Educateur et promoteur de bibliothèques publiques gratuites, Ferdinand Mbala : « Pour des danses saines, (…) il convient de doter l’INA des moyens de sa mission

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Une vue de danseuses d’un groupe locale en exhibition (ph tiers)
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A Kinshasa, la dépravation généralisée de la danse et par la danse pose notamment la problématique de la mission sociale de l’Institut national des Arts (INA). Dans une interview accordée au Quotidien L’Avenir depuis la ville suisse de Lausanne, le président de l’Association l’œil de l’Enfant, AOE, Ferdinand Mbala Zi-N’Sielele jette le pavé dans la marre. Il fait savoir que le gouvernement doit doter l’INA des moyens de répondre à sa mission.

L’Avenir :Voulez-vous vous présenter aux lecteurs de L’Avenir ?

Ferdinand Mbala : Merci de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer sur notre culture plus précisément dans la discipline de la danse dans votre journal qui est lu à travers le monde, sur Internet. Je suis Ferdinand Mbala Zi-Nsielele (Papa Mbala). J’habite à Lausanne en Suisse et dirige l’Association l’œil de l’Enfant, en sigle AOE dont le but est d’aider les enfants démunis et non scolarisés et de soutenir des écoles maternelles, primaires, secondaires et techniques en RD Congo en particulier et en Afrique en général, en livres pour leurs bibliothèques scolaires gratuites et en outils techniques pour un bon apprentissage, tels que postes de soudure, etc.

-Pouvez-vous affirmer que l’évolution de ce domaine qu’est la danse répond à   vos attentes ?

– Non, non parce que la danse fait partie de l’éducation, cette discipline est laissée à l’abandon, elle ne s’est pas développée dans des écoles et pourtant la RD Congo a de bons professeurs et des chorégraphes qui ne sont pas considérés. La danse contribue au développement qualitatif et à la structuration de la vie musicale et chorégraphique. En Occident, la danse s’apprend à l’école. De la maternelle à l’université, une danseuse, un danseur sont respectés. Chez nous, c’est le contraire.

Que reprochez-vous à ceux et celles qui exercent la danse comme gagne-pain à Kinshasa ?

Simplement, je leur dirais que la danse est un métier difficile qui demande un bon apprentissage, de la discipline, des compétences techniques, pédagogiques, artistiques et des qualités humaines. Le monde est devenu petit pour tout le monde. L’Internet y est pour quelque chose, la mondialisation comprise.

Comment réagissez-vous quand des leaders d’orchestres et des télévisions locales proposent au public des danseuses à moitié vêtues et exhibant des danses parfois obscènes ?

-L’on a vu dans la décennie soixante-dix les «Francorettes » à la télévision nationale exhibant des danses dites obscènes, cela avait provoqué un tollé incroyable. Les journaux, les politiques, les parents, etc. étaient indignés. En effet, il importe que de relever que le fait de se retrouver à la piscine ou à la plage avec papa, maman, enfants, belle-mère et beau-père, amis, etc. en maillot de bain n’est pas dans nos mœurs. Puissions-nous évoluer un peu ! Avez-vous déjà vu le carnaval brésilien ?

Certains parents craignent pour leurs filles d’œuvrer comme danseuses, estimant que cela est une porte ouverte à la prostitution. Qu’en pensez-vous ?  Les parents ont raison. Tant que la danse n’entrera pas dans nos écoles, ils se méfieront toujours. Les danses Kiri-kiri, Boucher, Soucous, Cavacha, etc. devraient âtre écrites dans des livres tout comme nos chansons. Les Cubains ont développé la rumba, vous la trouverez dans des livres. Les partitions des chansons se vendent en Occident. Pourquoi pas chez nous ? Donnons les moyens à l’INA, créons des écoles de musique, de danses, etc. Les grandes figures comme Grand Kallé, Dr Nico Kasanda, Grd Maître Franco, Rochereau Tabu Ley, Sam Mangwana et les autres ont fait évoluer la rumba congolaise. Toutefois, elle n’est pas écrite. Dommage !

Croyez-vous que dans le contexte de la mondialisation, il ait lieu d’envisager la réhabilitation de la danse en RD Congo comme valeur ?

Bien sûr, dans tous les pays  du monde, la danse fait partie du patrimoine national, elle s’étudie jusqu’à l’université. Chez nous, je pense qu’il est de la vocation des ministères respectivement de l’Enseignement supérieur et universitaire et celui de la Culture et des Arts de donner des moyens à l’INA et aux écoles. Les parents doivent aussi participer à cet effort.

Qu’attendez-vous, de ce fait, de l’INA (en tant qu’école de danses) et du ministère de la Culture et des Arts ? Le vrai problème du Congo et celui de l’Afrique entière se trouve dans l’éducation, ce ne sont de cadres qui manquent, loin de là. Quand les Blancs géraient le Conservatoire de Musique sur Pont Kasa Vubu (ex Pont Cabu), il y avait tous les instruments. C’est la bourgeoisie de hauts fonctionnaires qui s’est créée depuis les années 60 en Afrique qui produit la misère dans notre continent. Pour s’en convaincre, je recommande au public la lecture du livre intitulé « l’Afrique est mal partie » de René Dumont)

(Payne )

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