Émouvants hommages de l’UNIKIN au professeur Kisaka-kia-Ngoy

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Le corps inerte du professeur Kisaka exposé devant la Faculté de Droit de l’Unikin
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Mort à l’âge de 80 ans, le professeur Kisaka-kia-Ngoy a eu droit à d’émouvants hommages hier à l’Université de Kinshasa, où il a commencé une brillante carrière académique en 1972. C’est avec profonde gratitude et sincère reconnaissance que l’UNIKIN a salué le travail qu’il a abattu en donnant le meilleur de lui-même. Enseignant du Droit de la Procédure pénale et du Droit pénal des Affaires pendant plusieurs années à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa et à l’Université Protestante au Congo, le professeur-magistrat Kisaka avait la maîtrise de sa discipline, c’était le silence autour de lui, avec un peu de mystère. A l’occasion de cette morte, l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (Apukin) a salué la réflexion en gestation des professeurs de la Faculté de Droit, de créer une caisse de solidarité, qui interviendrait financièrement (en cas de décès, de maladie grave, d’évacuation sanitaire à l’étranger ou d’hospitalisation. Le professeur Kisaka aura donc œuvré brillamment pour une société qui n’aura certainement pas été à la hauteur de sa grandeur et vis-à-vis de laquelle il n’avait pas cessé d’être en avance dans le temps.

C’est hier mercredi qu’est intervenue la levée du corps du professeur Kisaka-kia-Ngoy, mort le 27 juin 2017 à Kinshasa. Le programme ayant changé, le cortège funèbre s’est dirigé vers l’Université de Kinshasa, où une messe d’action de grâce a été organisée à la paroisse universitaire Notre Dame de la Sagesse, avant les hommages dignes de son nom à l’UNIKIN, son Alma Mater qu’il aura servie durant toute sa vie. Nombreux sont les amis, frères et connaissances qui sont venus consoler l’honorable Pius Muabilu Mbayu Mukala, ainsi que toute la famille Kisaka. L’on a noté aussi la présence remarquée de Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et Médias et ami de longue date au député élu du Mont Amba. Et ce, sans oublier la grande communauté Songye de Kinshasa.

A l’Université de Kinshasa, même si la route était trop longue, jalonnée d’embouteillages et autres nids de poules, tout a été fait pour permettre aux professeurs de cette Université, de se recueillir devant la dépouille mortelle de leur regretté collègue. Que des oraisons funèbres et autres témoignages de ceux qui l’ont connu comme étudiants, assistants et professeurs.

« Il a consacré sa vie à servir les autres par l’enseignement »

La première oraison funèbre a été celle de la Doyenne de la Faculté de Droit de l’UNIKIN, Marie-Thérèse Kenge Ngomba. Selon elle, l’Université de Kinshasa est encore interpellée par la fatalité de la mort et amenée à réfléchir sur le sens de la présence et de l’existence. « Notre vie sur la terre est un passage et notre intérêt est de pouvoir le marquer, afin que les générations futures, en voyant nos œuvres se souviennent et honorent notre mémoire », dit-elle, avant d’ajouter que cette vérité est d’autant plus poignante pour l’homme de science, l’enseignant, le professeur d’Université.

Elle a, par la suite, donné lecture de la biographie de l’illustre disparu.  Le défunt, en effet, a vu le jour le 17 décembre 1936 à Kibandila, dans l’ex Kasaï. Ses études primaires et secondaires, son passage à l’Ecole Nationale d’Administration dans la capitale (1968), ses études à l’Université de Bordeaux-Pessac où il va décrocher successivement un doctorat en droit/spécialité science pénitentiaire sur la peine privative de liberté en Rd Congo (1971) et un diplôme d’études de sciences criminelles (1972). C’est au cours de la même année qu’il embrassera la carrière académique où il parcourt les échelons : professeur associé, professeur ordinaire.

« Vos qualités humaines d’un homme ordonné et méthodique, un exemple de droiture et de rigueur, une référence de discrétion et de calme, votre détermination au travail, votre sens profond de l’oubli de soi et votre expérience sont autant de valeurs qui vous ont permis d’affronter les épreuves de la vie. Notamment, cette longue période de maladie que vous avez assumez avec dignité », a indiqué la Doyenne, qui a terminé en disant : « dans tout votre parcours académique ainsi que dans votre engagement professionnel, vous avez donné le meilleur de vous-mêmes, en faveur de la promotion de l’homme.

Kisaka et le défi de la lutte contre les antivaleurs

Le professeur Luzolo Bambi Lessa, chef du Département de Droit pénal et Criminologie, celui-là même qui a connu le professeur Kisaka comme étudiant, assistant avant de devenir son collègue, estime qu’il aura offert le savoir dans les conditions que nous connaissons tous, sans le moindre atermoiement ni la moindre compromission ; rendu justice, jusqu’à la retraite, sans s’encombrer des antivaleurs qui ont fait chavirer de nombreuses âmes autrefois réputées intègres. « Comment trouver les mots, sans prendre le risque d’en altérer le sens, pour parler de ce vaillant combattant pour les valeurs dont nombreux d’entre nous ne parviennent pas à supporter les exigences et les contraintes ? », s’interroge le professeur Luzolo. Et de renchérir : « si ces mots me manquent, c’est qu’ils rappellent combien l’homme a été vaillant, répondant sans hésitation à l’appel de la raison, lançant ainsi un défi que nous sommes tous appelés à relever. Ce défi est celui de la lutte contre les antivaleurs ainsi que leur impunité. Il nous appartient à nous tous d’examiner sans demi-mesure la responsabilité qui est la nôtre dans la lutte pour laquelle il convient de ne pas faire de quartier.

« Le moment est venu de nous interroger, une fois encore, sur le sens de ce rituel lorsqu’un collègue meurt dans des circonstances difficiles. Car très souvent, nos familles peinent à nous offrir des obsèques dignes », a relevé le professeur Kitombole Tshovu, président de l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa. Saisissant la balle au bond, il a salué a salué la réflexion en gestation des professeurs de la Faculté de Droit, de créer une Caisse de solidarité. Celle-ci interviendrait financièrement (en cas de décès, de maladie grave, d’évacuation sanitaire à l’étranger, ou hospitalisation). « Nous encourageons l’initiative et  pensons que cette idée noble devrait être récupérée au niveau de notre Association pour mutualiser les efforts et garder la solidarité au sein du corps académique de l’Université de Kinshasa », a-t-il dit.

Disons que pour aujourd’hui jeudi 06 juillet 2017, le programme des obsèques tel que modifié prévoit : 8H00 : Témoignages de quelques membres de la famille, collègues, amis et connaissances ; 8H30 : Dépôt des gerbes de fleur ; 10H00 : Levée du corps pour la Cour Suprême de Justice et cérémonie solennelle ; 12H00 : Levée du corps de la Cour Suprême de Justice et départ pour la Nécropole entre Terre et Ciel de la N’Sélé; et à 15H30 : Retour et bain de consolation.

(

Jean-Marie Nkambua)

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