Discussion sur la loi de finances de l’exercice 2016: Kabila à l’initiative, Minaku avec le marteau et Matata confirme

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* Le Président de la République, sous le leadership duquel les progrès se réalisent, est l’initiateur de la vision de l’émergence à travers la Révolution de la Modernité. Le Speaker de la Chambre basse du Parlement, avec son marteau, est celui qui s’investit pour faire triompher la vision du Chef de l’Etat. Pour sa part, le Premier ministre est celui qui est chargé de l’exécution de cette vision salvatrice. Il s’agira d’éviter de tomber dans le cercle vicieux du perpétuel recommencement, car ce que d’autres nations ont bâti en plusieurs siècles, nos nations n’ont d’autre choix que de le réaliser en quelques décennies

*Ce discours, Matata Ponyo l’a  prononcé hier à l’issue du débat général ayant suivi la présentation du projet de loi de finances 2016 le lundi 26 octobre courant, où  il a donné des réponses claires et convaincantes aux nombreuses préoccupations exprimées par les élus du peuple. C’est ce qui le pousse à dire que ce qui a pu être fait hier devra être préservé et constituer la pierre angulaire de tous les efforts pour la longue marche résolue vers le développement de notre pays

Dans le cadre du débat général ayant suivi la présentation du projet de loi de finances 2016 le lundi 26 octobre courant, le Premier ministre Matata Ponyo était encore hier devant les députés nationaux auxquels il a donné des réponses claires et convaincantes aux nombreuses préoccupations légitimes exprimées par eux.

De prime abord, il a félicité les députés nationaux pour la pertinence des questions soulevées ainsi que la qualité de ce débat général, avant de souligner que les interventions de l’auguste Assemblée ont tourné, pour l’essentiel, autour des points majeurs ci-après : Les retombées de la stabilité macroéconomique et de la croissance notamment au regard de la création des emplois ; les investissements porteurs et leur répartition nationale ; les réformes institutionnelles et de l’administration publique ; l’amélioration des services publics dans les secteurs sociaux ; la préparation des élections et la poursuite de la mise en œuvre de la décentralisation et la mobilisation des recettes ainsi que la qualité de la dépense.

Pas de paradoxe

En ce qui concerne la relation entre la production ou le PIB réel et les recettes fiscales et non fiscales, Matata Ponyo a expliqué que la croissance s’entend comme l’augmentation de la production ou du PIB réel. Toute augmentation de la production n’entraine pas nécessairement l’augmentation des recettes fiscales et non fiscales pour trois raisons:

La première est le fait que la production peut augmenter, mais si un secteur d’activité, qui contribue à cette évolution,  bénéficie d’un régime dérogatoire, des avantages dans le cadre d’un code donné pendant la période d’investissements, les recettes fiscales ne vont pas suivre. La deuxième concerne la relation entre le PIB non monétaire ou non marchand et le niveau des recettes. La troisième a trait à la relation entre la valeur ajoutée du secteur agricole et le niveau des recettes.

Secundo, du paradoxe entre la faible inflation, faible pouvoir d’achat et prix de biens à la consommation élevés. Ici, il a fait la différence entre les prix des biens et services et le niveau général des prix. Dans une économie marchande, il existe des millions de biens et services ayant chacun son prix. Le niveau général des prix, c’est la moyenne de tous les prix des millions de biens et services pondérés par leur importance en termes d’habitude de consommation des agents économiques. L’augmentation du niveau général des prix, c’est l’inflation.

Mais les prix d’une certaine catégorie des biens de première nécessité sont élevés en dépit du fait qu’ils sont stables. Cette situation  procède de: la structure oligopolistique ou monopolistique des différents marchés des biens de première nécessité de l’économie congolaise; l’observance des pratiques de commerce triangulaire ; les coûts élevés ou de longues chaines de distribution de certains produits; l’importance de la fiscalité chargeant certaines structures des prix de revient des produits; les goulots d’étranglement tenant à l’absence ou à l’insuffisance d’infrastructures de transport, de communication et énergétiques.

Tertio, de l’apparent clivage entre la forte croissance économique et incidence élevée de la pauvreté. Il a rappelé les enquêtes 1-2-3 ainsi que le rapport national du PNUD sur le développement humain révèlent que la forte croissance que connait la RDC depuis 2002 a un impact positif sur la pauvreté.

Cependant, il est vrai que la forte croissance économique de la RDC est tirée ces dernières années par le secteur minier. Toutefois, conscient de cette faiblesse qui n’est pas que congolaise, et qui du reste tire ses origines de nombreuses décennies, le plan d’actions du Gouvernement opérationnel depuis 2012 est un vaste programme visant l’amélioration des conditions de vie de la population, mais aussi de diversification de l’économie nationale, socle de résilience et d’inclusivité. Ainsi, la forte croissance s’accompagne d’une baisse de la pauvreté. D’où absence de paradoxe.

« Il n’existe pas de solutions miracles pour la diversification d’une économie. Prix Nobel d’économie soit-on, on ne peut diversifier l’économie congolaise en seulement deux ou trois ans. La diversification relève des changements structurels et non conjoncturels. Et les effets du processus de diversification de l’économie congolaise ne seront pas spontanés, mais s’observeront dans la durée. Notre rôle est de poser les bases de cette diversification ; d’en initier le processus. C’est ce qui est en train de se faire sous le leadership du Président de la République », dit-il, avant d’ajouter que c’est pour toutes ces raisons que pour œuvrer au profit d’une réelle diversification, couplée d’une forte inclusivité économique de la RDC, que votre gouvernement centre ses stratégies d’investissement sur le capital humain (santé et éducation) afin de mettre en état de productivité cette ressource qui permet de niveler les richesses par la connaissance.

Quarto, du hiatus supposé entre le faible taux d’exécution du budget et la présence des excédents budgétaires. Le Premier ministre a expliqué qu’il ne s’agit pas de faiblesse du taux d’exécution budgétaire, mais plutôt de taux en deçà de niveaux prévus en raison des réalisations des recettes. Par ailleurs,  il ne s’agit pas d’excédents budgétaires mais plutôt des marges de trésorerie dégagées au cours d’un mois donné. Elles sont utilisées pour résorber les déficits de trésorerie mensuels, mais aussi pour garantir les paiements des salaires entre le 15 et le 20 de chaque mois, alors  que toutes les recettes du mois ne sont pas encore enregistrées. Les marges de trésorerie constituent aussi une soupape de sécurité pour faire face aux chocs exogènes, tout comme elles sont un gage de stabilité monétaire qui fait aujourd’hui la fierté de l’économie congolaise à travers le monde.

Quinto, de la divergence constatée entre le niveau faible du taux directeur de  la Banque Centrale et le niveau relativement élevé des taux d’intérêt débiteurs des banques commerciales. Ainsi, le niveau élevé de taux d’intérêt débiteurs procède de plusieurs facteurs dont: le fonctionnement non optimal de la centrale des risques ; les coûts relativement élevés des charges d’exploitation des banques ; le caractère oligopolistique du système bancaire congolais.

Le gouvernement est en  train de lever, avec la Banque Centrale, ces contraintes expliquant le différentiel important entre le taux directeur et le taux débiteurs par : la finalisation de la centrale des risques fonctionnant en temps réel; la résolution progressive du problème de déficit énergétique; l’amélioration du climat des affaires à l’effet d’attirer de nouveaux investisseurs dans le secteur et résorber le caractère oligopolistique du secteur.

L’expression au taux du jour a disparu

S’agissant des préoccupations relatives aux bénéfices de la stabilité du cadre macroéconomique sur la population, Matata Ponyo a rappelé que la stabilité macroéconomique est, pour un pays qui ambitionne une forte croissance, ce que la fondation est pour une maison en construction.  La stabilité du cadre macroéconomique profite réellement à la population, en ce qu’elle permet de consolider son pouvoir d’achat. Elle constitue également un élément clé dans les décisions d’investir des agents économiques.

Avec un taux de change du franc congolais stable depuis près de six ans, l’expression « au taux du jour » a disparu du langage de tous les congolais. Ce n’est pas un fait du hasard. S’agissant de la mobilisation des recettes ainsi que la qualité de la dépense, les Honorables Députés ont principalement observé la contreperformance dans la mobilisation des recettes sur la période du quinquennat, soit 26 milliards contre les 48 milliards anticipés

Quel bilan établir dans l’exécution du programme d’action du gouvernement 2012 – 2016 au regard de la contreperformance dans la mobilisation des recettes (48 milliards contre 26 milliards environ 54%). Tout en partageant ces préoccupations sur la modicité des recettes publiques mobilisées, il sied de rappeler que celles-ci sont fonction de deux facteurs essentiels, d’origines interne et externe.

Au niveau interne, les efforts de mobilisation des recettes publiques reposent sur un faisceau de facteurs comprenant l’économie dans son ensemble, mais surtout sur une volonté politique coulée dans les dispositions accompagnant la Loi des finances, devant être mises en application par les différentes régies financières. Voilà pourquoi un effort a toujours été déployé, bien entendu au travers des réformes, pour rendre efficaces les régies financières dans leur mission.

Au plan international, nul n’est besoin de rappeler que l’économie congolaise, à l’instar de plusieurs autres économies en développement, reste encore tributaire de la demande mondiale des matières premières exportées. A cet effet, les efforts de mobilisation des ressources s’arriment, du moins pour l’instant, sur le dynamisme de l’économie mondiale.

Les assurances du Premier ministre

Matata Ponyo a réitéré l’engagement du Gouvernement de mettre en œuvre toutes les autres recommandations et suggestions pertinentes formulées, dont le suivi se fera à travers les lettres de mission assignées par le Chef du Gouvernement aux membres de l’équipe gouvernementale.

Ainsi, de ces échanges, il a retenu que le rêve commun de voir le pays se hisser au rang des pays où il fait bon vivre, qui offre les meilleures solutions aux problèmes auxquels fait face sa population. Cet objectif peut être atteint et cela tient essentiellement à notre volonté de réaliser effectivement ce rêve combien exaltant et passionnant.

« A la suite du Président de la République, qui a prôné la vision de l’émergence à travers la Révolution de la Modernité, il nous appartient, à vous Représentants légitimes du Peuple, à votre Gouvernement ainsi qu’à toute l’élite politique, de donner à notre population le bon exemple de discipline, de gouvernance, de détermination, de sacrifice et de rejet de toutes les antivaleurs qui sont devenues comme une seconde nature pour qu’ensemble nous puissions désormais avancer par des bonds significatifs pouvant nous permettre de sauter les plus d’obstacles possibles qui se dressent sur la route de notre développement, dès lors que l’Eternel nous a doté des ressources que nous envie le monde entier », dit-il.

Le Premier ministre a terminé son intervention en soulignant que ce qui a pu être fait hier devra être préservé et constituer la pierre angulaire de tous les efforts pour la longue marche résolue vers le développement de notre pays. Telle une course de relais, ce témoin devra être transmis de génération en génération pour que chaque tronçon parcouru soit une avancée de plus vers le destin de la République Démocratique du Congo. « Nous n’avons plus droit à la destruction de notre tissu économique comme cela a été le cas lors des pillages de triste mémoire que nous avons connus au début des années 1990 », conseille-t-il.

 

(JMNK)

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