Echec éventuel dans la désignation du Premier ministre et remplacement d’Etienne Tshisekedi au CNSA: La MP accuse le Rassemblement

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Dans un point de presse organisé vendredi dernier dans un hôtel de la place, la Majorité Présidentielle qui avait aligné cinq membres de son bureau politique et en même temps délégués aux dialogues de la Cité de l’Union africaine et du Centre Interdiocésain de Kinshasa, en l’occurrence Lambert Mende Omalanga, le professeur Adolphe Lumanu Mulenda Bwana Sefu, Me Nkulu Kilombo, la députée Géneviève Inagosi et l’ambassadeur André-Alain Atundu, a tenu à fixer l’opinion tant nationale qu’internationale sur : « qui bloque ?, et qu’est-ce qui bloque ? ».

Le professeur Lumanu a expliqué que la classe politique congolaise dans son ensemble ainsi que les forces vives de la Nation ont exprimé depuis quelques années un légitime besoin d’un dialogue national inclusif pour faire face à la crise sociopolitique que traverse notre pays. Le parcours fut long et laborieux, et il commencera le 7 septembre 2013 par l’organisation des Concertations nationales. Dans les efforts d’inclusivité menés par le Président de la République qui, pendant plus de 2 ans, a tendu la main à toutes les branches de l’Opposition politique et plus spécialement à l’UDPS, en vue de la tenue d’un Dialogue plus inclusif.

C’est ainsi qu’il y aura des rencontres entre les représentants de la Majorité présidentielle et ceux de l’UDPS à Venise (Italie), Ibiza (Espagne), Bruxelles (Belgique) en vue de la mise en œuvre du Dialogue politique national inclusif, pour permettre un nouveau processus électoral apaisé, complet, inclusif et crédible conformément aux standards internationaux. Cela n’a pas empêché le tenue du Dialogue de la Cité de l’Union africaine ouvert à Kinshasa, le 1er septembre 2016, qui a été couronné par la signature de l’Accord politique pour l’organisation des élections apaisées, crédibles et transparentes du 18 octobre 2016, au terme duquel les questions essentielles liées à l’organisation des dites élections ont été réglées. Suite au manque d’inclusivité, une mission de bons offices a été confiée aux évêques de la CENCO par le Président de la République, Joseph Kabila Kabange. C’est celle-ci qui conduira aux pourparlers du Centre interdiocésain de Kinshasa et qui accoucheront l’Accord de la Sain-Sylvestre.

De l’analyse de l’Accord politique global et Inclusif du Centre interdiocésain, il ressort que les points de convergence trouvés depuis le Dialogue de la Cité de l’UA ont été consolidés et repris dans le document signé entre les parties prenantes. Les Délégués se sont en outre convenu de poursuivre les discussions dans le cadre de la signature de l’arrangement particulier, en vue de préciser les modalités pratiques de mise en œuvre des dispositions de l’Accord d’une part et d’autre part de régler certaines questions ayant constitué des points de divergence.  L’arrangement particulier dont question concerne principalement les points suivants: la désignation du premier Ministre, la formation du gouvernement, la mise en place du CNSA, le chronogramme de la mise en œuvre de l’accord, la redynamisation de la CENI, le renouvellement du CSAC et les quelques recommandations particulières.

Les points qui divisent

Dans sa communication, le professeur Lumanu a fait savoir qu’en dépit des points de convergence trouvés à la suite de plusieurs concessions consenties par la Majorité Présidentielle sous la direction de son Autorité morale, le Président de la République, quelques questions continuent à se présenter comme un blocage pour la mise en application de l’Accord du Centre interdiocésain à travers la signature d’un Arrangement particulier.  Il s’agit notamment de la question sur la procédure de présentation du Candidat Premier Ministre et très probablement sur la question du remplacement de Monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba au poste de Président du Conseil National de Suivi de l’Accord.

AU sujet de la procédure de désignation du Premier Ministre, il faut souligner que la mise en application du point 111.3 de l’Accord Politique Inclusif du Centre Interdiocésain de Kinshasa est subordonnée à la signature d’un arrangement particulier qui en détermine les modalités pratiques (point Il.4 de l’Accord Global Politique et Inclusif). C’est dans ce cadre que les questions importantes liées notamment au profil du Candidat Premier Ministre, à la procédure de sa désignation et de sa nomination, à la taille et au format du Gouvernement, à la répartition des responsabilités entre les composantes ont été renvoyées aux discussions futures des délégués.

Pour la Majorité Présidentielle, la désignation du Premier Ministre issu du Rassemblement doit se faire dans le respect de l’ordre politique et institutionnel établi et reconnu par toutes les parties. De 10 candidatures à présenter, la Majorité Présidentielle a fait des concessions passant de 7 candidats, ensuite 5 jusqu’à accepter une liste de 3 candidats Premier Ministre à proposer au Président de la République pour nomination. Cette concession majeure, appuyée en plénière par la CENCO et toutes les autres parties prenantes, devrait permettre de faire avancer le processus de mise en application de l’Accord politique Global et Inclusif sans gêner le fonctionnement harmonieux des Institutions publiques qui nécessite une certaine cohésion au niveau de ses animateurs. Concevoir les choses autrement c’est vouloir transformer le pouvoir discrétionnaire de nomination du Président de la République en simple investiture du Premier Ministre, en violation de l’article 78 de la Constitution.

Concernant le remplacement de Monsieur Etienne Tshisekedi au poste de Président du CNSA, la MP explique qu’au vu du caractère bipolaire prononcé de la scène politique nationale, le Rassemblement, s’inscrivant dans une logique de confrontation, n’a pas hésité de revendiquer tour à tour la Primature pour leur plateforme et la Présidence du CNSA pour Monsieur Etienne Tshisekedi intuitu personnae.

Et c’est justement parce que le CNSA devait refléter la stature de Monsieur Etienne Tshisekedi que les Délégués au Centre interdiocésain ont cherché à en faire une Institution d’appui à la démocratie et lui trouver une dénomination et des attributions qui la démarquent du “CSD” issu de l’Accord du 18 octobre. Cette démarche visait à répondre à la question récurrente et réellement posée par le Rassemblement sur la place particulière de Monsieur Etienne Tshisekedi dans l’architecture institutionnelle du pays pendant la période pré-électorale et électorale.

C’est dans ce contexte que le Rassemblement a obtenu cette concession majeure de la part de la Majorité Présidentielle qui a accepté d’attribuer le poste de Président du CNSA à Monsieur Etienne Tshisekedi à titre personnel au vu de sa carrure politique personnelle qui a fait l’unanimité autour de son nom. C’est donc pour des raisons d’éthique politique que son nom, bien que cité et agréé par tous les participants, n’a pas été repris dans l’Accord signé.

La Majorité Présidentielle rappelle donc que l’Accord Politique Global et Inclusif, dans son esprit, avait accordé la Présidence du CNSA à Monsieur Etienne Tshisekedi à titre personnel et non pas au Rassemblement qui devrait, seul et à l’exclusion de toutes les parties prenantes, se donner le devoir de choisir unilatéralement un autre candidat pour pourvoir à son remplacement suite à son décès inopiné que nous regrettons tous.

Un consensus ayant été trouvé autour de la personne de Monsieur Tshisekedi, la Majorité Présidentielle estime, s’il faut se limiter à la lettre de l’Accord, qu’un consensus devra également être trouvé sur le candidat à proposer pour le remplacement au poste du Président du CNSA et que procéder autrement serait violer le principe de la gestion consensuelle des institutions pendant la période préélectorale et électorale pourtant convenu au Centre interdiocésain.

L’Accord Politique global et inclusif ayant été signé et les discussions en vue de la signature de l’arrangement particulier engagées, la Majorité Présidentielle estime qu’à ce stade, elle n’a pas d’acte autre à poser si ce n’est d’attendre l’issu des échanges. Elle confirme que la balle est dans le camp du Rassemblement qui doit: présenter la liste des candidats Premier ministre, présenter un candidat Président du CNSA à accepter consensuellement.

Obsèques d’Etienne Tshisekedi : tout est fin prêt

Au cours du même point de presse, le ministre de la Communication et Médias a indiqué que le Gouvernement de la République tient à réaffirmer que tout est fin prêt pour le rapatriement de la dépouille mortelle du lider maximo. A l’en croire, toutes les dispositions sont prises. « Nous ne pouvons pas rapatrier le corps de notre propre initiative, parce que c’est avec la famille qu’il faut le faire », dit-il, avant d’ajouter que dès que la famille va nous dire qu’elle est prête, un aéronef sera dépêché et les obsèques commenceront.

Il renchérit en disant que du point de vue de la sépulture particulière, c’est le Gouverneur de la ville qui s’en occupe. Pour ce faire, il a déjà pris toutes les dispositions pour qu’il soit proposé à la famille un certain nombre de sites qui obéissent à la loi, pour des obsèques dignes. « Nous estimons que les discussions autour de ces sites ne peuvent pas gêner le rapatriement du corps et le Gouvernement  ne souhaite pas commenter les différentes interventions dans la presse faites par des personnes n’ayant pas qualité », insiste-t-il, tout en soulignant que le Gouvernement se limite aux stricts hommages dus au rang de cet ancien Premier ministre et président du conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre.

(JMNK)

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