En dépit de l’acharnement de ses anciens propriétaires: La BIAC en voie d’être reprise par une banque chinoise

par -
0 599
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Le weekend dernier, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, a présidé la 11ème réunion ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM), soit la  44ème réunion depuis qu’il est à la tête de l’Institut d’émission. Outre la dernière évolution de la situation économique interne et internationale, le n°1 de cette Institution a donné la situation précise de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC), qui sera reprise d’ici-là par une banque chinoise.

A ce sujet, le Gouverneur s’est étonné de constater que c’est l’actionnaire défaillant qui a amené l’affaire devant le Tribunal de commerce de Kinshasa, alors qu’il a été incapable de gérer la banque. « On ne sait pas ce qui motive sa démarche. Ce qui est malheureux, le Tribunal de commerce semble l’appuyer. C’est plus de 300.000 congolais qui ont perdu leur épargne. Les banques sont régies par la règlementation dans le motif de préserver la stabilité financière et l’épargne. Il n’y a que la BCC qui est habilité à surveiller l’activité des banques, octroyer l’agrément et à retirer l’agrément », précise-t-il, avant de souligner que nous avons tenté toutes les solutions.

Et de renchérir que  M. Blatner avait bénéficié de notre aide, dans le cadre du plan de redressement depuis 2012, avec des axes comme la recapitalisation de la banque, la réduction des charges, le recouvrement de crédits. « Il a tellement excellé dans le comportement à risque qu’il a donné des crédits de complaisance même à lui-même et se retrouve avec les crédits non remboursés qu’il ne sait pas approvisionner, redimensionner la banque.

Et le Gouv’ s’est demandé ce que cherche réellement cet actionnaire, avant de répondre que peut-être, l’intérêt personnel. Toutefois, il a été astreint à rester  à Kinshasa avec restriction de ses mouvements. Voilà pourquoi il attire l’attention de ce Tribunal qu’il faut protéger l’intérêt général de la population. Car si demain par erreur on donnait un jugement en sa faveur, c’est le pays qui sera malmené à travers la saisie des biens de la République.

Sinon, si la banque continue à fonctionner, c’est parce que nous avons instauré une bonne gestion. Car, lorsqu’on nomme un administrateur provisoire, c’est parce qu’on a épuisé toutes les voies pour résorber la crise. Il a pour mission d’améliorer la gestion, de préparer un nouveau plan de redressement, la solution de sauvetage. « Nous cheminons sur la voie du sauvetage par la reprise de la BIAC par la Banque chinoise », dit-il, avant de fustiger l’attitude de l’actionnaire qui cherche à décourager le repreneur.

Pour lui, le passif est tellement important que même si demain la banque chinoise reprenait la banque, M. Blatner doit combler le passif net restant. D’autant que la banque sera reprise avec un large gap entre le passif et l’actif. Il devra payer cela. Il y a des débiteurs de la banque qui l’appuient. Tout le monde doit rembourser l’argent des épargnants. Généralement dans le secteur bancaire, le capital social (5%) est de loin inférieur au bilan, contrairement aux entreprises. C’est pourquoi on demande aux banques de respecter les exigences prudentielles : renforcer des fonds et le maintient d’une liquidité disponible. Dissoudre la banque, c’est disponibiliser les moyens pour désintéresser les créanciers. Est-ce que cet actionnaire a de l’argent pour rembourser les épargnants ?

Les opérateurs économiques doivent respecter l’accord avec le Gouvernement

Il sied de souligner que le Gouvernement de la République, à travers la BCC a alloué des devises aux entreprises du secteur alimentaire et les pétroliers distributeurs. Le Gouverneur a précisé qu’on avait une évaluation de stock qui était insuffisante par rapport aux besoins du pays. Au jour d’aujourd’hui, les produits sont entrain d’être livrés, mais les résultats des enquêtes démontrent que le prix n’avait pas baissé, pour certains, le prix a même légèrement augmenté. « Nous avons tenu une réunion avec les membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à la Présidence et nous les avons encore sensibilisés, parce que les devises étaient inférieures par rapport au prix du marché et toutes les importations bénéficient de la suspension de la TVA. Donc, ils devaient vendre avec une baisse d’au moins 20% ».  Et d’ajouter que nous avons convenu que le prix doit connaitre une baisse de 18% jusqu’à la fin de ce programme d’approvisionnement des produits de première nécessité. On devra aller jusqu’au mois de février.  Nous avons attiré l’attention des opérateurs économiques, que par respect à la population, que chacun respecte les prix. Le Gouvernement s’est délesté d’une bonne partie de ses recettes pour que les prix baissent. Nous avons ajouté que ceux qui n’auront pas respecté les recommandations, seront sanctionnés et la BCC entend allouer encore une enveloppe avant la fin de l’année et les mauvais élèves seront écartés. Nous espérons que tout le monde sera bon élève. Faite attention aux spéculateurs qui appliquent des prix spéculatifs, prévient le Gouverneur.

Investir dans l’agriculture

A la question de savoir, que faire pour parer au ralentissement de la croissance économique, Deogratias Mutombo estime qu’il faut que les fondamentaux de l’économie soient rétablis pour que l’économie puisse reprendre son cycle aussière. Selon lui, le pays continue à assister à un cycle baissier, ce qui conduit à la baisse du taux de croissance de notre économie. Quand au secteur agricole qui emploie entre 60 et 70% de la population, il ne contribue qu’à peine 10 et 11%. Là où il y a plus d’actifs, il y a une contribution marginale. Quand vous prenez le secteur tertiaire qui emploie moins, sa contribution est de 60%. Pour lutter contre la pauvreté, il faut chercher à tirer profit du dividende du secteur agricole. Et la situation actuelle montre comment la pauvreté est importante, parce que le plus grand nombre contribue d’une façon très marginale.

Pour lutter contre la pauvreté, il faut améliorer dans le secteur qui produit plus. « Nous pensons qu’il est important d‘avoir un programme économique accès sur la relance de la production intérieure. Pour mettre en œuvre ce programme, il faut les moyens et les moyens peuvent être trouvés. On a des moyens sur le plan interne (la fiscalité), sans compter le marché extérieur avec des banques régionales, sous-régionales, de développement », dit-il, avant d’ajouter que notre système bancaire a un excédent de trésorerie de 1 milliard. Dans nos précédentes interventions, on a eu à évoquer un cadre stratégie pour l’autosuffisance alimentaire. Aujourd’hui  on continue à vivre la dépréciation monétaire sur le plan des changes et de l’inflation, la baisse des réserves internationales, parce que nous devons intervenir sur le marché. Ce sont des instruments de la politique conjoncturelle. Le problème est structurel, il faut des solutions structurelles à trouver dans une stratégie qui donne des actions précises ciblées par secteurs, pour nous délester de cette faiblesse structurelle qui dure depuis des années…

(Jean-Marie Nkambua)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse