En marge du 29ème sommet de l’ UA: Raymond Jarret suggère à l’Afrique de s’inspirer du modèle chinois

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Les conflits armés intra-régionaux rendent les populations instables (ph tiers)
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« Faire de l’emploi des jeunes une priorité de l’action gouvernementale », tel est en substance le leitmotiv du Français Raymond Jarret aux gouvernements africains. A l’heure où vient de se terminer le 29ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, l’UA, cet appel de l’observateur français retentit de plus belle.

En effet, les rideaux sont tombés mardi dernier, sur  les travaux d’Addis Abeba, où les chefs d’Etat se sont penchés essentiellement sur des perspectives d’une jeunesse digne pour une Afrique digne. Le go  a été donné  lundi 3 courant, dans la salle des plénières Nelson Mandela.  Le Sommet a été placé sous la présidence du président guinéen Alpha Conde. Des sources ont indiqué que la rencontre était très attendu, au regard des enjeux mondiaux de l’heure et surtout des attentes non quantifiables des Africains tant du continent que ceux de la diaspora.

En effet, les observateurs s’accordent à reconnaître le contexte international tout à fait particulier dans lequel a eu lieu le rendez-vous d’Addis Abeba. La question sécuritaire demeure préoccupante, empêchant le  continent d’expérimenter les bienfaits de la libre circulation des personnes et de leurs biens.

A cela s’ajoutent les conflits armés intra-régionaux qui rendent les populations instables, occasionnent des déplacés internes, créant du fait même des ‘’no man’s lands’’ (pour dire : des terres sans hommes).

Pourtant, des observateurs ont de tout temps démontré que la stabilité des populations locales en vue de la mise en œuvre des programmes de développement, est une donne de premier ordre pour les partenaires sérieux. ‘’Les capitaux ont horreur des feux ‘’, réitèrent les bailleurs des fonds.

 

Sans un regard responsable sur la jeunesse, pas d’avenir radieux pour l’Afrique, redoute « l’ami de l’Afrique »

Valoriser la jeunesse, c’est frayer le chemin d’un avenir radieux pour l’Afrique, a démontré le septuagénaire français. En effet, Raymond Jarret qui jouit du prestigieux sobriquet de « l’ami de l’Afrique », a quitté la RD Congo en 1971, après avoir servi comme cadre technique de la représentation locale de l’industriel des chaussures, Bata. Il y a peu, l’homme a entrepris des voyages de touriste dans des pays subsahariens de son choix. Partout où il est passé, celui qui ne voile guère sa passion pour l’Afrique noire a véhiculé un message d’exhortation. En effet, il a appelé les gouvernants africains à prendre à bras- le- corps la question de l’emploi des jeunes. Le contraire, a-t-il redouté, constituerait une bombe à retardement susceptible de faire fragmenter ces pays de l’intérieur. Ce message de sagesse qui laisse transparaître de la compassion, est tombé comme un grain dans une terre ciblée.

En RD Congo, il a visité Kinshasa après avoir relié la Centrafrique au Congo-Brazzaville, par voie fluviale. Quelle n’a pas été son émotion de voir que le quartier N’DOLO, aux abords du fleuve Congo, n’était plus un quartier industriel. C’en était pourtant la vocation, sous l’administration coloniale belge, et aux premières heures de l’indépendance.

« Un grain jeté en terre ne pousse pas le même jour », renseigne une sagesse. Ceci laisse comprendre que l’Etat est en droit de planifier l’emploi des jeunes. Raymond Jarret qui a rappelé cette sagesse, exhorte l’Afrique à s’inspirer de l’expérience chinoise, basée sur l’union, le travail et la convergence des vues entre l’Etat, les élites et la base.

 

La fuite de bras et de cerveaux sèche l’Afrique

A l’heure où la question des migrants s’internationalise au point de défier les meilleures planifications humaines d’institutions spécialisées, l’Afrique subit le contrecoup du retour de l’histoire : « Les villages se vident de leurs bras actifs, les capitales s’asphyxient du fait de l’exode rural », constate un observateur. Tout comme la déportation avait « vidé le continent » de ses fils valides, l’ère des migrants trouve pareillement son levier en Afrique, où tardent à prendre corps l’industrialisation et la justice distributive.

Par ailleurs, le développement de « l’Afrique des villages » étant à l’arrière des agendas politiques, des statistiques troublantes tablent sur l’urbanisation des populations. En RDC, la fuite de bras sèche l’arrière-pays. Et cela, dans un contexte où la ville n’offre guère de garantie d’embauche. Beaucoup d’observateurs voient la nécessité d’une organisation à la base. Et c’est à ce niveau que les élites locales doivent s’assumer davantage. Il faut favoriser les regroupements. En bon visionnaire, Feu M’Zee Laurent Désiré Kabila a affirmé : « Le Congo est conscient de son rôle dans le concert des nations. Pour cela, nous devons nous organiser. Car la réponse à l’équation développement réside en bonne partie dans l’organisation et la mobilisation des masses ».

Dans son livre intitulé : « L’Afrique des villages », publié en 1983 aux éditions Karthala à Paris, l’écrivain  camerounais Jean-Marc Ela prône l’organisation des paysans, dans leurs villages respectifs.  Par la création de coopératives, de centres ou mutuelles de santé, d’écoles et d’autres services publics susceptibles de desservir la population, l’auteur démontre que les villages africains peuvent servir de poumon au développement du continent. Il explique que tous ces défis reposent sur un socle qui est l’organisation à la base. Faute de cet acquis à la base, l’exode rural touche des familles entières. En 1980, la Fondation allemande Hans Eidel avait tenté une expérience à Mbankana dans l’ancienne province du Bandundu (actuelle Maïndombe). L’expérience portant sur la valorisation de la jeunesse désœuvrée, a porté notamment sur la  création des camps. Celle-ci a dû bénéficier de l’apprentissage de métiers et lueurs d’espoir pour fonder famille. Pour l’heure, des voix s’élèvent pour appeler le gouvernement congolais à gérer l’après-diamant qui a occasionné d’énormes exodes à travers le pays.

L’Afrique doit investir dans l’homme

L’article qui suit date du 3 août 2015, dans les colonnes du quotidien L’Avenir, sous le titre : « Point de vue : Après la révolution industrielle ratée, la révolution de l’intelligence, une chance pour l’Afrique »

L’Afrique consomme et fournit au reste du monde la matière première de ce qu’elle (r)achète au prix fort. Elle reste un marché pour les créations des autres. En effet, dans un Tribune intitulé : « Investissons dans l’homme », le Marocain Aadel Assaadani (président d’un collectif culturel à Casablanca) a démontré : « Bien que les niveaux de développement de ses 55 pays soient inégaux, le constat global demeure celui d’un continent qui continue d’exporter ses ressources naturelles sans investir dans les moyens de les transformer à travers l’éducation, la recherche et des politiques publiques favorisant la créativité en tant qu’élément moteur de l’économie », a-t-il relevé.(Lire Jeune Afrique n°2711-2712 du 23décembre 2012, p.115). Pendant ce temps, la Chine fait sa percée en Afrique, et il s’observe que la plupart des pays qui ont ouvert les bras à la main-d’œuvre chinoise, ont ciblé les infrastructures comme secteur d’intervention. Pour l’heure, les observateurs se rendent à l’évidence que  le continent fait face à plus d’une priorité, dont essentiellement l’industrialisation de son économie. Car depuis les indépendances, l’Afrique « garde » la vocation de fournisseur des matières premières sur le marché mondial. En effet, l’auteur su-évoqué relève le credo des décideurs africains : « Les Africains ont davantage besoin de routes, d’habitat, d’hôpitaux, d’électricité, de réseaux d’eau potable », clament-ils.  La Tribune de ressortir ce qui suit : la recherche pragmatique des solutions nous dirige vers les industries créatives en faisant valoir le patrimoine de l’Afrique et l’intelligence des Africains. Le continent, après avoir raté sa révolution industrielle, pourrait avoir la possibilité (et le devoir) de se raccrocher à la « révolution de l’intelligence ». Il ne s’agit pas que d’un rêve, mais de la nécessité d’innover pour survivre dans un monde où l’économie est globalisée.

Investissons dans l’homme

L’Afrique doit produire, pour assurer la redistribution des richesses nationales, et projeter ainsi sa sortie du tunnel. Face à la croissance démographique, les analystes redoutent un déséquilibre constant,  car la vocation d’exporter des matières premières tant minières qu’alimentaires, a de tout temps exposé le continent aux aléas du marché mondial, aux fluctuations des cours de change. Les gouvernements doivent contenir les conflits armés internes et ceux externes, réprimer la corruption galopante, assainir la gouvernance, promouvoir le milieu rural, contrôler les échanges transfrontaliers…  Face à ces charges dont la liste n’est pas exhaustive, la dette publique devient le leitmotiv. Comme on peut le comprendre, l’assainissement de la gestion de la dette, de tout temps un pari à relever. « Il faut faire de l’emploi des jeunes une priorité de l’action gouvernementale », a suggéré le Français Raymond Jarret, touriste et ami de l’Afrique. Pendant ce temps, l’urbanisation des populations est une réalité persistance à travers le continent noir.  A cheval entre la volonté politique de démocratiser les institutions et des conflits armés intermittents, les gouvernements africains sentent monter en eux le besoin de pacifier et de rénover leurs espaces d’autorité. Ceci pour notamment planifier la question relative à l’industrialisation de leurs économies.

En attendant de politiques publiques volontaristes qui traiteraient des problèmes structurels de l’Afrique et des Africains, la société civile et quelques intellectuels, artistes et politiques se penchent sur l’expérimentation de solutions pérennes permettant au continent de trouver sa place dans le concert mondial en proposant la culture comme l’un des éléments de réponse au sous-développement. Rêvent-ils ? A l’évidence, oui, ils rêvent. La culture, regrette l’auteur de « Investissons dans l’homme », ne constitue toujours pas une priorité des gouvernants. Pourtant, « la culture est un aliment pour la conscience de l’individu, un ciment pour les peuples et une opportunité économique pour l’Afrique », a-t-il fait remarquer.

(Payne)

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