En s’adressant au Conseil de sécurité: Le CLC veut éviter les élections

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Dans une lettre de près de sept pages adressée au Conseil de sécurité, le Comité Laïc de Coordination (CLC) cherche en vain à dissimuler sa peur injustifiée de voir se tenir les élections au 23 décembre 2018. A scruter toutes les propositions et autres préalables adressés à l’ONU, il est facile de comprendre que le CLC, à travers lui toutes les autres associations qui tirent les ficelles, ne sont pas prêts à aller aux élections. Et ce, en dépit de quelques signaux qui sont du reste visibles et qui  poussent bon nombre de personnes à croire à l’organisation des élections à la date prévue.

En République démocratique du Congo, la loi a créé une Commission électorale nationale indépendante (CENI) dirigée par un expert de la Société civile et composée des parties prenantes que sont la Majorité présidentielle, l’opposition et la Société civile. Seule institution qui a reçu mandat d’organiser les élections, la CENI le fait en respectant la réglementation en la matière. Et ce, lorsqu’on sait qu’elle a beau être indépendante, mais c’est le Gouvernement de la République qui lui alloue non seulement les moyens essentiels pour son fonctionnement, mais aussi le budget pour l’organisation des différents scrutins.

A ce jour, après la clôture de l’enrôlement des électeurs, opération qui a produit près de 46 millions d’enrôlés, la CENI s’atèle au « dédoublonage», opération qui consiste à élaguer les doublons du fichier électoral, avant l’audit dudit fichier. Entre-temps sur le terrain, le vote de la loi électorale qui a innové en introduisant un seuil de représentativité, oblige les partis politiques à se regrouper. C’est le sens de tous les regroupements ou tentatives de regroupement enregistrés ces derniers temps, tant du côté de la Majorité présidentielle, que du côté de l’opposition.

En effet, si ces regroupements sont constitués, ce n’est pas pour faire plaisir à quiconque, c’est en vue de remporter quelques sièges lorsque les élections législatives, provinciales et locales seront convoquées par la CENI. Et si le Comité Laïc de Coordination a eu à suspendre ses marches récupérées par des politiciens en mal de positionnement et en déficit de discours convaincants, c’est au vu de l’avancée du processus électoral.

Que dit la lettre du CLC ?

D’une façon ramassée, la lettre dit que le président de la République plante le décor des élections dont il ne sait pas si elles vont se tenir, les contraintes financières, la machine à voter, l’autosatisfaction de Corneille Nangaa, la disqualification de la CENI par la refonte du fichier électoral, la mise en place d’un mécanisme d’accompagnement de la CENI, envisager de mettre en place un dispositif international ou régional ad hoc pour le monitoring des activités de la Cour constitutionnelle, etc.

Comme on eu à le dire, en Rdc, c’est la CENI qui organise les élections et le Gouvernement de la République n’apporte que les moyens pour le bon fonctionnement de cette institution indépendante. Ici, l’Accord de la Saint-Sylvestre autorise à la CENI à réfléchir pour un système électoral qui soit moins coûteux, dans un pays où un bulletin électoral ressemble à un syllabus. C’est ainsi que pour la CENI, le dévolu est tombé sur la machine à voter, mieux la machine à imprimer les bulletins de vote, à la charge pour les votants d’écrire les noms des candidats et de les introduire dans l’urne. Première expérience en la matière, c’est la raison pour laquelle la CENI procède au test, en apportant formation et information aux concernés.

Le calendrier électoral étant publié, il énumère des contraintes externes à la CENI, notamment les contraintes légales, financières, logistiques et sécuritaires. Comme pour dire qu’il appartient à chaque institution concernée de s’impliquer résolument pour la réussite de ces élections. A ce jour, la seule contrainte légale demeure le vote et la publication de la loi sur la répartition des sièges. Tâche à laquelle le Parlement va s’atteler lors de sa session ouverte le 15 mars courant.

Pendant que la Rdc dispose d’une expertise éprouvée en matière électorale, des Congolais, au 21ème siècle, conseillent des expériences ouest-africaines et des mécanismes d’appui inappropriés. Quelle honte ! Ils oublient même qu’au sein de la CENI, la communauté internationale, à travers la Monusco siège, surtout pour réfléchir sur comment rencontrer tous les défis logistiques. Sinon, à l’heure qu’il est, le bureau actuel de la CENI n’a rien à lui reprocher, si pas d’insister à ce que les uns et les autres s’impliquent pour permettre l’organisation des élections en décembre 2018. C’est-à-dire, au Gouvernement d’allouer le budget convenu, et à la communauté internationale de mettre la main à la poche.

Et si par impossible la date du 23 décembre n’est pas tenue, il est de la compétence de la Tripartite : Gouvernement, CNSA et CENI de réfléchir afin d’apprécier la situation et trouver une autre date. Et là-dessus, les Congolais qui ont déjà supporté, ne pourront que prendre leur mal en patience, lorsqu’il s’agira de prolonger cette date de deux ou de quatre mois. Qu’à cela ne tienne, le CLC doit retenir que les élections auront bel et bien lieu et il est de l’intérêt des uns et des autres de s’y préparer. La fuite en avant ne servira à rien, si pas à semer inutilement le doute dans la tête des Congolais. Et ce, lorsqu’on sait que certains problèmes abordés dans la lettre ont déjà été présentés au Conseil de sécurité tant par le Gouvernement de la République que par la Monusco.

L’Avenir

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