Elections du 23 décembre 2018: 599 partis et 77 regroupements politiques alignés

Le chemin vers l’organisation des élections transparentes et apaisées est en train d’être balisé  par les parties prenantes au processus électoral en République démocratique du Congo.  Depuis la publication du calendrier électoral le 05 novembre 2017 par la CENI, les institutions concernées ne lésinent pas en moyens afin de réaliser leur part du contrat. Et ce, pour ne pas être responsable de la non-tenue des élections dans le délai imparti. C’est dans cet objectif que la liste des partis  et regroupements politiques autorisés à fonctionner en République démocratique du Congo a  été  publiée dans le  Journal Officiel du 30 Avril 2018. Le Directeur général du journal officiel,  Wale Lufungula en a remis le vendredi 11 mai, une copie au Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Henri Mova Sakanyi. A peine publiée, la liste a suscité pas mal de commentaires chez les Congolais qui veulent savoir si c’est la même que celle mise à la disposition de la CENI par le Gouvernement de la République ? Une simple comparaison renseigne que cette liste n’a rien à avoir avec celle détenue par la CENI. Ce qui s’explique par plusieurs raisons et autant de leçons à tirer:

Première leçon : Encore du pain sur la planche de la Ceni

La première leçon, c’est le fait de constater qu’en Rdc, on reconnait désormais quatre UDPS (Tharcisse Loseke, Tshisekedi, Kibassa et Mubake/Rénové), mais deux d’entre eux, notamment l’UDPS Tharcisse Loseke et Tshisekedi sont logés à la même adresse, soit sur Petit Boulevard, Q/Résidentiel, commune de Limete. En plus, les deux ont un seul numéro (n°91-049 du 17/01/1981). Le fait que la Rdc reconnaisse deux partis logés à la même adresse, n’est rien d’autre qu’une confusion inutilement entretenue, tant et si bien que le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA), n’a reconnu que l’UDPS/Tshisekedi et celle de Kibassa, et  a clairement demandé à Tharcisse Loseke de créer un autre parti politique.

Si déjà au niveau de l’adresse et du numéro,  on entretient la confusion, nous pouvons être sûrs que la question de symboles ou logos sèmera davantage le trouble. Pourtant, l’article 19 de la loi électorale est claire là-dessus: « Un parti politique ou un regroupement politique ne peut utiliser un symbole ou un logo déjà choisi par un autre parti politique ou regroupement politique. En cas de contestation, la Commission électorale nationale indépendante statue, en accordant le droit d’usage du symbole ou du logo au parti politique ou regroupement politique en référence à la liste lui transmise par le ministère ayant les affaires intérieures dans ses attributions ou à toute décision judiciaire irrévocable. Une liste des candidats dont le symbole ou le logo a été refusé dispose d’un délai de cinq jours pour soumettre à la Commission électorale nationale indépendante de nouvelles propositions ».

A l’allure où vont les choses, il est clair que la CENI, qui va convoquer l’électorat le 23 juin 2018, aura fort à faire. Mieux, elle doit se préparer à arbitrer, surtout pour les partis politiques qui se présenteront avec les mêmes logos, … Et pourtant, il revenait au ministère de l’Intérieur de trancher cette question, avant la publication de la liste dans le Journal officiel.

Deuxième leçon : la machine de Katumbi étonnamment oubliée

Une autre leçon qu’il faut tirer, c’est la méconnaissance de « Ensemble pour le changement », plate-forme créée par l’ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi et qui porte sa candidature, sa vision et son programme. Cet oubli est manifestement indigeste, même si, dans le même temps, trois autres plateformes de soutien à sa candidature, ont été retenues pour participer aux prochaines élections, à savoir: l’Alliance des Mouvements Kongo (AMK), dirigée par Claudel-André Lubaya, l’Alternance pour la République (AR), dirigée par Delly Sesanga, et le G7, qui, du reste, a été littéralement atrophié. Déjà amputé de l’ACO de Dany Banza, le G7 a vu le MSR de Lumbi disparaitre de la liste du Journal officiel.

Dans le même élan confusionniste, il convient de relever que le « Centre », plate-forme propre à Germain Kambinga et le pasteur Ngoy Mulunda, n’est pas reconnu. Y-a-t-il pour tous ces oubliés possibilité d’introduire un recours, et auprès de qui ? Pour sa part, le Regroupement Politique, dénommé « Groupe des Partis Indépendants », en sigle  » GPI » et qui figurait bel et bien sur la liste actualisée des Regroupements politiques reconnus en Rdc  et déposée par le Ministère de l’Intérieur auprès de la CENI le 26 mars dernier a été reconnu. Notons également que l’ARC d’Olivier Kamitatu coexiste avec l’ARC originelle d’Elysée Munembwe. Pour quelles fins ? Pire encore, la fameuse liste qui reconnait l’existence du regroupement politique « Zaïre », né de la fusion entre le MPR et l’UDEMO, parti ayant soutenu la candidature de Nzanga Mobutu aux élections de 2006 et 2011, a eu la maladresse de mentionner, contre toute attente, un autre MPR qui n’est pas du regroupement Zaïre. Décidément, la CENI aura du pain sur la planche si jamais les choses restaient en l’état.

(JMNK)

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