Saisine de la Cour constitutionnelle par la Ceni

par -
0 998
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Justin Bitakwira interpelle la classe politique et la société civile

 

La chute du dictateur Maréchal Mobutu le 17 mai 1997 a créé dans la sphère politique de la RDC, un climat de méfiance entre acteurs politiques. De la révolution pardon menée par M’Zée Laurent-Désiré Kabila à la rébellion du RCD du 02 août 1998, à l’assassinat de feu Président M’Zée Laurent-Désiré Kabila en passant par l’agression de la RDC par ses voisins de l’Est, puis les différentes rebellions du CNDP, M23 et autres forces négatives constituent les maux qui affaiblissent le pays de Lumumba. Depuis, l’ordre politique ne répond plus aux aspirations des uns et des autres qui veulent accéder à la Magistrature suprême, peu importe le moyen de la conquête du pouvoir.

Pour décanter la situation, plusieurs rencontres se sont succédé à travers le pays comme à l’extérieur de la RDC, par la mise en place d’un nouvel ordre politique démocratique devant mettre fin à la crise de légitimité, c’est-à-dire un processus électoral. Ce dernier a connu deux cycles tourmentés de 2006 à 2011 d’une part soldé par un affrontement armé dans la ville province Kinshasa le 22-23 mars ; puis la contestation des résultats par l’opposition d’autre part, en ce que l’un de perdants prêta serment chez lui à la maison. Depuis, c’est l’impasse. Et la crise de confiance prend les allures de paralyser les institutions qui fonctionnent normalement.

Cependant, la troisième expérience électorale devient sujet de discussion dans les différents Etats-majors des partis où, le camp de la Majorité présidentielle jure de conserver le pouvoir à tout prix ; tandis que le camp de l’opposition veut accéder au pouvoir par tous les moyens (insurrection, lutte armée et/ou démocratique). Dans cette confusion politique, surgit une dynamique qui a pour vocation de préserver la République, le bien commun de deux fous qui veulent la brûler.

Justin Bitakwira, leader de l’opposition citoyenne est de ceux-là qui ne s’inscrivent pas dans la logique de brûler la case RDC, au motif d’accéder au pouvoir. Dans cette démarche, partant de la requête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de saisir la Cour constitutionnelle pour une extension, les eaux politiques s’agitent une fois de plus. De déclaration en déclaration par-ci par-là, dans le sens de discréditer la CENI, certains acteurs politiques estiment quant à eux, que le Président de la CENI n’a pas qualité de saisir la Haute Cour.

Faux, rétorque Justin Bitakwira. Dans un point de presse qu’il a tenu hier lundi 21 mars 2016 dans le jardin de l’Hôtel Invest, le leader de l’opposition citoyenne a fixé l’opinion sur l’opportunité de la saisine de la Cour constitutionnelle. Après avoir retracé l’historique électoral de la RDC, le député national élu d’Uvira a indiqué qu’à la fin de ce mandat de la deuxième législature et à l’approche d’un nouveau scrutin, trop de contradictions qui mettent le peuple devant un fait accompli et ne sachant à quel saint se vouer. Sinon, il précise devant l’opinion nationale que sa plateforme a cru au dialogue convoqué par le Chef de l’Etat, et au mois de juin 2015, il a été consulté quant à ce et depuis, le dialogue est resté controversé au sein de la classe politique. La MP, dit-il, est resté cohérente tandis qu’au sein de l’opposition, l’on s’agite dans le radicalisme. « Les humains ont tendance à croire que c’est le lion ou l’hippopotame, deux grands mammifères susceptibles de faire tomber le baobab. En réalité, la nature a offert à la termite, le petit insecte la capacité de faire tomber le baobab », a-t-il fait savoir.

Le droit peut donner raison ou tort à tout le monde

Comme le dialogue fait débat et divise l’opposition, un autre débat vient de la CENI, révèle-t-il. Connu pour ses paroles proverbiales, Justin Bitakwira considère la Rdc comme une femme enceinte, qui attend un nouveau-né dans les mois qui suivent et que sa naissance que tout le monde attend devient problématique en ce que le mode de naissance n’est pas connu de tous. Naitra-t-il par césarienne, par avortement ? La grossesse emportera-t-elle la maman et l’enfant ? C’est à juste titre qu’il interroge la Majorité présidentielle, l’opposition, la société civile, les ONG pour savoir quel genre d’enfant elles souhaiteraient voir naître. La même question a été posée à l’UDPS et au Patriarche Etienne Tshisekedi. Ce dernier est comparé au Roi Pelé, à Maradona, à Zinedine Zidane pour avoir servi leurs équipes nationales et tous champions du monde. Mais, tous sont devenus des entraineurs laissant aux jeunes joueurs d’éclore leur talent. « Quelle est cette profession qui ne peut pas aller à la retraite ? », s’interroge-t-il. Donc pour Justin Bitakwira, Etienne Tshisekedi peut se considérer comme ces talentueux joueurs qui ont fait la pluie et le beau temps, mais ils sont considérés aujourd’hui comme des conseillers pour cette génération.

De la douleur d’enfantement, à quel genre d’enfant ?

Face à cette femme enceinte (la RDC), la CENI est considérée comme un médecin qui peut diagnostiquer sur la naissance de l’enfant (prématuré, par avortement ou par césarienne). « Oui, la CENI peut se référer à la Haute Cour devant un tel obstacle. Quelle que soit la grossesse de la femme, l’enfant naîtra toujours. La déclaration de la CENI vient diluer le dialogue», ajoute-t-il. Il y aura toujours de remous-ménages dans le chef des politiques. D’où, l’impérieuse nécessité d’aller au dialogue pour dégager un compromis politique entre les acteurs politiques.

En tant que correcteur, Justin Bitakwira note que ceux qui refusent le dialogue ne peuvent pas se mettre dans une tour d’ivoire et que la MP ne peut pas restreindre les droits et les libertés des citoyens. Sinon, l’on ne peut condamner seulement la MP, mais aussi d’autres Congolais qui abusent de leur pouvoir. « C’est ne pas exactement que la Dynamique, le G7 et le Front citoyen ne peuvent forcement succéder à Joseph Kabila. La même méthode utilisée lorsque Mobutu était malade n’a pas réussi, mais Kabila est encore débout militairement, institutionnellement et financièrement. Nous avons besoin du consensus pour permettre à la femme enceinte de ne pas être emportée par la grossesse et son enfant », conseille-t-il aux radicaux.

Répondant à la question sur sa position controversée, Justin Bitakwira insiste sur le fait qu’en tant qu’élu du peuple, il a encore mandat populaire de représenter valablement la population, contrairement à ceux qui ont épuisé leur mandat et qui sont dans le glissement. « Egalité de chance, égalité de droit », ne cesse-t-il d’affirmer.

(Pius Romain Rolland )        

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse