Election présidentielle du 23 décembre 2018: Candidature commune de l’opposition : c’est possible

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Chaque matin rapproche les Congolais de la date fatidique du 23 décembre 2018. Les électeurs auront l’occasion une fois de plus d’exercer leur pouvoir constitutionnel. A travers une décision secrète et personnelle, chaque congolais majeur et enrôlé va se choisir son député national, son député provincial ainsi que son président de la République pour les cinq prochaines années.

Si hier, beaucoup de partis politiques et regroupements rêvaient d’un énième report, aujourd’hui les préparatifs de la CENI démontrent effectivement que Nangaa et ses troupes conduiront les Congolais aux urnes. Même les Ong internationales, incrédules hier commencent à se rendre compte qu’il est du domaine du possible, l’organisation des élections de décembre. Si la Majorité se prépare à gagner ces élections à tous les niveaux, l’opposition maintient les mêmes prétentions. C’est de la bonne guerre entre acteurs politiques désireux de diriger le Congo de demain.

Sachant que les élections sont un moment imprévisible et que tout peut arriver, chaque camp se prépare avec les moyens à sa disposition. La Majorité présidentielle que pilote le speaker de l’Assemblée nationale multiplie les rencontres et séminaires affutant les armes pour la conservation du pouvoir. L’Opposition qui a déjà perdu en 2006 et 2011 travaille sur l’alternance, convaincue que le peuple lui accordera son suffrage après avoir évalué le bilan de la majorité.

Une opposition toujours divisée

« Les hommes passent mais leurs esprits demeurent », dit-on. Depuis les années de l’indépendance, les politiques congolais ont en commun un même vice : l’égoïsme. Ils ne pensent qu’à leur propre intérêt en disant à longueur de journées qu’ils travaillent pour le peuple souverain. C’est ainsi qu’à chaque carrefour de l’histoire, chaque grand rendez-vous, l’opposition qui devait faire front commun contre le pouvoir en place s’est toujours fissurée offrant ainsi à l’adversaire une occasion en or de continuer à régner à la tête des institutions.

De la table ronde de Bruxelles au rendez-vous de Sun city en passant par les rencontres de Gbadolite et autres, les politiques congolais, particulièrement ceux de l’opposition prennent toujours un malin plaisir à se séparer.

Si en 2006 il y a eu 33 candidats à la présidentielle et 11 en 2011, qu’est-ce qui prouve que la donne va changer brusquement pour offrir à l’opposition un seul et unique candidat à la présidentielle ? Si à la Majorité, les divisions sont moins visibles et les ambitions bien gérées, c’est à cause de l’unicité du commandement de cette plate-forme. A l’opposition congolaise, tout le monde est chef, tout le monde connait toutes choses. Il est dès lors difficile d’arriver à un véritable consensus.

Avant juillet 2018, plusieurs candidats de l’opposition se sont déjà déclarés présidentiables. Moïse Katumbi, Tshisekedi Tshilombo Felix, Vital Kamerhé, Adolphe Muzito, … sont déjà connus du grand public comme étant candidats au fauteuil suprême, alors que la Majorité travaille encore sa stratégie afin d’amener tous à faire confiance à un seul candidat. Par quelle stratégie et habiter par quel esprit, un candidat cèdera la place à un autre ? Même quand l’Udps avait boudé les élections de 2006, elle a refusé de donner une consigne de vote au second tour en faveur de Jean-Pierre Bemba, challenger de Joseph Kabila !

Il y a peu, certains esprits pensaient que Moïse Katumbi et Felix Tshisekedi avaient un même plan pour la présidentielle, l’un pouvant appuyer l’autre étant donné qu’il n’y a pas de second tour à la présidentielle congolaise. Que non. Pendant que l’un lançait son mouvement en Afrique du Sud, l’autre préparait son Congrès qui devait lui assurer sa légitimité dans son parti. L’opposition, au regard de la donne actuelle, peut produire beaucoup de beaux discours sur papiers, ainsi que des stratégies pour la victoire finale. Mais tant qu’elle gardera la même conception congolaise du pouvoir, c’est-à-dire un moyen de s’enrichir rapidement, elle se divisera toujours et n’aura pas beaucoup de chance de gagner surtout la présidentielle. Un doux rêve pour ceux qui pensent que le 23 décembre les Congolais iront aux urnes avec deux candidats l’un de l’opposition et l’autre de la Majorité.

Peu importe le niveau de conscientisation, la classe politique habituée à se diviser pour des intérêts matériels présents ou à court terme, ne pourra pas changer dans l’espace de quelques mois, note les observateurs les mieux avertis. Or, en allant déjà divisée, l’opposition diminuera ses chances et va contester comme toujours les résultats de cette élection. C’est maintenant qu’elle doit bien se préparer.

Rien qu’en considérant les plateformes politiques de l’opposition, plusieurs Kinois se demandent en quoi les unes diffèrent des autres dans ce pays ou l’idéologie de gauche ou de droite importe peu dans le choix du parti. Chaque matin, de nouveaux regroupements voient le jour comme si ceux qui existent ne peuvent pas satisfaire le désir des politiques. A près de 8 mois des élections, aucune initiative n’est entreprise pour unifier toutes ces tendances dans le noble but de constituer un front commun. Tous ceux qui avaient pensé aux lendemains de travaux de Genval que l’opposition était désormais une et indivisible se rendent malheureusement compte que chacun est rentré à ses convictions de départ, oubliant même la Charte qui avait justifié ce long voyage en Belgique.

C’est possible, seulement si…

A ce sujet, Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolais (UNC) a une fois de plus réitéré son appel à un candidat unique et commun de l’opposition pour la présidentielle du 23 décembre prochain. Dans une interview accordée à un site internet, l’ancien président de l’Assemblée nationale a néanmoins fait savoir que les opposants doivent d’abord s’organiser.

« J’ai déjà eu quelques discussions avec Moïse Katumbi (…) nous serons tous à égalité, chaque coalition présentera son candidat et nous aurons ensuite un débat entre nous, nous aurons des négociations entre nous », a-t-il expliqué affirmant que la création des plateformes électorales au sein de l’opposition n’empêche en rien la désignation d’un candidat commun.

De son côté, Christophe Lutundula, cadre de la plateforme « Ensemble » et un des fondateurs du Rassemblement, semble aller dans la même direction. Dans une interview le lundi 26 mars à la radio allemande Deutsche Welle, le député congolais affirme que la plateforme qui soutient Moïse Katumbi prend en compte les appels autour de cette candidature commune, tout en insistant sur le fait qu’il faut s’organiser autour de la question.

« Nous prenons, avec beaucoup d’attention, les appels qui sont lancés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Mais il faut dire que pour qu’on arrive à une candidature unique, il faudra au départ que chaque composante de l’opposition s’organise. On ne peut pas aller à une candidature unique sans savoir qui est candidat », dit-t-il.

Au regard de tout ce qui vient d’être dit, une candidature commune est possible, à condition que chacun mette un peu d’eau dans son vin. Car, face à la machine Mp, l’opposition ne gagnera que lorsqu’elle sera soudée.

(Muntu Bualu)

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