En cette période de crise politique: Des journalistes invités à l’impartialité, à l’humilité et à la responsabilité

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Grâce à la Monusco et à ses partenaires, les journalistes de la ville province de Kinshasa ont renforcé leurs capacités quant à leur propre sécurité, mais aussi par rapport au traitement de l’information en période de crise politique. La crise politique, comme l’a dit le professeur Georges Jérémie Wawa, est une cassure par rapport à l’équilibre antérieur. Ainsi, la parole a été accordée à plusieurs experts qui ont partagé leurs expériences avec les journalistes. C’était le vendredi 02 mars dernier, dans l’enceinte de la Monusco (Utex). Parmi les interventions, certaines nous ont semblé très intéressantes. Il s’agit par exemple de celle de Me Charles Mugagga Mushizi, qui a exposé sur « Les infractions de délits de presse et les fautes à éviter dans la couverture de l’information électorale ». Il a tout simplement donné les aspects pénaux liés à la liberté de presse en Rdc.  C’est ainsi qu’il a parlé des infractions courantes comme la diffamation ou les imputations dommageables, les faux bruits, la provocation à la désobéissance civile, la désobéissance calomnieuse, la discrimination et le racisme, l’incitation à l’homicide et menace d’attentat, les outrages contre les institutions et signes publiques, la contrefaçon et le plagiat, sans oublier la diffusion de cinémas « enfants non admis ».

Par la suite, Me Mugagga a attiré l’attention des journalistes sur les fautes spécifiques à la couverture électorale. C’est le cas du non respect du principe d’égalité des candidats, la divulgation des renseignements individuels en matière électorale, l’interdiction de faire campagne en dehors de la période électorale, la recherche et la communication sur le vote d’autrui. L’exposé du Colonel Pierrot Mwanamputu sur la « Problématique de la sécurisation du journaliste dans le contexte congolais – le rôle de l’autorité politico-administrative et de la PNC lors des manifestations », a suscité beaucoup de commentaires, au regard de ses affirmations. Il  a par exemple milité pour que les journalistes aient des signes distinctifs lorsqu’ils couvrent des marches pacifiques, au risque d’être considérés comme manifestant par rapport à la marche annulée par l’autorité. Ainsi pour lui, la Police est en droit d’élaborer un procès verbal de saisie lorsqu’il y a un matériel qui a concouru à la commission de l’infraction. Donc pour la Police, la camera ou le micro d’un journaliste qui couvre une marche annulée peut être saisi, parce qu’ayant servi à la commission de l’infraction. « Le journaliste est en droit de couvrir la manifestation publique. Mais dès lors que c’est une manifestation annulée par l’autorité, le journaliste ne doit pas fouler la chaussée. La loi dit que tous ceux qui ont constitué un attroupement hostile, sont des fauteurs de troubles », dit-il. Des affirmations qui ne peuvent jamais passer et qui enfreignent la liberté du journaliste d’informer le public sur ce qui s’est réellement passé.

Par la suite, Mme Leila Brodin  de la section de la réforme du secteur de la sécurité de la Monusco est revenue sur « La bonne gouvernance et le rôle des services de sécurité ». Cette bonne gouvernance sous entend la transparence dans les processus de prise de décision, la redevabilité du gouvernement, des services de sécurité et des forces de défenses envers les personnes, les citoyens et les contribuables; la réceptivité et efficacité du gouvernement et des ‘’fournisseurs’’ de sécurité envers les besoins des populations et l’inclusivité et légitimité des politiques poursuivies. Quant à la lui, le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme s’est appesanti sur son rôle vis-à-vis des journalistes. Ces derniers ont été édifiés et savent désormais qu’ils peuvent recourir au BCNUDH chaque fois qu’ils sont menacés ou sont en difficulté dans l’exercice de leur travail. Pour boucler la boucle, la parole a été accordée au professeur Georges Jérémie Wawa qui, après avoir comparé la situation  au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Burkina Faso, a insisté sur la notion d’utilité sociale des médias et des journalistes. Il s’est par la suite posé des questions, notamment celle de savoir, un journaliste peut-il faire correctement son travail tout en étant adhérent d’un parti politique, d’un mouvement social ? A l’en croire, le journaliste, à l’instar de tout citoyen, est libre de ses engagements. Mais ses attaches peuvent alors le gêner, en particulier s’il doit rendre compte des activités du parti politique, du mouvement citoyen. Il s’est aussi demandé si faut-il parler de tout ? Il a répondu par l’affirmative, mais en démontrant que le droit de se taire doit s’exercer exceptionnellement après une décision collective de la rédaction.

C’est M. Charles Antoine Bambara, Directeur de la Division de la Communication de la Monusco qui est venu clôturer cet atelier. « Vous avez écouté plusieurs orateurs et je suis convaincu que ceci relèvera votre niveau pour mieux éclairer les lecteurs.  Nous allons initier une sorte de partenariat au cours de cette année pour vous outiller », indique-t-il, avant d’insister sur le fait qu’au niveau des Nations Unies, la sécurité est capitale. Et la démocratie et la liberté d’information vont souvent de paire. Le souci pour nous est d’avoir un journaliste honnête et qui confronte ses sources avec d’autres, explique-t-il, avant d’annoncer que le prochain atelier aura lieu au mois de mai, sans oublier les provinces.

(JMNK)

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