Elections des gouverneurs dans certaines provinces : Les assemblées provinciales à l’épreuve

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Dans quelques jours, les députés provinciaux de quelques provinces vont aller aux urnes pour choisir leurs gouverneurs et vice-gouverneurs. Un exercice hautement politique quand on sait dans notre pays comment la majorité et l’opposition se battent pour diriger ces entités. Même si ces gouverneurs sont élus pour une petite période, le temps que la Ceni organise des élections générales, l’enjeu n’en demeure pas moins politique.

Les candidats validés par la centrale électorale ont démarré ce mardi leur campagne auprès des députés leur promettant monts et merveilles. Dans un contexte de crise généralisée, les députés provinciaux pensent que l’heureux élu pourra résoudra tous leurs problèmes. Souvent quand ces promesses ne sont pas tenues, des graves conflits surgissent et les institutions sont ballotées. Voici quelques défis auxquels les nouveaux maitres de lieux doivent penser avant de s’engager : 

Arriérés des émoluments

La situation est grave dans beaucoup de provinces, si pas toutes. Les députés de la plupart des provinces, surtout les nouvellement démembrées sont en pleine crise financière. L’exécutif n’a pas reçu la rétrocession depuis longtemps. Il ne sait pas verser les émoluments de députés malgré sa bonne foi. D’autres reçoivent une enveloppe si faible qu’ils ne savent quoi en faire face aux exigences toujours élevées des élus provinciaux. Ceci est à la base de plusieurs tensions réelles ou latentes dans plusieurs coins du pays.

Le pauvre gouverneur est accusé de tous les maux réels ou imaginaires à partir du moment où son assiette ne nourrit pas l’ensemble des députés qui dépensent du trésor public à temps plein. Les nouveaux gouverneurs doivent dès à présent savoir qu’ils n’auront qu’un petit temps de répit avant d’être secoués par ceux-là qui sont en train de les encenser aujourd’hui. La crise divise. Tout celui qui pense gagner de l’argent en gérant une province présentement doit revoir ses calculs dans la mesure où les charges qui augmentent régulièrement ne trouvent toujours pas les moyens dans les caisses de la province. 

Misère sociale

L’autre défi et pas le moindre qui attend les nouveaux exécutifs provinciaux c’est la pauvreté de la population. La misère sociale a atteint un seuil jamais imaginable il y a quelques années. La population qui voit un nouveau gouverneur débarquer s’attend à un changement : accéder à l’eau et au courant électrique ainsi qu’au reste des services de base. La nourriture fait défaut dans plusieurs territoires.

Les routes de desserte agricole n’existent plus. Le pouvoir d’achat s’effrite chaque matin à cause de la montée du roi dollar. L’augmentation de la population ne correspond pas à l’augmentation des moyens de survie. Les épidémies ainsi que les éboulements sont autant des difficultés qui demandent des moyens que la province doit mobiliser. Un peuple affamé n’a pas besoin de slogans.

Menace sécuritaire

Autrefois havre, la RDC connait à ce jour plusieurs poches d’insécurité. Seules quelques provinces sont épargnées. Outre les défis de développement et de budget, les gouverneurs actuels ou à venir doivent être en mesure de faire face à l’insécurité dans leurs entités. Les groupes armés nationaux ou étrangers pullulent partout et influent négativement sur la productivité de la population qui ne sait plus aller aux champs ou dans les mines.

Même dans les centres urbains le banditisme a pris de grandes dimensions au point de déstabiliser parfois les institutions. Quand on sait que la sécurité exige des moyens conséquents, il y a lieu de s’inquiéter pour la plupart de provinces qui n’ont pas les moyens de leur politique. Avant de s’engager les gouverneurs doivent évaluer les défis qui les attendent ainsi que leurs capacités à manager ces entités complètement démunies à ce jour. L’une des missions principales d’une autorité c’est de sécuriser la population et ses biens. Et cette mission régalienne n’est nullement négociable.

Contraintes politiques

Le poste de gouverneur de province est extrêmement politique. Chaque candidat, même s’il se présente en indépendant a une force politique qui le soutient et l’appuie. Mais comme chaque médaille, le parti politique a son côté pile. Face cachée. Exigences parfois contraires aux aspirations de la population.

En acceptant d’être parrainé par la majorité ou l’opposition, le gouverneur doit aussi réaliser qu’il est soumis à cette force et ne peut se dérober sous quelque prétexte à la charte qui régit sa plateforme. Au nom de ces mêmes réalités politiques, il peut être amené à céder ce fauteuil à un autre. Ce sont là des choses qui arrivent.

C’est maintenant que le gouverneur doit savoir tout cela. Et choisir s’il acceptera ou non le diktat de son autorité morale. La RDC est un pays où la politique d’ôte-toi est d’actualité. Les ennemis viendront de l’intérieur ou extérieur. C’est au gouverneur de savoir faire face.

Tout compte fait, un homme qui a fait le tour de la question et qui sait les défis qui l’attendent, ne sera pas surpris quand les difficultés vont se dérouler l’une après l’autre. Il les acceptera sportivement et saura y faire face. Un homme avertit…

(Simon Kabamba)

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