Dossier RTGA. Midi Presse écrite : CSAC fustige le « phénomène Plagiat »

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Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) fustige le comportement des journalistes de la presse écrite. De quoi les reproche-t-on exactement ? Je vais commenter cette actualité avec Emmanuel Badibanga, Rédacteur en chef du Journal l’Avenir et dernièrement nominé meilleur journaliste du Groupe de presse l’Avenir. – Excellent dans ses analyses. Vous l’entendez à la radio mais vous le suivez très souvent à la Télé, avec ses éditos qui ne manquent pas de lui attirer beaucoup d’admiration.

  • Dans son communiqué de presse, CSAC reproche à certains journalistes le copier-coller dans leurs éditions périodiques. Est-il autorisé à un journaliste à un journaliste de la presse écrite de puiser une information sur le net ?

Il y a un sérieux problème auquel le journaliste est confronté actuellement. Nous constatons effectivement que plusieurs informations tirées de la toile sont affichées dans nos journaux paraissant à Kinshasa, voire en Rd Congo. Mais à lire attentivement ledit communiqué de presse portant la signature Mme Chantal Kanyimbo, notre consœur, rapporteur du CSAC, il n’est pas dit de ne pas puiser l’info sur la toile. L’internet est une source d’information bien reconnue de tous. Mais le problème réside en ce que souvent la source n’est déclinée. Il faut décourager le plagiat. Pour le cas d’espèce, nous déplorons que certains journaux piquent sur www.groupelavenir.org, notre site, des articles signés par nous et se les approprient, à la virgule près, sans aucunement faire mention de cette source ni renvoyer au lien sur la toile. C’est ce comportement que CSAC fustige, avec raison.

  • Pourquoi, à votre avis, les journalistes de la presse écrite particulièrement recourent-ils un peu plus à l’internet ?

Le fait que la plupart d’organes de presse soient privées de moyens de leur politique, malgré un ardent désir, une passion de communiquer qui anime leurs journalistes. Ce qui contraste malheureusement, avec la précarité dans laquelle ils vivent. La plupart des journalistes congolais ne savent même pas accéder au moyen de déplacement. Je ne dis pas que tous devraient être véhiculés, mais qu’un journaliste manque de quoi payer son taxi, c’est révoltant. Je me souviens, il y a quelques années, causant avec une journaliste de la presse étrangère ici à Kinshasa, celle-ci m’a déclaré qu’après 2 ans passés à Kinshasa, elle a pu acheter une maison à sa famille en Région parisienne. Alors, comment se fait-il que certains organes de presse en arrivent là et que chez nous le journaliste ne cesse de mordre la poussière.

Et la deuxième raison qui me vient vite à l’esprit est liée aux difficultés d’accès aux sources d’information. Des portes se ferment parfois aux pieds du journaliste. J’ai été estomaqué cette semaine, participant à la clôture d’un atelier, lorsque survint un ‘’lieutenant’’ pour un contrôle des journalistes présents dans la salle, ne voulant voir que ceux que sa structure avait invités… Ainsi donc, à la presse écrite, la mère qui continue de faire la fierté de toutes les presses, les journalistes se battent sur tous les fronts pour arriver à alimenter leur canard. Même font recours à la toile aussi quand bien même tout ce qui est sur la toile n’est pas comestible. Mais le journaliste doit se rappeler qu’il doit mentionner la source. Et même le démarquage ne lui donne pas le droit de faire mention de la source dans cet article qui devient sien. Le respect de l’éthique et de la déontologie journalistiques doivent être de mise. Et le journaliste qui recourt à l’internet doit être en mesure de confronter les sources avant de publier l’information, en passant par la vérification des faits. Tout doit se faire dans le respect des règles de l’art.

  • Vous êtes depuis longtemps dans la presse écrite et même audiovisuel. Que formuleriez-vous comme propositions à l’endroit du CSAC dans l’objectif d’améliorer les choses ?

Il sied de prime abord, saluer le fait que CSAC se soit exceptionnellement intéressé à la presse écrite. Mais cette institution devra aller un peu plus loin dans sa démarche. Il suffit d’allumer votre petit écran pour vous rendre compte que même certains organes de l’audiovisuel ne déclinent pas la source des titres qu’ils affichent sur leur bande défilante, pourtant indiscutablement tirés de l’Avenir au d’un autre journal. C’est de la malhonnête.

D’autre part, CSAC devra aller jusqu’à sécuriser la propriété intellectuelle au sein de nos organes de presse. Que revient au www.groupelavenir.cd , site du journal l’AVENIR, puisque c’est au nom de l’Avenir que je parle, comme qui dirait droits d’auteur et droits voisin lorsqu’un autre reprend les informations, sans permission, citant la source ou non ? Parlons de gros moteurs de recherches comme Google. Non seulement que par principe il affiche le lien menant à la source, mais aussi il est consigné que quelques centimes devraient revenir à ladite source. Que fait CSAC là-dessus ? Toute la corporation comme l’UNPC (Union nationale de la presse congolaise), les ONG comme JED (Journaliste en danger) et autres organisations de défense des droits du journaliste devraient, avec CSAC, convoquer les états généraux de la presse, les vrais, pour prendre au sérieux la question du journaliste congolais devenu la risée du monde.

(Propos recueillis par BM)

 

Cette question a été abordée ce mardi 8 septembre 2015 dans la tranche ‘’Rtg@ midi’’ sur Rtga FM suite au communiqué de presse ci-dessous, émanent du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication :

 

Le Rapporteur

COMMUNIQUE DE PRESSE N°009/CSAC/BR/CK/08/2015

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication constate dans le monitoring quotidien qu’il fait des organes de presse écrite de Kinshasa une propension des professionnels de la presse écrite à publier in extenso des écrits tirés de certains sites de la toile (internet).

Le Conseil rappelle aux professionnels de la presse écrite les règles élémentaires de la pratique journalistique, qui exige une rigueur dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information.

Le code de déontologie et d’éthique professionnelle du journaliste congolais exige en effet, en ses articles 2, 6, 8 et 9 une rigueur sans faille dans la pratique du métier d’informer.

N’importe qui peut mettre sur la toile n’importe quelle information. Le Conseil insiste et souligne à l’intention des professionnels de la presse écrite et des lecteurs, la différence entre les journalistes et les autres qui écrivent sur le net, c’est la capacité des professionnels à confronter les sources, à vérifier les faits avant de les mettre à la disposition des consommateurs de l’information.

Le Conseil recommande donc aux professionnels de la presse à observer strictement les normes professionnelles requises pour ne pas abuser de la bonne foi de leurs lecteurs.

 

Fait à Kinshasa, le 27 août 2015

Chantal KANYIMBO MANYONGA

 

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