Distancée: L’opposition tentée par le boycott

Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

A moins de deux semaines de la sortie des listes définitives de candidats à la présidentielle et aux législatives nationales, l’opposition radicale parait sonnée.  Visiblement, elle ne s’est pas remise du rejet définitif, par la Cour Constitutionnelle, des candidatures de Jean-Pierre Bemba Gombo et d’Adolphe Muzito, écartées, initialement, par la Commission Electorale Indépendante (CENI), le 24 août dernier. Optera-t-elle pour le boycott, tel un joueur de cartes, de mauvaise foi, qui voyant la partie lui échapper, renverse la table ? Bemba, Muzito, Tshilombo et Katumbi, réunis, hier à Bruxelles y sont favorables. Kamerhe, présent également à cette réunion, s’y est farouchement opposé.

Rencontre après rencontre, l’opposition nous prépare à  une décision de boycott des élections 2018. Aucune déclaration officielle n’est faite dans ce sens, à ce jour, mais rien de constructif ne sort de la longue série de concertations entre les candidats de l’opposition, encore en lice pour la présidentielle et ceux qui sont définitivement écartés de la course. Au contraire, on ressasse les revendications auxquelles la CENI a déjà répondu, avec courage et bonne foi. Rien de crédible ou de sérieux n’est à  reprocher  à la machine à imprimer les bulletins de vote. Ce qui reste, c’est l’amertume et l’absence de projet de société.

Le boycott ne passe pas dans l’opinion

Posons une analyse froide. Est-ce si grave, pour l’opposition, que Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito soient hors course ? Est-ce là un synonyme de déconfiture pour l’opposition, à  la prochaine présidentielle? Cette interrogation fut diversement commentée par les analystes politiques, sans que les principaux candidats ne parviennent à s’asseoir pour élucider entre eux ce sujet qui, sans nul doute, préoccupe le fond de leurs pensées. Sont-ils démoralisés par des sondages qui leur sont défavorables? Tous les sondages donnent le candidat du FCC vainqueur au premier tour, peu importe l’hypothèse, candidature unique ou non. Dès lors, l’idée de boycotter les élections commence à germer dans la tête de quelques leaders de l’opposition. La Secrétaire générale du Mlc, Eve Bazaiba, a eu du mal à cacher cette intention, sous la formule « Le Mlc demande à  toutes les forces vives de demeurer mobilisées et unies pour arracher une véritable alternance à la suite d’un processus électoral inclusif pour un Congo nouveau ». Des éléments de langage qui ne veulent rien dire.

Est-ce sérieux, est-ce mature d’envisager de boycotter des élections pour lesquelles le monde entier souhaite voir l’accomplissement ? L’opposition a perdu du temps à rêver. A moins de quatre mois de la présidentielle, elle n’a pas de programme, pas de vision, pas de base, que du vent ! Or, ces échéances électorales ne sont pas tombées soudainement du ciel! L’opposition n’a rien préparé, aveuglée sans doute par son schéma, inconstitutionnel, d’une transition sans Kabila. C’est ici la raison de son éventuel retrait de la course. Les Congolais ne sont pas dupes et considèreraient le boycott comme une fuite en avant. Mais l’opposition peut-elle agir autrement ? Non. Elle a regardé la réalité en face et elle a relevé qu’elle n’aurait aucune chance face à un camp qui est dans l’action et compte dans ses rangs des hommes et des femmes prêts  à continuer à défendre l’intérêt général, y compris celui de l’opposition, en la laissant s’exprimer.

Combien de temps faudrait-il à l’opposition radicalisée pour acquérir la maturité politique ? Combien d’années lui faudrait-il pour comprendre que le peuple congolais n’adhère plus à son infantilité politique, à  ses inefficaces «marche pacifique » et « ville morte » ? Faut-il réinventer une «opposition à la congolaise » ? Ce qui nous est servi, depuis une décennie, est une opposition fictive, en panne de propositions et souvent entretenue de l’extérieur. Cette triste situation démontre que les dirigeants baignent dans la naïveté et dans l’incapacité d’aller dans le sens naturel de l’histoire de la démocratisation du Congo, qui a fait un grand pas avec Joseph Kabila.

Mourir ou dynamiter la machine à voter

Mais la menace du boycott n’est pas très efficace. Elle porte le risque de tenir les leaders de l’opposition loin du pouvoir. Dans plusieurs pays, le boycott des élections par une partie de l’opposition n’a pas ni empêché leur déroulement, ni dénué le processus de fiabilité. Dans ce contexte amère pour l’opposition de prendre le pouvoir par les urnes, imposer une nouvelle transition reste la seule solution pour les éviter et  accéder, tout de même, à la gestion du pays. Ce n’est pas très original, mais c’est la tactique la plus utilisée dans des Etats fragiles. De surcroit, la formule qui organiserait cette transition envisagée a déjà été expérimentée dans ce pays sans résultats pour le peuple : Le fameux 1 + 4 qui a ruiné le pays. Pour y parvenir, il a fallu a l’opposition radicale de trouver les arguments ou les moyens de rendre cette transition indispensable. C’est l’objet des récentes réunions de l’opposition. Celle d’hier, à Kinshasa,  au siège du G7 et celle, à Bruxelles, qui a réuni Vital Kamerhe, Adolphe Muzito, Felix Tshisekedi, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi.

Des deux côtes, une même idée jaillit des cerveaux, manipulés, du reste, par quelques occidentaux et dans lesquels le complexe de colonisé qui reçoit les injonctions du colonisateur sévit: S’attaquer à la machine à voter, sous prétexte fantaisiste de manque de crédibilité, afin d’obtenir son retrait du processus. Sinon, boycotter les élections. Stratégie malhonnête. Tout le monde y a adhéré, à Bruxelles,  sauf Vital Kamerhe qui s’est clairement désolidarisé des candidats écartés de la présidentielle. N’ayant rien de scientifique à reprocher à la machine à imprimer les bulletins, l’opposition s’active, par la manipulation, à faire croire au peuple, qu’elle favoriserait la tricherie, sans démontrer comment.  Retirer la machine aura  pour conséquence, incontestable, le report des élections. Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) clame, depuis belle lurette, que sans machine à voter, il n’y aura pas d’élections le 23 décembre 2018. Ainsi, l’opposition arriverait à ses fins.  Imposer une transition.

C’est un peu osé. Mais la grande question est la suivante : Est-ce que le peuple congolais se laissera avoir ?

Noëlla Mbula

 

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse