Education soutenue par l’usage du fouet: Les avis d’enseignants divergent

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La question de l’efficacité ou non d’une pédagogie reposant sur l’usage du fouet divise l’opinion, se posant en termes du pour et du contre. Il y a des enfants sensibles, sans doute, il y en a aussi de durs à croquer. Les avis d’enseignants divergent sur une éducation soutenue par l’usage du fouet.

-Mwanza Mpunga (directeur du CS La Sagesse, quartier Kimbangu 1/ Kalamu) : « Comme il n’y a plus de fouet, tout le monde veut la facilité. La mesure relative à la suppression du fouet remonte à la vague de l’avènement démocratique en Afrique. L’initiative est internationale, se situant au niveau des Nations Unies, avant que ne la récupèrent des organisations des droits de l’homme qui gravitent autour de cette macrostructure… Ceux, en effet, qui ont suggéré la mesure, ont estimé que le fouet représentait une torture portée sur l’élève. Pourtant autrefois, le fouet était de rigueur et en ce temps-là, l’individu fort respectueux des règles de savoir-vivre en communauté. Quand on brandit le fouet à quelqu’un, il se rend compte qu’il pose un acte répréhensible. Dieu même, dans les Ecritures saintes, a reconnu que l’homme était faillible et que le fouet pouvait jouer un rôle d’accompagnement dans l’éducation. Aussi le Père Eternel a-t-il inspiré l’usage du fouet, pour remettre l’enfant sur le droit chemin.»

-Monique Dialundua (directrice du Groupe scolaire Farel, sur Kipasi à Ngaba) : «Le fouet obstine l’enfant ; les conseils l’édifient. C’est l’Unicef qui a supprimé l’usage du fouet à l’école. L’initiative n’est pas récente, certes, mais à notre niveau, c’est le ministre de tutelle qui nous a répercuté cette instruction. L’on n’a rien perdu, car l’usage du fouet fait penser malheureusement à l’époque coloniale. Or maintenant, les temps ont échangé, les réalités ont évolué. Sans doute qu’avec nos enfants, l’entêtement est là, mais la pédagogie met à la disposition de l’enseignant une panoplie de stratégies de maintien de la discipline dans une classe, sans nécessairement recourir à la violence sur les élèves.»

-Thieta Tshilanda Delphin (directeur du primaire du collège LLK, sise avenue Usoke/Kinshasa) : « L’enseignant est insécurisé et dénié de toute part. Les parents ne croient pas, l’Etat (régulateur et le plus gros employeur) ne songe même pas à l’amélioration des conditions socioprofessionnelles. Un tel délaissement fait frissonner, pour l’avenir de la jeunesse. Même le mépris grandissant à l’égard de la section pédagogique appelle des mesures préventives appropriées. Car un pays qui pense à son développement, doit par ce fait, planifier la formation des éducateurs ».

-Bokele Lokwa Fabien (directeur du CS Félicité, sis rue Lufungula, quartier Yolo nord à Kalamu) : « Je ne connais pas qu’il existe une institution qui ait supprimé le fouet à l’école. Je crois que l’usage du fouet, c’est le moyen le plus clair et concis, pour éduquer un enfant. Toutefois, dans le contexte de la mondialisation, cette façon d’encadrer ou d’éduquer l’enfant est vraiment dépassée, l’usage du fouet n’a plus sa raison d’être. (…) Comme nous envisageons le monde planétaire, nous avons des raisons d’appuyer encore plus sur l’éducation. Pour cela, il est souhaitable voire déterminant, qu’en ce qui concerne la RD Congo, les réformes envisagées dans le système éducatif privilégient le renforcement des capacités des enseignants.»

Diaketua Matondo Samuel (directeur du CS Akto, quartier Kimbangu 1/ Kalamu) : «C’est l’Inspection générale de l’Enseignement qui a supprimé les châtiments corporels, cela remonte à quelque trois décennies. Pour l’heure, en effet, chaque enseignant qui tient encore le fouet aujourd’hui, en fait de sa tête. Mais il est conseillé d’être très prudent. Parents et école doivent redynamiser l’usage du cahier de communication. Ils sont donc conviés, dans cet ordre d’idée, à un effort renouvelé. C’est à ce prix qu’ils auront un regard suivi et soutenu sur les enfants. … Comme on peut le comprendre, l’enseignant est appelé à faire preuve d’imagination et d’imitation, pour trouver d’autres compensations à l‘usage du fouet. Sans doute, ceux qui ont étudié sous le régime du fouet ont un comportement modèle. Ils sont souvent un exemple pour les autres.»

Ntambwe Maurice (promoteur du collège La main sacrée, avenue Kigoma, commune de Kinshasa) : « Dès le commencement, l’homme noir a marché avec le fouet. Nos arrières grands-parents ont connu l’usage du fouet dans leur parcours. A l’école, cela accompagne le moniteur. Quand l’enfant aperçoit celui-ci, il se dit qu’ici, je suis venu pour apprendre. Quand vous ne brandissez pas le fouet, surtout au niveau élémentaire, c’est le laisser-aller. Pour leur part, les parents sont réputés démissionnaires de leur obligation d’éduquer et d’encadrer leurs enfants. Il y a aussi l’éducation diffuse qui impacte négativement sur l’enfant, au contact de la rue. Il faut un peu du tonus avec le fouet, pour que l’élève se soumette de façon maximale à son enseignant. L’école, la famille et l’Etat congolais doivent collaborer pour sauver la jeunesse ».

Quentin Balanda (promoteur du CS Balanda, avenue Kingabwa, quartier Sans fil à Masina) : « L’usage du fouet est supprimé par l’Education. Quand nous étions dans les classes pédagogiques, l’on nous a appris que l’usage du fouet était prohibé. Ceci parce que le fouet est une punition corporelle susceptible de déranger l’enfant, de le rendre inapte. Donc, cela n’est pas conseillé dans les écoles. En définitive, l’Unicef n’accepte pas l’usage du fouet. Il faut de vrais pédagogues, des expérimentés pour se pencher sur la question. Car un enseignant a plus d’une méthode pour discipliner ou pour éduquer un enfant.»

(Propos recueillis par Payne)

 

 

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