Dossier Basket-ball

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Juvénal Lufuma (Président FIBA Afrique/Zone IV) tire les leçons de l’Afrobasket 2015

  1. Juvénal Lufuma, président de FIBA Afrique/Zone IV a regagné Kinshasa le week-end dernier, en provenance de la Tunisie où il a assisté à la phase finale de l’Afrobasket 2015 ayant consacré le Nigeria comme champion. Avec la presse congolaise, le président Juvénal Lufuma tire les leçons qui s’imposent concernant le basket-ball africain et l’avenir de la discipline dans la Zone IV, et spécialement en RDC.

Ci-dessous l’importante interview qu’il a accordée à la presse :

 

L’Avenir : Président, vous venez d’assister à l’Afrobasket 2015 en Tunisie. Comment jugez-vous de façon globale l’organisation de cette fête africaine du basket ?

Président Juvénal Lufuma: L’organisation de façon générale était au point. De ce que j’ai vu, il n’y avait pas de différence entre l’Europe et l’Afrique. J’ai déjà vu beaucoup de matches de basket en Europe et j’ai déjà eu à assister à beaucoup de rencontres d’Afrobasket. Mon constat est que plus on avance, plus les choses s’améliorent.

Le pari de l’organisation matérielle a donc été gagné : logement, accueil des délégations, conditions de travail, déroulement des compétitions, respect des horaires… ?

L’organisation matérielle était magnifique. Vous savez, la Tunisie vit du tourisme. Elle a donc une culture de ce genre de manifestations importantes. Du point de vue des équipements, il y a tout ce qu’il faut : marquoirs électroniques, service statistique informatisé, avec des logiciels de pointe…Du point de vue de la prestation des cadres de la FIBA, il faut noter que ce sont des professionnels. Professionnels africains et européens ont travaillé main dans la main.

Mention spéciale également sur le plan des infrastructures. Sur ce point, il n’y a rien à redire. On avait un grand stade polyvalent de 15.000 places. J’ai assisté à des matches au sommet où le stade était comble. C’est un genre de stade qui n’a rien à envier à ce que l’on voit à la NBA. C’est très confortable, les conditions d’assistance au spectacle sont magnifiques. J’ai vu des familles entières se déplacer : papa, maman, enfants, jusqu’aux plus petits. Cela signifie que l’infrastructure est au top. On peut même délocaliser sur ce terrain des rencontres de la NBA ou des ligues européennes…

Concernant maintenant les rencontres proprement dites, la qualité et le niveau de jeu des sélections africaines, que peut-on en dire ?

L’on peut dire que toutes les nations progressent. Après le 1er tour et les 8èmes de finale, en quarts de finale, l’on a eu des rencontres pleines de suspense. Les choses étaient plus corsées, avec la présence du Gabon, devenu un outsider, l’Angola, tenant du titre, le Nigeria, la Tunisie, pays organisateur, l’Algérie, l’Egypte, le Sénégal, le Mali. En demi-finales, l’on a vu les quatre meilleures : Nigeria, Angola, Tunisie, Sénégal.

En demi-finales, l’on a assisté à de très bons matches. L’opposition Tunisie- Angola était palpitante. La Tunisie qui perd malgré le soutien massif et bruyant de son public ! Quel public ! Un public formidable. J’ai aimé ce public-là. Et la finale a été digne de l’enjeu. On croyait que l’Angola viendrait à prendre le dessus, comme lors des matches précédents, où en dépit de quelques flottements, il finissait par prendre la mesure de son adversaire et à s’imposer. Mais là, non ! Et moi, j’ai gagné mon pari. J’avais misé sur le Nigeria, des jeunes éléments qui jouent ensemble aux Etats-Unis. Il est vrai : l’Angola est en train de refaire son équipe. La vieille génération est en train de partir ; il y a une relève qui monte. Mais cette nouvelle équipe d’Angola qui fait une symbiose entre les nouveaux et quelques anciens est déjà une grande équipe. Elle a de l’avenir.

Grosso modo, l’Afrobasket 2015 a répondu aux attentes. Le basket-ball africain a fait des progrès.

Au total donc, les meilleurs se sont imposés ? Pas de surprises ?

Ah si ! Des surprises, il y en a eu. On a eu des résultats surprenants. J’ai vu celles qu’on peut considérer comme des grandes nations de basket-ball souffrir devant d’autres à priori moins cotées. On a vu le Cap Vert tomber devant le Gabon ! Le Cap Vert n’est pas un petit en basket-ball. Les gens étaient étonnés. Beaucoup qui n’étaient pas au stade et n’avaient pas eu l’occasion de suivre de visu le match, n’en croyaient pas leurs oreilles, quand on leur disait que le Cap Vert avait été débarqué. On a aussi vu l’Angola être malmené par la RCA. Et puis, tout de même, le Cameroun qui tombe devant l’Algérie, qui n’est pas une si grosse référence dans le domaine.

En ce qui concerne la Zone IV, vous êtes donc globalement satisfait ?

Oui, je suis satisfait. En 8èmes de finale, nos équipes se sont bien comportées. Dommage pour la Zone IV : Le Cameroun qui était un prétendant valable a échoué en 8èmes de finale devant l’Algérie, en principe moins armée. Le Cameroun, sans son excès de confiance, allait jouer les quarts de finale et avait même des arguments pour arriver jusqu’en demi-finale. La Centrafrique aussi n’a pas démérité. Les Centrafricains ont joué un excellent match contre l’Angola qui ne l’a emporté que d’un petit point. D’un rien, la Centrafrique allait en quarts de finale en éliminant l’Angola. Vous voyez cela ! Et le Gabon est parvenu en quarts de finale.

 Quelles leçons pour l’avenir de la Zone IV ?

La base, ce sont les infrastructures, comme je dis souvent. Tous ces pays qui sont en haut de la pyramide en imposent d’abord par leurs infrastructures. Voilà pourquoi, il faut encore pousser à la construction des infrastructures dans nos pays. Déjà, la Fédération camerounaise a un stade omnisports de 8.000 places assises à Yaoundé. Il y a encore un projet de construction d’un deuxième de même niveau à Douala. C’est encourageant. La RCA, malgré la guerre, a pu réaménager ses infrastructures et possède maintenant deux stades convenables. Le Gabon est en train de se construire un stade, dans la perspective de l’hébergement de la Coupe d’Afrique de handball, une discipline qui se joue en salle comme le basket-ball. Ce sont donc des infrastructures communes. En République du Congo, à Brazzaville, les choses bougent aussi. Ils viennent d’avoir trois salles couvertes, de 10.000, 5.000 et 3.000 places, aux normes de la FIBA. La mauvaise note, c’est la RD Congo où il n’y a pas d’infrastructures valables. Les informations qui nous parviennent, c’est qu’il n’y a pas de budget pour la Fédération Congolaise de basket-ball. Sans moyens financiers, sans infrastructures, vous ne pouvez rien espérer. Il ne faut pas se limiter à assurer les déplacements des équipes en compétitions à l’extérieur. Il faut les préparer, les encadrer. Il y a des talents en RDC, y compris chez les filles ; mais il faut les soutenir.

La RDC va-t-elle devenir la risée de tout le monde en basket-ball, après avoir occupé le toit de l’Afrique à l’époque ?

J’ai peur pour la RDC. Vous savez que selon la nouvelle formule, les compétitions se joueront en aller-retour au niveau des éliminatoires. Comment et où vont jouer les équipes de la RDC ? L’on délocaliserait à Brazzaville les matches où les équipes de la RDC doivent recevoir ? Parce qu’un terrain non homologué par la FIBA ne peut pas abriter une seule rencontre internationale. Et les terrains non couverts sont d’office exclus.

En ma qualité de Congolais, je lance un appel pressant aux autorités politiques de notre pays en vue de la construction ne serait-ce que de deux terrains couverts. Le basket-ball de haut niveau en plein air, ça n’existe plus. Cela existait il y a trente ans. Une salle couverte, dotée de marquoirs électroniques, avec un parquet : cela ne coûte pas les yeux de la tête. Le gouvernement, avec l’appui des partenaires privés, devrait s’impliquer. Cela va revaloriser et redynamiser la pratique du basket-ball dans le pays. Tout le monde serait attiré à venir jouer en RDC, dans des infrastructures modernes. Chaque fois, les amis nous demandent : ‘’ C’est pour quand, les salles de basket couvertes en RDC ‘’? C’en est devenu fort gênant. J’interpelle les autorités de mon pays, d’autant plus que nous sommes à l’heure de’’ la révolution de la modernité’’. La jeunesse, c’est l’avenir de demain, dans tous les domaines. Or, les sports font la promotion de la jeunesse. Il faut soutenir les sports. Notre pays, avec ses 70 millions d’habitants, en majorité des jeunes, a un énorme potentiel dans le domaine des sports. Toutes les disciplines : basket, volley, handball…regorgent de potentialités. Il faut les soutenir toutes. Pas seulement le football. Il est grand temps. Il n’est pas encore trop tard. Mais, nous avons des délais. Je rappelle : à partir de 2017, sans terrain couvert, plus de basket-ball international en RDC.

Comment les choses se passent-elles au niveau de l’impulsion du Bureau Zonal vers les Fédérations Nationales ?

L’encadrement des fans passe notamment par les réunions. En marge de chaque Afrobasket, avant et après, il y a des clinics qui sont organisés. D’où la nécessité pour les Fédérations de répondre à ces rendez-vous. Mais, plus fondamentalement, il faut que les Fédérations soient organisées, aient une administration fiable, des bureaux, les services informatisés…Fiba Afrique met en œuvre une politique d’encadrement des Fédérations. Le Bureau Zonal est là pour soutenir cette politique afin que nos Fédérations soient de plus en plus viables et structurées. Nous projetons la réunion ordinaire du Bureau Zonal élargie aux Fédérations prochainement à Brazzaville ou à Kinshasa, avec l’accent sur la viabilisation des Fédérations nationales. Merci.

 

*Olympisme

Evoluant en Ile Maurice

Lomba Bilisi depuis hier aux 11è Jeux Africains

Une bonne nouvelle pour les sportifs congolais. Notre compatriote Lomba Bilisi qui évolue en athlétisme en Ile Maurice, se retrouve depuis hier à Brazzaville où il participera au décathlon (10 épreuves) aux 11èmes Jeux Africains.

Nous y reviendrons.

(Propos recueillis par Antoine Bolia)

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