En marge de la CoP 21: L’UE réitère son soutien à la RDC

par -
0 867
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Lors de la deuxième Journée diplomatique sur le climat, l’ambassadeur Jean-Michel Dumond, Chef de délégation de l’Union européenne en RDC a félicité la Rdc pour les progrès enregistrés, tout en présentant clairement sa position et son soutien à Kinshasa en rapport avec la grande conférence sur le climat à Paris (COP 21). Celle-ci s‘y tiendra du 30 novembre au 11 décembre 2015. C’était dans un discours la semaine passée, devant le Ministre de l’Environnement, l’Ambassadeur de France, ainsi que plusieurs autres personnalités.

La position de principe de l’Union européenne, depuis longtemps et notamment à quelques jours du début du Sommet de Paris, est en phase avec la position des pays d’Afrique centrale et de la République démocratique du Congo en particulier.

Jean-Michel Dumond sur le plateau de la Rtga World en septembre 2015/Ph. Badi

Les constats sont communs. Européens et Africains sont conscients que la situation est grave. Mais, restent confiants ; elle n’est pas désespérée. Les engagements des réductions transmis conduisent à une augmentation de 2,7 degrés alors que l’objectif est de 2 degrés. Une telle augmentation de température ne paraît pas considérable mais, en réalité, elle est énorme. Ainsi, les deux continents sont-ils convaincus qu’il ne faut plus tergiverser, il faut agir!

La Rdc parmi les 10 pays les plus menacés

Pour Jean-Michel Dumond, l’Union européenne n’est pas indifférente ; elle comprend parfaitement la position des pays en développement. Ces pays sont effectivement d’abord les victimes. Ils vont être les premiers à souffrir du réchauffement climatique mais l’Union européenne défend en conséquence l’idée d’une responsabilité partagée mais différenciée.

Les analyses montrent que les pays pauvres, placés dans la zone équatoriale et tropicale, seront bien plus largement les victimes de l’inaction: il faut en être conscient car le risque est d’hypothéquer l’avenir de la prochaine génération d’Africains. La “plaie” climatique risque, sans actions urgentes, d’être un horizon plus que probable.

La Rd Congo fait partie des 10 pays les plus menacés au monde par le changement climatique. Les signes ne sont pas encore très visibles mais les premiers effets sont perceptibles. Les habitants de Kinshasa en sont témoins du fait que depuis fin septembre, la saison de pluies ne fait pas tout à fait honneur à son nom.

C’est le lieu de rappeler que les pluies sont liées à l’existence de la forêt : 70% des précipitations sont dues à l’évaporation à partir des arbres. Les conséquences de ce changement climatique seront considérables sur les cultures dont le rendement risque de baisser, avec des menaces pour ce qui concerne la sécurité alimentaire des populations et ses évènements climatiques extrêmes, notamment la sécheresse ou, a contrario par endroits, les inondations et les érosions.

La déforestation a comme conséquence que le séquestre de carbone qui était positif est devenu négatif. La République démocratique du Congo est de ce fait un contributeur important à l’émission de gaz de serre. 90% de ces émissions sont dus à la déforestation. L’industrie n’y contribue que pour 0,1%.

Réduire les émissions nationales des gaz à effet de serre

Le Conseil des ministres de l’UE a pris la décision d’atteindre au moins 40% de réduction des émissions nationales de gaz à effet de serre sur les niveaux de 1990 d’ici 2030. Un tel effort va nous mettre sur une trajectoire d’une réduction à hauteur de 80-95 % des émissions par rapport au niveau de 1990 d’ici 2050, comme le recommande le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) si l’on veut empêcher que la hausse de température ne dépasse pas 2°C. Il est à noter que l’Europe ne représente plus que 9% des émissions mondiales et que sa part est en baisse: L’action dans le monde est donc essentielle. « L’Union européenne, en liaison avec les Etats-membres, ne ménagera donc aucun effort pour le succès du Sommet », annonce le diplomate.

L’Union européenne est convaincue du fait que, pour nous garder sur la bonne voie et donc limiter une augmentation de la température mondiale au-dessous de 2 ° C, il est essentiel de parvenir à des engagements internationaux équitables, ambitieux et juridiquement contraignants, d’inclure un objectif à long terme de réduire collectivement les émissions globales de, au moins, 60% en 2050 par rapport à 2010 et à “0” émissions en 2100 ; de rendre des dispositions fortes en termes de transparence et redevabilité (pour mesurer les progrès et encourager la confiance mutuelle) et de mettre en place des mécanismes de révision réguliers par exemple tous les 5 ans, au fur et à mesure que nous avançons. La CoP 21 n’est pas la panacée. Il faut un premier pas. Tous ces points sont partagés par l’Union européenne, l’Afrique et la République démocratique du Congo en particulier.

L’UE félicite la RDC

L’UE félicite la RDC d’avoir non seulement publié sa Contribution Prévue Déterminée au niveau National, CPDN, bien avant la date fixée lors des derniers engagements pris mais, surtout, d’avoir élaboré une Contribution ambitieuse.

Cette CPDN envoie un signal fort à l’attention de la communauté des nations que la Rdc est consciente des défis auxquels elle fait face et qu’elle est déterminée à les surmonter. Ce sont là des gages qui lui permettront d’obtenir les soutiens nécessaires à sa mise en œuvre.

L’Union européenne, ensemble avec ses Etats membres (représentées ici aujourd’hui) coopère depuis longtemps avec la République démocratique du Congo pour atteindre ces objectifs communs. Outre une coopération politique de haut niveau en cette phase importante de l’histoire congolaise, et la visite en juillet dernier de M. Maros Šefčovič, vice-président de la Commission européenne chargé de l’Union énergétique en est le témoignage, l’UE a décidé d’un effort particulier sur les thèmes de l’environnement, de la protection des milieux naturels, des forêts.

L’Union européenne, comme acteur majeur du secteur de l’environnement dans le monde, est très active dans son partenariat avec les pays de l’Afrique centrale et de la RDC. Je peux déjà annoncer que l’Union européenne va rejoindre l’initiative Central African Forest Initiative ‘CAFI’ pendant la réunion de Paris (qui sera un de mécanismes pour financer la mise en œuvre du REDD+). On suit avec attention le travail en cours de la RDC pour finaliser le plan d’investissement REDD+.

Le problème est celui du financement des projets bancables. L’Union européenne est favorable à l’idée que les fonds verts puissent, dans une limite de 10% et pour un montant maximal de 1,5 million de dollars, financer la préparation de ce projet.

Dans le cadre du Fonds européen de développement (FED), d’ores et déjà, un financement en appui à “l’environnement et à l’agriculture durable”, pour un montant de 120 millions d’euros, sera consacré à une protection des sites d’importance planétaire en RDC et à appui à la relance agricole dans des zones rurales reculées autour de ces aires protégées. Ce financement du fonds européen de développement, sera ainsi le plus important appui à la conservation et à la gestion durable des forêts mis en place par l’Union européenne pour un seul pays. La cérémonie de signature officielle de la Convention de Financement avec les autorités congolaises est prévue se tenir au Nord Kivu à la mi-Décembre 2015.

L’objectif final est de soutenir le développement durable de la RDC améliorant les conditions de vie des populations les plus démunies et sauvegardant l’exceptionnel patrimoine naturel que le pays recèle: ce programme est une contribution directe à la lutte contre les changements climatiques. Protection de l’environnement et développement loin d’être incompatibles, sont complémentaires.

Emmanuel Badibanga

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse