Dossier infrastructures sportives: Le basket-ball paie un lourd tribut

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Décidément, ce n’est pas de sitôt que les sportifs congolais auront la paix en ce qui concerne les infrastructures sportives. S’il est vrai que la mise en place du projet Prostam ou projet de construction des stades municipaux dans tous les territoires de la République Démocratique du Congo avait suscité un vif intérêt auprès des sportifs, il est aussi vrai qu’actuellement c’est l’incertitude qui bat son plein.

*Des reconnaissances justifiées, mais des inquiétudes persistes

Parmi les inquiétudes, il y a la lenteur de l’exécution dudit projet. Ceux de compatriotes au parfum du projet sus évoqué, savent que Kinshasa était le centre pilote d’où devait démarrer le projet et dont à toute fin utile, l’on devait dupliquer en provinces. Pour ce faire, l’on devait démarrer par la construction de 4 stades municipaux à Kinshasa notamment à Matete, à Barumbu, à Delvaux et à Bandal. Il se fait que les trois premiers stades ont été complètement achevés et même inaugurés.

Celui de Matete porte le nom de Kembo uba Kembo, un natif de cette municipalité qui avait fait la pluie et le beau temps au sein de l’AS V. Club et de l’équipe nationale. Avec V.Club, il avait remporté plusieurs titres de Kinshasa, de champion du Congo et un autre en Coupe d’Afrique des Clubs champions en 1973. Avec l’équipe nationale, il avait remporté la Coupe d’Afrique des Nations au Caire en Egypte en 1974 et la même année, il avait participé avec les Léopards à la phase finale de la Coupe du monde en Allemagne. Baptisé ce stade du nom de ce valeureux footballeur, n’est qu’une reconnaissance de ses mérites.

Celui de Barumbu porte le nom de Paul Bonga Bonga, l’un des « Belgicains » rappelés par feu président Mobutu pour renforcer l’ossature de l’équipe nationale. Ayant fait ses preuves en Belgique, ce dernier a laissé des souvenirs inoubliables à Standard de Liège où il avait presté.  Baptisé le stade de Barumbu du nom prestigieux de Paul Bonga Bonga, c’est rendre immortel ce résident de Barumbu dont le savoir-faire était reconnu à travers le monde.

Le stade municipal de Delvaux porte le nom de Muntubile Santos, l’un de meilleurs n°10 que la RDC ait connu. Après une longue traversée de désert de 14 ans, Bilima a réussi l’exploit de sortir champion de Kinshasa ‘’Epfkin’’ en 1978 grâce à Santos. Il avait conduit le même Bilima au sacre du Congo en 1979 et à la finale de la Coupe d’Afrique des Clubs champions face à Canon de Yaoundé du Cameroun de Thomas N’kono et autres Théophile Abega en 1980. Après, il embrassa une brillante carrière professionnelle en Europe en passant à Marseille, Bastia, Valenciennes en France et Saarbruck en Allemagne où il fut le tout premier africain noir à évoluer en 1ère Division Bundesliga. Par la suite, Santos embrassa la carrière d’entraineur et conduisit Mazembe au sacre national. Devenu sélectionneur national, il  permit à l’équipe nationale des joueurs locaux de remporter la 1ère édition du Championnat d’Afrique des Nations en Côte D’Ivoire. Baptisé ce stade de Delvaux du nom de Santos, c’est lui rendre les honneurs dus à son rang eu égard à ses prouesses hors du commun.

Le couac  pour ce projet émane du Stade municipal de Bandal qui est le plus grand que les autres et où est prévu un stadium couvert. Malheureusement,  les travaux sont arrêtés.

L’autre inquiétude est que le projet bat de l’aile en provinces, alors que des espaces pour bâtir des stades modernes existent et n’attendent que la matérialisation du projet.

La plus grande inquiétude, c’est le manque d’intérêt pour des disciplines se pratiquant en salle telles que le basket-ball, le volley-ball, le handball et les sports de combat. Il est inconcevable que la RDC  n’en dispose pas d’une salle couverte à ce jour sur l’ensemble de son territoire.

*Le basket-ball a payé un lourd tribut 

Discipline phare de la RDC dans les années 80 et 90 avec la génération prodigieuse des Léopards dames constituées de Lingenga, Kamanga, Bompoko, Bomponda, les sœurs Evoloko, Nguya, Komichelo et autres, le basket-ball avait souffert de manque d’infrastructures ou de salles couvertes. Conséquence, malgré leur longue domination sur l’échiquier continental, les Léopards dames n’avaient remporté que très peu de titres (trois), alors que pouvaient en compter une dizaine. La raison est toute simple, les autres nations africaines qui en disposent, sachant la force de frappe des congolaises qu’elles craignaient comme la peste, ont refusé d’abriter de compétitions pour ne pas voir la RDC rafler coupes et médailles. Curieusement, le pays au lieu de tirer de leçons sur cet état des choses en dotant ces basketteuses des infrastructures modernes dignes, a trainé le pas. Aujourd’hui encore, le basket-ball souffre car faute de ces infrastructures,  les filles de la RDC ont du mal à retrouver leur place au soleil. S’il faut être honnête, elles sont tombées trop bas de leur piédestal. Si rien n’est fait, elles attendront encore longtemps pour prétendre retrouver leur place au soleil.

(Antoine Bolia)

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