En retraite depuis deux ans: Jean-Claude Masangu signe son retour avec « Parole de Gouverneur »

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Pour l’ancien Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny, la publication de Jean-Claude Masangu déroule sous nos yeux son parcours digne d’éloges au cours duquel il est parvenu à transfigurer la Banque centrale du Congo dont il est devenu le gouverneur. A l’occasion, il a retenu deux succès qui l’ont marqué parce qu’ils répondent en écho à sa propre philosophie. Le premier, c’est le fait que Jean-Claude Masangu est un partisan de l’inculturation, c’est-à-dire de cette démarche qui consiste à s’inspirer des bonnes pratiques éprouvées sous d’autres cieux, tout en demeurant fermement ancré dans les spécificités culturelles et sociales de son pays. Comme deuxième succès, Jean-Claude Masangu, lui, n’a pas eu besoin de pères fouettards venus de l’étranger pour introduire à sa place les changements douloureux mais salutaires auxquels on doit la bonne santé de la Banque centrale du Congo.

C’est dans un salon Congo de l’Hôtel Pullman, du Grand hôtel Kinshasa, plein à craquer que l’encyclopédie de l’ex-Gouverneur de la Banque centrale du Congo, intitulée « Parole de gouverneur », ouvrage en quatre tomes, publié aux éditions Afrique Challenge, a été présenté au public très select, composé du président du Sénat, du Vice-président de l’Assemblée nationale, du Premier ministre, du monde académique, des artistes, etc. Du côté des étrangers, l’on a noté la présence de Charles Kona Banny, Gouverneur honoraire de la BCEAO et ancien Premier ministre de Côté d’Ivoire. Même les rencontres de certains musiciens populaires de la Rd Congo n’appellent pas un tel monde. Voilà qui a permis à beaucoup d’observateurs de dire que ce fut un retour par la grande porte, de Jean-Claude Masangu. Soit, une reconnaissance ou une confirmation nationale et internationale pour celui qui a quitté la BCC depuis deux ans et qui l’a gérée seize ans durant.

Le premier tome est consacré à l’Institut d’émission, devenu le véritable fer de lance du redressement économique national ; le deuxième s’attaque à la réforme monétaire du 30 juin 1998 qui a permis la réunification de l’espace monétaire, le rétablissement du système de paiement normal et efficace, la restructuration du système bancaire ainsi que la mise en œuvre du nouveau franc congolais ; le troisième tome traite de la coopération internationale rétablie grâce à l’action vigoureuse et transparente de la Banque centrale du Congo et le quatrième tome scrute l’évolution économique de la Rd Congo entre 1997 à 2011.

Jean-Claude Masangu, homme de parole

Une vue du Gouverneur Jean-Claude Masangu, lors de son mot de remerciement/Ph. Rtga World

Dans son mot de remerciements, Jean-Claude Masangu, l’auteur de l’ouvrage « Parole de Gouverneur » a repris plusieurs questions que se posent certaines personnes. Certains d’entre les téléspectateurs ont voulu savoir, pourquoi a-t-il choisi ce moment pour parler et lancer cet ouvrage ? Tout d’abord, répond Jean-Claude Masangu, il me fallait respecter ma période de réserve telle que stipulée par la loi qui organise le fonctionnement de la Banque centrale du Congo. Ensuite, je voulais produire un travail scientifique. Or ce genre de travail exige énormément de temps. Commencé en 2012 alors que j’étais encore en fonction, il a été parachevé une fois mis à la retraite. Et enfin, il n’y a pas de souci à se faire puisque je n’en suis pas à mon premier livre. Il y a quelques années en 2009 j’avais écrit : « Pourquoi je crois au progrès de l’Afrique, Credo d’un banquier africain ».

Certains veulent savoir, pourquoi ce titre ? La réponse est simple. « Je suis un homme de parole, je respecte mes engagements et je respecte ma signature », dit-il, avant d’ajouter que je n’ai qu’une seule parole et c’est pour cela que le mot parole est au singulier. Quand je dis oui, c’est oui. Et quand je dis non, c’est aussi non ! Une 3ème et dernière question que d’autres encore se posent est celle de savoir ce que vise le Gouverneur. La réponse est tout aussi simple. Il vise à rapprocher le monde professionnel du monde académique, le monde des praticiens du monde théorique. « Notre histoire, celle de la Rdc, est une très belle histoire, une « success story » sur le plan managérial, de la communication, de la conduite du changement. Elle est contée par un fils du pays qui, au moment des faits, était aux commandes dans le feu de l’action et dans des conditions les plus difficiles : un pays en guerre où l’ennemi occupe près de la moitié de son territoire, un pays qui ne produit rien ou qui produit presque rien, un pays sans système bancaire digne de ce nom, un pays sans matelas de devises », souligne-t-il, avant d’ajouter qu’à l’étranger, nombreux sont ceux qui cherchent à savoir comment avons-nous fait pour obtenir d’aussi bons résultats économiques dans des conditions pareilles ?

Huit principaux défis relevés par Jean-Claude Masangu

C’est le sénateur Evariste Mabi Mulumba qui a ouvert le bal à travers son mot de présentation de l’ouvrage. Suite à des ennuis de santé, le professeur Mabi n’a pu se présenter. Et son mot a été lu par M. Alioune Gueye, président Afrique Challenge. Dans ce mot, le sénateur a fait d’abord l’état des lieux de la décennie 1990-2000 où l’économie congolaise a été marquée par l’instabilité socio-politique dont les points culminants ont été les différentes guerres, la dégradation des infrastructures de base, les pillages et la destruction d’une partie de l’outil de production, l’émergence d’une économie informelle toujours grandissante, les déficits chroniques des opérations financières de l’Etat et le financement de ces déficits par la Banque centrale du Congo, au moyen de la planche à billet. Et ce, avec beaucoup de conséquences que l’on connaît.

Par la suite, il donne les résultats de la politique mise en place, notamment l’unification de l’espace monétaire et l’introduction d’une nouvelle monnaie : le Franc congolais ; la libéralisation de l’économie dont, celle totale, du marché de change ; la reprise et la poursuite de la coopération avec les institutions financières de Bretton Woods ; la réduction de l’inflation à un chiffre ; la reprise de la croissance à des taux positifs se situant autour de 6% l’an après une longue période de croissance négative, etc.

Parlant spécifiquement des défis, le professeur Mabi Mulumba soutient qu’après avoir stabilisé le cadre macro-économique, le premier défi à relever concerne le niveau de la production nationale. A peine au prix courant de 360 Usd par habitant et par an. Ce faible niveau de production a une incidence négative sur le niveau des recettes de l’Etat, de la consommation intérieure, de l’épargne et des investissements ; Evacuer le caractère rudimentaire et non intégré de l’économie congolaise sans ou avec peu d’effet d’entrainement interprovincial ; le troisième défi réside dans la faiblesse du potentiel d’investissement ; le capital humain qui doit être bien formé pour être qualifié et compétitif ; la croissance économique actuelle de 6 à 7% en moyenne observée ces dernières années, est très insuffisante pour conduire au développement ; le défi d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et celui d’accélérer le développement de l’agriculture ; le caractère insuffisant et délabré des infrastructures économiques de base, notamment celles de transport et des voies de communication ainsi que celles de l’électricité et de l’eau potable et l’intériorisation du concept de maintenance ; l’intégration économique régionale et internationale de la Rdc constitue un autre défi.

Cet ouvrage en quatre tomes qui, malgré le volume, se lit très aisément tellement le style est entraînant, mérite qu’il soit découvert par les Congolais, car c’est pour eux qu’il a été écrit. Il se vend à un prix abordable dans les librairies, les papeteries, les centres culturels, les bibliothèques privées, les kiosques (Alimentations et Hôtels).

(Jean-Marie Nkambua)

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