En marge de la commémoration de la Fête internationale de la musique : Le gouvernement appelé à ‘’sauver ‘’ la musique congolaise en perte de vitesse

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Le monde célèbre en cette journée du 21 juin la journée consacrée à l’art d’Orphée. Oui, la musique est d’une grande importance en Afrique et particulièrement en RDC. Elle accompagne tout le monde à tous les événements heureux ou malheureux. Profane ou religieuse, la musique est omniprésente dans la vie des Congolais qui la consomment sans modération. La fête de la musique, c’est donc l’occasion bien propice de jeter un regard sur cet art qui connait moult difficultés et qui perd chaque jour de son illustre. Si hier, la musique avait un grand rayonnement dans notre pays et chaque concert religieux ou profane (couple Buloba ou Zaiko) bougeait la capitale et les foules, aujourd’hui, les choses ont beaucoup changé. La musique est certes consommée à la maison, mais elle ne bouge plus grand monde. Elle n’attire plus les foules, ne suscite plus de débats, ne se vend plus, ne rapporte plus. L’ex-Zaïrois autrefois connu par sa belle musique, a perdu de cette identité. Les autres rythmes musicaux ont envahi le monde au point où les spécialités congolaises n’emballent plus grand monde. Les stars congolaises qui remplissaient les grandes salles ( Zenith de Paris, Olympia, Bercy et autres) se contentent aujourd’hui des boites de nuit, en jouant devant une dizaine de gens. Les belles mélodies de Dieu qui faisaient le plein du stade des martyrs peine aujourd’hui à remplir la moitié d’une petite assemblée. Les JB MPIANA, WERRASON, KOFFI… qui vendaient leurs albums comme de petits pains à Kinshasa et dans d’autres chefs-lieux comme Goma, Lubumbashi, Mbujimayi, Matadi, Likasi, sans compter l’extérieur, ne vendent plus. Ils passent plusieurs années sans penser à la sortie d’un album, sachant pertinemment que la piraterie détruira tous leurs efforts.

Les raisons de la descente aux enfers.

Sans être spécialiste de la musique congolaise, nous pensons que les raisons suivantes peuvent être à la base de la situation dramatique que connait présentement la musique congolaise :

  • Boycott Bana Congo

Depuis que nos compatriotes ont décidé non seulement de boycotter les concerts de musiciens congolais mais de s’attaquer à tous ceux qui oseraient y prendre part, la descente aux enfers a bien débuté pour cet art congolais. C’est à l’étranger que ces musiciens pouvaient gagner un peu d’argent à travers les concerts et les ventes de leurs albums. Le bras de fer entre les stars et les Bana Congo a complètement détruit la musique congolaise et la concurrence en a profité pour écraser la rumba et ses variantes qui sont désormais joués dans des espaces privés et personnels. Casaniers au pays, les musiciens qui ne gagnent plus grand-chose, ne peuvent plus donner le meilleur d’eux-memes. Ils font le minimum possible, question de survivre.

  • Faible pouvoir d’achat

Combien de kinois achètent encore des dvd et cd dans les boutiques à musique ? Trop peu. Beaucoup se contentent de piquer ces albums sur leurs clés usb ou acheter des cd piratés et vendus à vil prix. Même à l’église, des chrétiens chantent et dansent sur fond d’une musique piratée. En analysant le fond du problème, l’on se rend vite compte que le faible pouvoir d’achat pousse beaucoup de congolais à se contenter de la piraterie et ne pas mettre la main à la poche. Plus la crise devient aigue, moins les œuvres musicales sont vendues.

  • Piraterie

En RDC, on pirate tout ou presque. L’autorité regarde passivement cette piraterie. Elle ne sévit personne même quand les canaux sont connus de tous. Les pauvres musiciens n’ont que leurs yeux pour pleurer. Plus d’une fois, ils ont dénoncé mais personne ne les a entendus. Abandonnés à leur triste sort, les musiciens observent passivement leurs œuvres détruites à longueur de journées. Leurs droits à divers niveaux ne sont pas reconnus.

  • Absence d’encadrement

Si les footballeurs bénéficient d’un bon encadrement, il n’est pas le cas des musiciens qui tentent bien que mal de s’en sortir avec la fameuse Socoa. S’ils l’étaient, ils poseraient déjà à qui de droit leurs problèmes, afin de trouver même un début de solution. Boycottés en Europe, les musiciens devaient trouver un appui au pays. Mais faute d’encadrement efficient, ils se débrouillent chacun à sa manière et le résultat est connu de tous.

Que faire ?

Face à toutes ces difficultés conjoncturelles et même structurelles, le gouvernement congolais doit faire quelque chose pour sauver l’industrie musicale qui contribue à sa façon au bien-être de la population. Encadrée, cette musique peut générer non seulement des emplois mais aussi beaucoup d’argent pour le trésor public. Les musiciens peuvent recevoir de l’aide directe ou indirecte du gouvernement, pour faire face à d’énormes difficultés financières qui les étouffent. La participation à des festivals sponsorisés par le gouvernement est un exemple. La construction des salles de spectacles en est un autre. Chaque budget annuel doit prévoir un montant d’appui à la musique (les modalités de répartition peuvent être définies par le secrétariat à la culture). Face à ce bras de fer avec nos compatriotes vivant en occident, le gouvernement peut s’investir pour lever le malentendu qui non seulement préjudicie les musiciens mais donne une très mauvaise image du pays dont ses propres fils et filles ont du mal à se parler. Pourquoi soutenir les Léopards et abandonner les musiciens quand on sait que tous et chacun dans son secteur, représentent l’image de la RDC. La mort sùure et lente de notre musique est une grosse perte pour le pays qui en tirait une certaine fierté.

( Simon kabamba)

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