En s’autoproclamant président du peuple: Raila Odinga sur les traces d’Etienne Tshisekedi

par -
0 277
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

L’organisation des élections dans les pays africains a toujours été un sujet très mal perçu, et très controversé, surtout par ceux qui pensent qu’ils sont en droit de conserver le pouvoir le plus longtemps possible, et d’autres qui estiment que le moment est enfin venu pour une alternance paisible. Dans une Afrique encore traditionnelle avec des centaines de partis politiques messianiques, la démocratie n’est guère perçue de la même manière. Ainsi, chaque fois que c’est tel qui est au pouvoir et qui organise les élections, on le regarde toujours d’un mauvais œil, pis encore, on lui prête des intentions, parce qu’on croit toujours qu’il finira par tricher, mieux à s’imposer par la violence. Et ce, conformément à un dicton selon lequel, « on n’organise pas les élections pour les perdre ».

Cette réalité africaine semble celle vécue par la République démocratique du Congo en 2006 et 2011. Si en 2006, au cours de la première expérience électorale, les résultats proclamés du reste dans un char de combat n’avaient pas rencontré la volonté du principal challengeur, l’ancien vice-président de la République et sénateur de son état, Jean-Pierre Bemba Gombo, des troubles avaient éclaté au désavantage de cette jeune démocratie qui testait là pour la première fois l’organisation des élections démocratiques et indépendantes. Des élections du reste financées essentiellement par  la communauté internationale étaient organisées dans un contexte où la communauté internationale estimait que c’était une façon de cimenter la paix et la cohésion. Et davantage, de mettre un terme à la guerre, après que le Congo ait été divisé en plusieurs zones d’influence.

Grâce à la rencontre entre le gagnant (Joseph Kabila) et le perdant (Jean-Pierre Bemba), la paix a été instaurée, mais après que les miliciens proches de Bemba aient fait bouger la ville province de Kinshasa. Ici, le perdant a été conseillé de se référer aux instances judiciaires, et plus clairement de saisir la Cour suprême de Justice, qui ne lui a pas donné raison pour autant. Après ce moment de tension, cap sur la prestation de serment pour permettre à l’heureux élu de réaliser son projet de société, les cinq chantiers de la République. A cette époque, la Chine fut présentée comme le plus grand partenaire, avec sa stratégie de win-win (gagnant-gagnant).

En 2011, avec  ce qu’il convient de qualifier d’élections chaotiques, les troubles étaient prévisibles, au vu des difficultés auxquelles la nouvelle Commission électorale Nationale indépendante (CENI), dirigée par un pasteur Daniel Ngoy Mulunda était confrontée. Ici aussi, les violences ont failli emporter le peu d’efforts des uns et des autres, pour des élections dont la Rdc seule avait financé l’essentiel. A la proclamation des résultats, quelle n’a pas été la surprise pour les Kinois, mieux les Congolais d’assister à deux prestations de serment. L’une à l’esplanade de la Cité de l’Union africaine, dans la commune de Ngaliema, et l’autre, à la permanence de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) à Limete 11ème rue.

Heureusement que l’un, Joseph Kabila avait l’impérium et que l’autre, Etienne Tshisekedi n’a jamais eu le temps de gouter aux délices de son pouvoir et ne comptait que sur la mobilisation populaire. Même cas vécu en Côte d’Ivoire avec Laurent Gbagbo (le perdant) et Alassane Ouattara, le gagnant. Sinon, cette situation rappelle combien la classe politique, avec elle le peuple dans son ensemble, doit faire confiance à l’instance qui a reçu mission d’organiser les élections. De même, l’Institution devant organiser les élections doit rassurer dans son travail et prouver aux Congolais qu’elle jouit effectivement de l’indépendance.

La même « maladie », le manque d’indépendance de la CENI ou le peu de confiance que lui témoigne la population, c’est ce qui a tué la démocratie.

C’est cette maladie qui a été à la base de la situation que tout le monde déplore et décrie au Kenya. Et ce, pendant que ce pays est entrain de penser ses plaies d’une guerre aux connotations tribales qui avait même obligé le président actuel, Uhuru Kenyata, à aller répondre à la Cour pénale internationale, CPI, avant que celle-ci n’abandonne les poursuites.

Raila Odinga a-t-il oublié cette histoire macabre de son pays ? Pourquoi s’entête-t-il, lui qui n’a pas pris part aux élections, afin dit-il, d’épargner la vie de ses militants ? Pourquoi joue-t-il avec la vie des milliers de kényans, au moment où une élection saluée par tout le monde a été organisée dans son pays sans lui ? Le bon sens voudrait que Raila mène librement sa lutte politique entant qu’opposant, au lieu de chercher l’affrontement, épreuve pour laquelle il est présumé largement perdant. Nombreux n’ont pas cru de leurs yeux, lorsqu’ils ont vu l’opposant Raila Ondinga, Bible à la main, entrain de prêter serment : « Moi, Raila Odinga, répondant à une vocation supérieure, acceptant d’entrer en fonction en tant que président du peuple de la République du Kenya, jure de faire allégeance au peuple et à la République du Kenya ».

 

Le pouvoir pour le pouvoir

Pour servir son peuple, mieux pour répondre aux désidératas de ce dernier, faut-il toujours faire de la politique, ou être aux affaires ? C’est la preuve que les pays africains ont été mal préparés à la démocratie et nombreux sont ceux-là qui veulent le pouvoir pour le pouvoir. Nombreux vont en politique pour la survie, et non parce qu’on a un projet de société à réaliser. C’est aussi la preuve que ni l’histoire, ni les enjeux mondiaux n’instruisent les protagonistes.

Sinon, dans un monde de compétition dans tous les domaines, que gagnerait Raila Odinga en empêchant Uhuru Kenyata de mettre en œuvre son programme d’action défendu lors de sa campagne électorale ? À     qui  ce bras de fer profitera? Ceci, au moment où la population a d’énormes défis qu’il faut rencontrer. En Afrique, certains ont fait de la politique une carrière semblable à celle de la fonction publique. Pendant que ne va pas au pouvoir qui veut, mais celui dont le programme parvient à arracher le consentement du peuple. Dans cette logique, si le peuple ne veut pas de vous, vous ne pouvez nullement prétendre le représenter. Et le faire contre son grès est illogique.

Comme nous venons de le voir dans les lignes qui précèdent, toutes ces situations arrivent dans les pays africains, parce qu’on a été très mal préparé. Si le Congo avait profité du très long pouvoir de Mobutu pour bâtir des infrastructures solides, développer le pays, diversifier l’économie, …, tout le monde n’aurait pas en Rdc et en Afrique, l’attirance à la politique. Mais comme rien n’a été fait dans ce sens, tous les communs de mortels pensent que pour s’en sortir dans la vie, il faut obligatoirement occuper un poste ministériel ou briguer un mandat électif.

Et pourtant, l’on ne voie pas ce qu’un chinois moyen envierait à un américain. Ceci, parce que le parti politique au pouvoir en Chine, en l’occurrence le Parti Communiste Chinois (PCC) a appris à travailler pour l’intérêt de sa population. C’est dans ce sens que d’ici 2020, la deuxième économie mondiale va réduire l’extrême pauvreté. Et dans ce pays, le moment n’est pas indiqué pour les discours à dormir débout ou d’autres propos creux. Ainsi, le peuple qui n’a rien à envier en politique, peut facilement se retrouver dans un secteur de son choix !

Pourquoi les pays africains ne copieraient-ils pas de bons exemples ? Pourquoi on ne changerait pas nos systèmes électoraux pour privilégier le développement économique en lieu et place des slogans creux ? Pourquoi on n’améliorerait pas les conditions de vie de la population, pour donner à celle-ci la chance d’entreprendre une activité de son choix et mettre en exergue son géni caché ? Raila Odinga ainsi que d’autres leaders africains devraient comprendre que l’Afrique, c’est le continent le plus en retard et qui a besoin des investissements massifs. Ceux-ci ne peuvent être réalisés que dans un climat de paix et de confiance mutuelle.

Dans une Afrique sous-développée et dépendante de l’aide extérieure, on ne gagnerait qu’en étant autosuffisante et en évitant les conflits inutiles. Les pays africains doivent non seulement maitriser leur histoire, mais aussi leur environnement immédiat. Ils doivent savoir que seule la compétition leur permettra de tirer une place au soleil. Sinon, ils continueront à être la risée de tout le monde et ils ne vont fabriquer que des générations sacrifiées, aptes à aller chercher le mieux-être, en dépit des conditions existentielles très rudes.

(Jean-Marie Nkambua)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse