En marge du séminaire national sur la violence dans les stades,

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Max Mokey  évoque la responsabilité des dirigeants sportifs dans le phénomène violence dans les stades

Comme nous l’avions annoncé dans nos précédentes livraisons, le séminaire national sur la violence dans les stades organisé par la Fédération congolaise de football association  du lundi 3 au mardi 4 août 2015 à l’hôtel Béatrice à la Gombe, a tenu ses promesses au regard de l’intérêt du thème.

La recrudescence du phénomène violence inquiète et interpelle tous les opérateurs du sport. Parce qu’aucune rencontre ne peut se jouer sans un climat apaisé, dans un environnement pollué, c’est-à dire dans des infrastructures (stades ) ne réunissant pas les dispositifs sécuritaires édictés par la Fifa ou n’offrant pas suffisamment de garanties de sécurité et de sûreté aux divers publics qui y accèdent. La violence se place aux antipodes de la paix et interdit aux opérateurs du football d’exercer. Les bagarres, les jets de projectiles les bombes lacrymogènes sèment la pagaille et bloquent tous les maillons de la chaîne football. Les assises de l’hôtel Béatrice se sont presque muées en « Etats généraux du football » au cours desquels chacun en ce qui le concerne a pu apporter sa petite pierre à l’érection du cimetière de la violence dans les stades congolais. Dans les lignes qui suivent, Max Mokey parle, en sa double qualité d’opérateur économique (il est PDG d’entreprise) mais surtout d’opérateur sportif. Le club de football FC MK dont il est président-fondateur et manager, évolue à la division d’élite(Linafoot).

De la responsabilité des dirigeants sportifs dans le phénomène violence dans les stades.

L’organisateur  du séminaire lui avait proposé de parler de la collaboration entre les clubs et les instances du football. Mais, Max a préféré pour des raisons évidentes de la thématique,  plancher sur la responsabilité des dirigeants sportifs dans le phénomène de violence dans les stades. Suivez :

« De prime abord, je tiens à remercier la Fecofa pour l’initiative louable de ces assises et pour l’honneur qu’elle fait à ma modeste personne de prendre la parole du haut de cette tribune. Cette initiative qui n’est certes pas la première du genre, est louable à plus d’un titre. Elle donne la parole à tous ceux qui ont quelque chose à dire sur le ballon rond. Même à ceux qui n’ont rien à dire, elle donne l’occasion d’écouter ceux qui ont quelque chose à dire. Les uns et les autres en sortiront plus édifiés. Je ne doute pas un seul instant de l’effet cathartique qu’a la parole sur les humains que nous sommes. Je suis convaincu qu’en conjurant les démons de la violence dans ce magnifique cadre de l’hôtel Béatrice, nous allons exorciser nos stades de ce mauvais esprit qui le hante. Je m’en vais tenter de poser, à ma manière, le problème de violence et de la responsabilité des dirigeants des clubs. Il me paraît judicieux d’identifier les causes de la violence avant de dégager les responsabilités des acteurs.

Pour cela, je partirai de deux cas de figure pour épingler les responsabilités.

Premier cas de figure : le quatrième arbitre signale à l’arbitre principal qu’il reste une minute de temps additionnel. L’Arbitre central fait jouer jusqu’à 5 minutes de temps additionnel. Pendant ce temps, l’équipe menée égalise. Les supporters de l’équipe qui menait envahissent l’aire de jeu et passent l’arbitre à tabac. La police, en effectif réduit, assiste à la scène.

Quelles sont les causes immédiates de cette violence ?

  • L’absence de grillage de sécurité autour du terrain de jeu.

.2) Les erreurs d’arbitrage cumulées au cours de la rencontre.

3) Les frustrations et la grogne des supporters 4) Le système de sécurité insuffisant mis en place lors du match.

A chacune des causes correspond une responsabilité. Si nous observons bien ce cas de figure, la responsabilité directe des dirigeants de clubs n’est pas tout à fait engagée. Bien sûr que la frustration et la grogne des supporters peuvent leur être imputables si l’exercice de leur leadership n’est pas suffisant.  Les uns et les autres en sortiront plus édifiés.

Deuxième cas de figure : Si j’ai pris le premier cas de figure dans l’abstrait, le deuxième est puisé dans le concret de notre championnat. C’est un exemple grandeur nature qui traduit la réalité de notre football et la violence qui l’avilit.

Le dernier match SM Sanga Balende-AS V.Club à Mbuyi-Mayi. En début de semaine, la LINAFOOT avait organisé une concertation de dix clubs de play-off sur la violence dans les stades. A l’issue de cette concertation, la LINAFOOT avait invité tous les 10 clubs à signer un engagement à combattre la violence. SM Balende a signé, AS V.Club n’a pas signé. Le dimanche qui suivait, les deux clubs s’affrontaient à Mbuji-Mayi et le match s’est terminé de la manière que l’on sait. La responsabilité des dirigeants de V.Club ont envoyé quel message à leurs supporters ? Qu’ils toléraient la violence ? Qu’ils refusaient la violence ? Qu’ils étaient les auteurs de la violence ou qu’ils en étaient les victimes ?

Et Sanga Balende dont les dirigeants ont donné toutes les assurances à la ligue, pourquoi n’ont-ils pas pu empêcher cette violence ?

Je pourrai multiplier les exemples à l’infini. Il nous faut revenir à l’essentiel.

1° L’essentiel c’est football. La nature première et essentielle du foot, c’est d’être un jeu. Un jeu a ses règles, ses acteurs. Les supporters, aussi nombreux qu’ils soient, ne sont pas les acteurs du foot. Revenons aux textes et découvrons que les RGS définissent le Club comme « un groupement des personnes qui s’adonnent à la pratique du football » (art 63). C’est de la fausse idée du grand public qu’est née l’arrogance des clubs dits grands qui ne respectent rien, personne, aucune règle, aucune autorité et qui en font tout à leur tête. Alors que l’art 70 des RGS est clair : « Le Club doit se soumettre aux Règlements et directives de son entité d’appartenance et doit concourir à la formation morale, physique et technique de ses membres ». Les dirigeants de clubs peuvent se rendre coupables de la banalisation du refus de l’autorité. Ils encouragent leurs joueurs à contester les décisions et in fine les joueurs ne respectent personne. On assassine le fair-play et on assassine le foot. De la violence verbale, on passe à la violence physique.

(Fernand MukakuLalabi-Muke)

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