Du Dialogue à Sun City au Dialogue national inclusif

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Freddy Mulumba invite les Congolais à s’interdire la mémoire courte

Le monde est en pleine mutation, les peuples qui ne sont pas organisés paieront cher, ils seront esclaves sur leurs propres territoires. Car certaines puissances émergent tandis que  d’autres déclinent, la lutte est donc âpre. Dans maintes circonstances, ce ne sont pas des Etats qui soumettent ; mais les multinationales qui elles, sont dangereuses. Elles peuvent nous tuer tous et prendre nos richesses. Car pour les multinationales, c’est l’argent pour l’argent.

C’est en ces termes que le Vice-président du Groupe de Presse le Potentiel, Freddy Mulumba a exprimé, samedi, sa crainte à l’occasion d’une conférence-débat. C’était en la salle VIP de la paroisse Notre Dame de Fatima, autour du thème central : « Le Dialogue, et après ? ». Le professeur Emmanuel Kabongo Malu, co-orateur, a pris la parole en qualité de Secrétaire général du Mouvement de la conscience nationale congolaise.

Le dialogue intercongolais de Sun City, les leçons à tirer

Le dialogue intercongolais de Sun City a été un échec. Car l’on revient aujourd’hui à la case-départ. Deux raisons expliquent cela, a indiqué le premier orateur : la classe politique congolaise n’a pas été à la hauteur des enjeux.  En plus, trop d’interférences étrangères. Et d’ajouter : « M’Zee Laurent Désiré Kabila comprenait les véritables enjeux de la guerre, de même que les tireurs de ficelles. Cependant, les Congolais à l’interne, ne saisissaient pas », a-t-il relevé. Il a cité des affirmations d’observateurs, pour étayer ses propos. Kethumile Masire (facilitateur du dialogue intercongolais/Sun City, 2002) : « Le dialogue intercongolais se tiendra avec ou sans L.D Kabila ». Salim Ahmed Salim (alors envoyé spécial du SG/ONU) : « Le dialogue intercongolais, c’est bien mais cela ne peut résoudre le problème qui est régional ». Collette Braeckman (journaliste belge, auteur notamment de « L’enjeu congolais : l’Afrique centrale après Mobutu » (1999) : « L’intérêt américain pour le Congo (…) Les ressources du Congo, qu’elles soient potentielles ou en exploitation, sont au centre des enjeux ».

L’orateur de déduire : « Il est impérieux que les Congolais soient attentifs à ces enjeux et se prennent en charge », a-t-il lancé. Et d’ajouter : « nous devons nous préparer sérieusement à résister au plan des puissances occidentales qui actionnent déjà un nouveau partage du monde », a-t-il dit, illustrant, à cet effet, ses propos par l’évocation de cas : Irak, Syrie, Soudan du sud…

Quid du dialogue sous la direction d’Edem Kodjo  

Ce que les puissances occidentales n’ont pas  eu à travers la guerre, elles l’ont eu dans (ces) négociations de Sun City : liquider le régime nationaliste de M’Zee LD Kabila, imposer le partage du pouvoir : gouvernement, MLC (l’économie), RCD (la défense). A l’heure où le dialogue national inclusif se précise sous la facilitation de l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo, le premier orateur invite l’élite congolaise à lire les signes du temps.    

Partant, il encourage le peuple à demeurer sage et lucide, pour des raisons évidentes. « La RDC n’est pas n’importe quel pays. C’est un pays très riche que les puissances  de domination ne vont pas lâcher. Quand le monde bouge, la RDC bouge aussi. Très souvent, les intellectuels oublient cette donne. Ainsi, face aux mutations internationales, les intellectuels doivent éclairer le peuple congolais, pour éviter le pire à notre nation », a-t-il mobilisé.

Oui au dialogue, mais pas pour tomber dans les platitudes habituelles

Pour le second orateur, en effet, le  dialogue ne doit pas se résumer à des questions de gestion courante : partage du pouvoir, enrôlement de nouveaux majeurs… « Nous irons au dialogue, mais pas pour tomber dans les platitudes habituelles », a conseillé le SG du Mouvement de la conscience nationale congolaise. Il a appelé le peuple congolais à conquérir son rôle dans l’histoire, condition majeure pour recouvrer sa dignité. Un peuple n’existe que quand il est acteur de l’histoire. Un peuple ne peut être heureux que s’il peut entreprendre la lutte collective, en fonction des enjeux et des circonstances pour améliorer sa condition. Le peuple congolais dont la souveraineté est reconnue dans notre Constitution, doit jouer son rôle dans l’histoire, et ne pas laisser tout l’espace aux politiciens parfois non élus, a-t-il insisté.

Le dialogue national inclusif « pour prendre le plus bel élan »

L’orateur a émis le vœu que « le dialogue lève de grandes options sur ce que nous voulons de notre pays. Depuis 56 ans, notre pays vit avec un budget qui amenuise les ambitions de tout un peuple. Car en terme absolu, le budget tel qu’il est conçu ici, ne peut  développer le pays », a-t-il relevé. Il a cité, à titre illustratif, quelques  pays subsahariens, dont le PI.B par habitant permet aux peuples concernés de se nourrir d’ambitions. Pour relever de grands défis existentiels, l’orateur est d’avis que les Congolais doivent avoir une identité collective. « L’identité repose sur un socle, et le socle c’est le sol. Il faut que le peuple congolais fasse preuve d’énergie nécessaire, pour défendre la terre auquel ils s’identifient », a-t-il dit. A ce sujet, l’orateur a tiré la sonnette d’alarme sur des comportements expansionnistes de certains peuples voisins. « Le Soudan du sud dérange l’intangibilité des frontières à Aru, en Province orientale. Le peuple et les gouvernants doivent réagir. Car la violence récurrente a pour fonctions de casser la mémoire d’un peuple, ses ambitions, son identité (…) », a-t-il déploré.

La conscience nationale « socle » de parcours d’un peuple 

Le co-orateur a invité les Congolais à dialoguer utile, pour que cette fois-ci soit la dernière. Il a dénombré cinq cycles de dialogues dans l’histoire du pays, avec environ 23 rencontres formelles. En dépit de la récurrence de dialogues, l’orateur déduit que les Congolais ne sont parvenus à renforcer ni institutions républicaines ni souveraineté nationale ni garantir le développement. Evoquant le diplomate congolais Mabika Kalanda, auteur de « la remise en question… » dans la première moitié de la décennie soixante, il invite les Congolais à cultiver la conscience historique qui produit la culture, la conscience nationale en lieu et place de s’enliser dans la conscience tribale. « Les souffrances humaines ont le bonheur de réveiller les gens, et les Congolais doivent ainsi s’assumer », a exhorté le philosophe.

 

(Payne )

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