Devoir de memoire : Tout était-il beau sous Mobutu ?

par -
0 169
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Le vieux maréchal s’est éteint voilà 20 ans au royaume du Maroc, loin de son Kawélé natal. Il a été et enterré dans le plus strict respect familial. Affaibli par le cancer de la prostate depuis quelques années, le « roi » du Zaïre a été abandonné de tous ses amis aussi bien nationaux qu’occidentaux, tel un fruit complètement sucé.

Deux décennies après, certains Congolais ayant tout oublié du régime dictatorial de 32 ans, souhaitent, s’il était possible, que Mobutu revienne les diriger. Comme quoi, la mémoire humaine est courte et oublie vite. Avant l’entrée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, Afdl, les Zaïrois étaient déjà fatigués de leur président, souhaitant alors son départ à n’importe quel prix. Le diagnostic dressé en son temps par la Conférence nationale souveraine, CNS  a été fort expressif.

Rien ne marchait et sur tous les plans. Les billets de la banque centrale à valeur faciale très élevée coulaient à flot sur le marché, mais ne résolvaient aucun problème. L’inflation galopait chaque semaine. Le panier de la ménagère intenable. De longues files dans les stations de vente de carburant. Sur le plan sécuritaire, la situation n’était pas rose non plus. On parlait des enlèvements à travers le phénomène hiboux. Les agents et fonctionnaires de l’Etat n’étaient pas bien traités. Ils étaient tout le temps en grève. Le chômage avait atteint son paroxysme.

Mobutu, après avoir suscité tant d’espoir avec son discours du 24 avril 1990, s’est mis à multiplier de stratégies pour torpiller le processus électoral, allant d’un premier ministre à un autre. Tous les noms furent trouvés pour nommer les différents gouvernements : de large union nationale, de combat, de transition, de consensus national…

Ce n’est pas un hasard si Nguz a karl-i-bond avait surnommé Mobutu ‘’le mal zaïrois’’. Plusieurs fois, Etienne Tshisekedi avait fustigé la gestion catastrophique de l’homme qui confondait sa poche au trésor public. Avant sa fuite, Mobutu avait vidé toutes les caisses, du reste n’avaient plus grand-chose. Le pays était pillé de fond en comble par les dignitaires sans foi ni loi qui se sont vite convertis dans la kabilie aujourd’hui, profitant de la naïveté de ce peuple qui oublie vite.

Certes, les congolais ne vivent pas bien aujourd’hui. Ils ne mangent pas à leur faim. Ils sont au chômage et peinent à nouer les deux bouts du mois. Les discours de la classe politique actuelle ne sont pas  suivis d’actes concrets.

Certes, l’unité nationale et l’intégrité du pays ont été les chevaux de bataille du Maréchal du Zaïre, certes avec la territoriale de non-originaires, l’aigle de Kawelé a permis à chaque Congolais de vivre partout où il pouvait sur le territoire national, mais de là à penser que Mobutu avait bien dirigé le pays, il y a matière à discuter. Il est de même du régime actuel que les uns et les autres critiquent à longueur de journée. Ceux qui souffrent de tous les maux de la gouvernance du pouvoir actuel, oublieront sous peu ces déboires face au nouvel arrivant.

Face à l’histoire, le peuple congolais doit demeurer lucide et neutre. Le temps ne doit pas lui faire oublier le bilan positif ou négatif d’un dirigeant. M’Zee Laurent Désiré Kabila, ne l’oublions pas, a été réellement désiré par la population qui en avait marre d’une dictature sanguinaire dont le monde était également fatigué. Que la misère actuelle ne fasse pas perdre le sens de l’histoire à la population congolaise. Il y a une réalité humaine à laquelle trop peu de gens échappent : l’homme élève le passé, glorifie l’avenir et déprécie souvent le présent.

( Simon Kabamba)

 

 

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse