Dialogue national: L’UE dévoile sa face

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  • Dans une déclaration locale rendue publique hier à Kinshasa, en rapport avec l’annonce du lancement du Dialogue national, l’Union européenne (l’UE), en accord avec les Chefs de mission de ses pays membres en République démocratique du Congo vient de révéler à quoi elle s’attend en recadrant en même temps les contours de cette grand’messe tant attendue
  • L’UE rappelle qu’elle est disposée à appuyer le processus électoral, une fois qu’un calendrier électoral révisé et un plan de décaissement crédibles auront été publiés. L’accent est donc mis sur la recherche d’un consensus politique à travers un processus inclusif, limité dans le temps et sur base d’un agenda précis en vue d’organiser des élections présidentielle et législatives en novembre 2016, pour tout dire

Jean-Michel Dumond sur RTGA World en septembre dernier

Se référant à l’annonce faite dernièrement par le Président de la République Joseph Kabila, en rapport avec son intention de lancer prochainement un dialogue national en République démocratique du Congo, l’Union européenne soutient et encourage cette démarche visant au plus haut point la recherche d’un consensus politique à travers un processus inclusif, limité dans le temps et sur base d’un agenda précis en vue d’organiser des élections présidentielle et législatives en novembre 2016.

A l’en croire, l’objectif à poursuivre dans la convocation de ce dialogue est la création des conditions d’élections libres et transparentes, une participation dans un esprit constructif de toutes les forces politiques et sociales est nécessaire.

C’est sans se voiler la face les mots traditionnels qui reviennent  pour dire que l’UE n’a pas évolué d’un seul iota sur cette question. Parlant du « consensus politique à travers un processus inclusif, limité dans le temps et sur base d’un agenda précis », cela revient à la mise autour d’une même table de tous les fils et filles du pays, décidés à se mettre d’accord sur le temps et le calendrier électoral. Mais ce qui est plus fort, c’est la conditionnalité de vouloir, en dépit de tout ce à quoi peut aboutir le dialogue, « organiser des élections présidentielle et législatives en novembre 2016 ».

Au menu du dialogue

En lisant la suite de cette déclaration, l’UE donne à son sens le cadre précis autour duquel devrait être axé les débats. Ceux-ci « devraient être précisément centrés sur les questions de calendrier, de financement, d’actualisation du fichier électoral et de sécurisation du scrutin dans le respect des échéances constitutionnelles que le peuple congolais s’est données lui-même dans la constitution », peut-on lire noir sur blanc.

Parlant du calendrier électoral, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a certainement l’obligation, en dépit de tous les changements enregistrés en son sein ces derniers temps, d’accorder les vues en vue d’en produire un qui soit susceptible de conduire le pays aux élections, souhaitées dans le respect de délais constitutionnels. Il va sans dire que le Gouvernement devra à cet effet mettre les moyens conséquents à sa disposition et veiller en même temps à la sécurisation du scrutin pour ne pas retomber dans les ratés enregistrés aussi bien en 2006 qu’en 2011. Cela passant par l’actualisation du fichier électoral. Celui-ci doit être sérieusement nettoyé : excluant les morts et autres intrus, mais privilégiant les nouveaux majeurs estimés à plus de 6 millions de Congolais.

Appui de l’UE au processus électoral

« Ce dialogue ne peut porter des fruits que s’il se déroule dans un climat politique apaisé permettant la liberté d’expression et de de manifestation pacifique », insiste les pays membres de l’UE à Kinshasa. Ils ont recouru à la charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance qui a défini clairement les principes essentiels d’un tel processus.

Mais à la question l’UE de savoir l’apport de l’UE audit processus, celle-ci rappelle qu’elle est « disposée à appuyer le processus électoral, une fois qu’un calendrier électoral révisé et un plan de décaissement crédibles auront été publiés ». Une manière de penser sans taper à côté que tant que la nouvelle feuille de route de la CENI ne sera pas clairement agencée, tant que les écritures comptables ne seront pas dignes de foi, la Rdc ne devra rien attendre de l’Union européenne dans l’organisation des élections à venir.

D’ailleurs, il y a de cela quelques mois, sur le plateau de la Rtga World, M. Jean-Michel Dumond, en sa qualité d’ambassadeur, Chef de délégation de l’Union européenne en RDC, affirmait que l’Union européenne a toujours dit qu’elle était prête à participer à l’organisation de ces élections. « D’ores et déjà, nous avons mis à disposition 6 millions d’€ d’une part dans une assistance technique à la Commission électorale nationale indépendante ; 5 de nos experts y travaillent en vue de la facilitation de l’organisation du travail, notamment sur les plans logistique et juridique », avait-il dit.

Et d’ajouter : « nous avons là 4,5 millions d’€ mis à disposition en vue de l’organisation pour l’observation, afin que ces élections se déroulent dans un climat apaisé ».

Toujours lors de cette émission, Jean-Michel Dumnd avait relevé un bon nombre de remarques qui ont été faites par les missions d’observation électorale de l’UE en son temps. Parmi les points importants : l’actualisation du fichier pour le rendre crédible. Le Président de la République lui-même y a fait allusion à plusieurs reprises ; la nécessité d’inscrire les nouveaux majeurs, sans doute plusieurs millions d’électeurs potentiels, compter les omis, tirer les morts, … ça va prendre du temps, mais il faut se préparer vite. L’actualisation du fichier nécessite d’envoyer un certain nombre d’émissaires, dotés d’un matériel d’enregistrement, de les recruter, de les former ; ensuite de passer à l’enquête sur place puis exploiter les données. C’est pourquoi il faut aller assez vite. « Ce n’est pas du tout question de repousser les scrutins. Il faut se presser pour ne pas être en retard ».

 

(Emmanuel Badibanga)

Ci-dessous, la déclaration de l’Union européenne dans son intégralité :

Déclaration locale de l’Union européenne suite à l’annonce du lancement du dialogue national

La Délégation de l’Union européenne publie cette déclaration en accord avec les Chefs de mission des pays membres de l’Union européenne en République démocratique du Congo.

Le Président de la République a annoncé son intention de lancer prochainement un dialogue national. L’Union européenne soutient et encourage la recherche d’un consensus politique à travers un processus inclusif, limité dans le temps et sur base d’un agenda précis en vue d’organiser des élections présidentielle et législatives en novembre 2016.

Afin de créer les conditions d’élections libres et transparentes, une participation dans un esprit constructif de toutes les forces politiques et sociales est nécessaire.

Les débats devraient être précisément centrés sur les questions de calendrier, de financement, d’actualisation du fichier électoral et de sécurisation du scrutin dans le respect des échéances constitutionnelles que le peuple congolais s’est données lui-même dans la constitution.

Ce dialogue ne peut porter des fruits que s’il se déroule dans un climat politique apaisé permettant la liberté d’expression et de de manifestation pacifique.

La charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance a défini clairement les principes essentiels d’un tel processus.

L’UE rappelle qu’elle est disposée à appuyer le processus électoral, une fois qu’un calendrier électoral révisé et un plan de décaissement crédibles auront été publiés.

 

 

 

 

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