En 2018: La BCC entend renforcer les mesures de dedollarisation de l’économie

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La Banque Centrale du Congo (BCC)  a publié il y a peu le Rapport sur la politique monétaire en 2017, année au cours de laquelle la politique monétaire a été conduite dans un environnement marqué par la poursuite des pressions enregistrées en 2016 et ce, en dépit de la reprise de l’économie mondiale. En effet, la croissance mondiale s’est établie à 3,7 % contre 3,2 % une année auparavant.

En outre, les conditions financières sont globalement demeurées favorables, suite à la détente monétaire opérée par les principales banques centrales du monde. Ainsi, les marchés obligataires ont été marqués par une augmentation des rendements à court terme et les cours des actions se sont globalement inscrits en hausse. Dans la foulée, les prix mondiaux des produits miniers ont poursuivi leur envolée, tandis que ceux des produits végétaux ont renseigné des évolutions mitigées.

Sur le plan intérieur, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, Directeur Général en charge de la Politique Monétaire et des Opérations Bancaires, qui donne une vue d’ensemble, explique que les estimations de la croissance, faites sur base des réalisations de la production à fin septembre 2017, ont révélé une accélération de la croissance. En effet, la progression du PIB réel ressortirait à 3,5 % à fin décembre 2017 contre une réalisation de 2,4 % en 2016. Ce niveau de croissance économique reste supérieur à la moyenne de l’Afrique Subsaharienne estimée à 2,7 %.

« L’amélioration de l’activité économique est essentiellement imputable à une hausse de la demande internationale de principaux produits miniers exportés par la RDC, à la faveur de la bonne tenue de leurs cours sur le marché, laquelle a également boosté les investissements privés. Concernant les finances publiques, l’exécution des opérations financières de l’Etat s’est clôturée par un excédent de 49,4 milliards de CDF alors qu’un déficit de 503,9 milliards de CDF a été enregistré en 2016 », explique-t-il, avant d’ajouter que cette situation a résulté de l’effort de mobilisation des recettes lors de l’échéance fiscale du mois de juillet suivi des politiques conjoncturelles concertées, mises en œuvre par le Gouvernement et la Banque Centrale du Congo, tout au long du second semestre 2017. Toutefois, cette situation ne devrait pas occulter les déficits infra mensuels réalisés au cours des sept premiers mois et qui ont contribué à perturber le cadre macroéconomique au cours de la période.

Sur le plan extérieur, renseigne Jean-Louis Kayembe, la balance des paiements, estimée sur base des données à fin septembre 2017, a enregistré un déficit de 31,5 millions de USD, soit 0,1 % du PIB contre celui de 501,4 millions soit 1,4 % du PIB en 2016. Cette situation a induit une consommation des avoirs extérieurs nets de la République. Eu égard à ce qui précède, les actions de politique monétaire ont été orientées dans le sens de son durcissement au regard des pressions  observées sur le marché de change, induites par les anticipations liées aux incertitudes intérieures et aux effets décalés du déficit de la balance des paiements réalisé en 2016.

En effet, l’Institut d’Emission a relevé, à deux reprises, son taux directeur, le faisant passer de 7 % à 14 % puis à 20 %. Ces modifications sont intervenues dans un contexte d’accélération de l’inflation induite notamment par la dépréciation de la monnaie nationale. Pour leur part, les coefficients de la réserve obligatoire ont été maintenus inchangés dans la mesure où ils opéraient déjà une forte ponction de la liquidité dans le système bancaire.

Toutefois, bien que ces coefficients de la réserve obligatoire n’aient subi aucune modification par rapport à 2016, leurs niveaux ont permis de ponctionner 27,0 milliards de CDF. Quant au bon BCC, son encours s’est établi à 35,0 milliards de CDF à fin 2017, suite à une ponction de 26,5 milliards.

Le taux de change s’est déprécié de 23,6% en 2017

Nonobstant ce qui précède, le taux d’inflation est passé de 23,6 % en 2016 à 54,7 % en 2017, contre un objectif à moyen terme de 7,0 %. Les pressions sur les prix intérieurs ont notamment été alimentées par les révisions à la hausse des prix du carburant à la pompe, le renchérissement de quelques produits céréaliers importés et la dépréciation de la monnaie nationale. Le taux de change a enregistré une dépréciation de 23,6 % sur le marché interbancaire contre celle 23,8 % à fin 2016.

Pour l’année 2018, prenant en compte le bon comportement attendu des cours des produits de base exportés par la RDC, particulièrement ceux du cuivre et du cobalt, et partant, de l’activité économique, la Banque Centrale maintient son objectif d’inflation à moyen terme de 7,0 %. Elle s’attend à une stabilité du taux de change et en conséquence envisage de procéder à des assouplissements des conditions monétaires via la baisse de son taux directeur autour de 10 %.

Son dispositif de fourniture de liquidité à l’économie sera amélioré via le refinancement accordé par voie d’adjudication et par maturités longues. Les coefficients de la réserve obligatoire devraient globalement rester à leurs niveaux actuels, néanmoins, les mesures de dedollarisation de l’économie seront renforcées notamment au moyen de l’intégration des mesures prudentielles. Quant au bon de la Banque Centrale du Congo, il sera utilisé pour le réglage fin de la liquidité, à la faveur de l’émission attendue par l’Etat du bon du Trésor. Ainsi, aucun financement monétaire ne pourrait être possible.

(JMNK)

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