En dépit du plaidoyer de la CENCO chez Edgar Lungu: La SADC va rester cohérente

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Les  Evêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), en tant que parrains de l’Accord de la Saint-Sylvestre (Accord du 31 décembre 2016), ont saisi Edgar Lungu, Président de la Zambie et Chairman de la Troïka de la SADC sur la Politique, la Sécurité et la Défense. Dans son plaidoyer, la CENCO voudrait que ce dernier puisse peser de tout son poids pour convaincre le Gouvernement congolais à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique selon l’Accord de la Saint-Sylvestre et pour la tenue d’élections inclusives et apaisées. Pendant que la CENCO était en Zambie, la même SADC dépêchait sa mission du Forum des commissions électorales, qui s’est dite satisfaite de l’exécution du calendrier électoral. Preuve que la SADC va rester cohérente, elle n’ira jamais en guerre contre elle-même.

La semaine dernière, les Evêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), en tant que parrains de l’Accord de la Saint-Sylvestre (Accord du 31 décembre 2016), étaient chez Edgar Lungu, Président de la Zambie et Chairman de la Troïka de la SADC sur la Politique, la Sécurité et la Défense, pour un plaidoyer relatif au processus électoral en Rd Congo. Dans un document transmis à la presse, les Evêques se disent  convaincus que seules les élections crédibles, transparentes, inclusives et apaisées constituent la solution et l’unique voie de sortie pacifique de la crise socio-politique que traverse le pays, depuis 2016.

Tout en considérant l’importance et le rôle de la SADC dans la sous-région, ils ont voulu partager avec lui, leurs préoccupations concernant l’évaluation du processus électoral en République Démocratique du Congo dans la conviction, ont-ils relevé, qu’avec vos collègues de la SADC, parce qu’il peut aider le Peuple congolais à sortir de cette crise et à gagner le pari de l’organisation des élections crédibles, transparentes, inclusives et apaisées, le 23 décembre 2018.

Les points positifs

Comme avancées du processus électoral en cours, ils citent l’existence d’un fichier électoral audité; le respect des dates clé du calendrier électoral ; la publication des listes provisoires des candidats à l’élection des députés provinciaux ; la publication des listes provisoires de candidats à l’élection des députés nationaux ; la publication des listes provisoires de candidats à l’élection présidentielle ; la désignation du candidat du Front Commun pour le Congo (FCC), plateforme électorale du Président de la République en fonction; le financement progressif du processus électoral par le Gouvernement congolais et le début d’affichage des listes électorales provisoires.

Néanmoins, ils manifestent leur inquiétude quant à l’existence d’environ six (6) millions d’électeurs enregistrés dans le fichier électoral sans empreintes digitales, ledit enregistrement étant biométrique ; la détermination de la CENI à utiliser la machine à voter malgré l’absence de consensus des parties prenantes; la tension croissante du climat socio-politique: faible mise en œuvre des mesures de décrispation de l’espace politique (cas emblématiques : prisonniers et exilés politiques); l’exclusion du processus électoral des quelques acteurs majeurs de l’opposition; les interdictions, les dispersions, les répressions des marches et manifestations publiques organisées par les partis et regroupements politiques de l’opposition et les mouvements citoyens ; la persistance de l’insécurité, notamment à l’Est de la République Démocratique du Congo ; le retard d’inviter les missions internationales d’observation électorale. Pour gagner en transparence et en crédibilité, l’élection requiert le regard de tous ; l’éventualité de rejeter des élections biaisées par beaucoup de Congolais et par la communauté internationale, etc.

La SADC doit accompagner le peuple congolais

Au regard de tout ce qui a été dit, la CENCO recommande à la SADC d’accompagner le peuple congolais et le processus électoral particulièrement sur les points suivants : que le Président de la Zambie et Chairman de la Troïka de la SADC sur la Politique, la Sécurité et la Défense, puisse peser de tout son poids pour convaincre le Gouvernement congolais à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique selon l’Accord de la Saint-Sylvestre et pour la tenue d’élections inclusives et apaisées; impliquer les parties prenantes à trouver le consensus sur la machine à voter/ou à recourir aux bulletins papiers, le cas échéant, comme c’est prévu dans les lignes 38, 39 et 40 du calendrier électoral; appeler la CENI à la clarification des cas des personnes enregistrées dans le fichier électoral sans empreintes digitales ; appuyer l’accréditation des Observateurs électoraux tant nationaux qu’internationaux : du 08 novembre 2018 au 10 décembre 2018 (ligne 42 du calendrier électoral); appeler la CENI à faire connaître à la MONUSCO et aux partenaires de la République Démocratique du Congo les besoins logistiques pour contribuer au déploiement des kits électoraux sur terrain; appeler toutes les parties prenantes à la tenue effective d’élections crédibles, transparentes, inclusives et apaisées, le 23 décembre 2018.

Le Satisfecit de la SADC

Les Evêques terminent leur déclaration en prophétisant que faute d’élections crédibles, inclusives et apaisées, la République Démocratique du Congo risque de basculer dans la violence voire le chaos susceptible d’embraser toute la sous-région des grands-Lacs. Soulignons que pendant que la CENCO était en Zambie, la SADC avait, du 5 au 7 septembre 2018, dépêché une mission du Forum des commissions électorales de la SADC (ECF-SADC). Cette mission avait pour objet la pré-évaluation du processus en vue de déterminer la nature et l’étendue de l’appui du forum aux élections de ce pays membre. Et les conclusions de cette mission ont été publiées.

En effet, la SADC se déclare satisfaite de l’exécution du calendrier électoral qui rassure quant à la tenue effective des trois scrutins prévus (présidentiel, législatif national et provincial) dans le temps imparti. Elle recommande à la CENI de maintenir le même élan et le même engagement dans l’exécution des activités du calendrier qui restent à décliner.

S’agissant de l’usage de la machine à voter, la mission  conduite par la Présidente de l’ECF-SADC, Mme Advocate Notemba Tjipueja, présidente de la Commission électorale de la Namibie qui a expérimenté ladite machine et reçu de plus amples explications à son sujet, constate que cette machine vient résoudre des problèmes réels auxquels le pays était confronté du point de vue de l’organisation logistique de ses élections, notamment l’impératif de réduction tant des délais que de leur coût. Elle salue cette innovation congolaise et félicite la CENI tout l’encourageant à expliquer et sensibiliser davantage la population et les acteurs politiques, afin de lever tout malentendu à ce sujet.

Preuve que la SADC ne peut aller en guerre contre la SADC. Elle va rester cohérente et la CENI a désormais le feu vert pour poursuivre l’exécution sans désemparer du calendrier électoral. Toutes choses restant égales par ailleurs, il n’y a pas lieu de faire le prophète de malheur en projetant des conflits armés. Dans la mesure où, le processus est participatif et ceux qui ont été déclarés non partants pour la présidentielle, c’est en application de la loi du pays.

Au-delà de tout ce qui vient d’être dit, les Congolais ne veulent plus d’énième dialogue. Ils ne sont pas prêts à accepter d’autres conciliabules, maintenant qu’il ne reste que quelques mois pour aller aux élections. Que ceux qui ne sont pas qualifiés apportent leur soutien à leurs collègues de l’opposition, en vue de maximiser les chances. C’est le sens même de l’appel à la candidature commune de l’opposition.

La Rd Congo ayant levé l’option de financer seule ses élections, l’appui logistique de la communauté internationale n’est plus la bienvenue au processus électoral 2018. Ne pouvant pas vivre dans un vase clos, la Rd Congo reste ouverte à tout autre appui des partenaires au développement, qui sera canalisé dans des secteurs-clés. C’est le cas de l’appui contre la maladie à virus Ebola où les bailleurs de fonds se mobilisent et la Rdc ne s’en plaint pas. Ce que la Rdc ne veut pas, c’est l’interférence dans une matière de souveraineté par excellence comme les élections.

JMNK

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