtant inéluctable, et cela ne serait-ce qu’en termes d’évaluation ou d’ajustement structurel de l’Accord de la Saint Sylvestre, pour les voir réagir positivement». Maintenant que Nikki arrive, Félix n’a plus rien à faire à Lubumbashi. Il revient à Kinshasa. Faut-il encore qu’il convainque l’opinion de la réussite de sa mission…

Omer Nsongo die Lema/Cp

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