Devant les organisations non gouvernementales et des médias: Le Représentant résident du FMI donne un aperçu de la situation économique en Rdc

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Aujourd’hui, au siège du Fonds monétaire international (FMI) à Kinshasa, devant les organisations de la Société civile et les médias, le Représentant Résident,  M. Philippe Egoumé présente les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne, édition d’octobre 2018, avec un focus sur la situation économique de la Rdc.

Mais bien avant cette présentation, retenons que selon une présentation de M. Emmanuel Gbadi Masiokpo sur les performances économiques de la Rdc devant les organisations de la société civile, le mercredi 27 juin 2018, l’année 2018 est non seulement électorale, mais aussi celle de lutte contre la maladie à Virus d’Ebola. Les activités économiques depuis 2016 se déroulent dans un contexte politique marqué par des contestations. L’épidémie d’Ebola vient de surgir pour la 9èmefois en RDC. Le pays fait face à un nombre important des déplacés internes suite aux conflits.

Dans son intervention, il a constaté que la période de croissance économique de la RDC soutenue, enregistrée depuis 2010, s’est arrêtée en 2015. Et d’expliquer que les années 90 ont été marquées par une baisse continue des activités productives (taux de croissance économique négatifs). Depuis 2002, les taux de croissance économique sont positifs (6,2% en moyenne pour 2002-2017). L’année 2009 a été marquée par un ralentissement suite aux effets de la crise financière mondiale. Avant 2016, les activités ont évolué dans un contexte de climat politique apaisé, de reprise de coopération structurelle avec la communauté internationale et des fortes hausses des cours des produits d’exportation de la RDC. La croissance économique a ralenti en 2016 suite à la baisse des cours des produits de base ; Il y a reprise modérée depuis 2017.

La croissance économique est principalement tirée par l’industrie extractive

En effet, depuis les années 70 jusqu’à ce jour, l’industrie extractive est le principal secteur porteur de croissance économique en RDC. La baisse sensible des activités agricoles des années 80 et la quasi-disparition de la production de l’industrie manufacturière au début des années 90 a renforcé cette dépendance à l’industrie extractive. Les pillages de 1991 et 1992 ainsi que les multiples conflits armés ont détruit l’industrie manufacturière de la RDC.

M.Emmanuel Gbadi Masiokpo note aussi que les cours du cuivre et du cobalt sont en augmentation depuis 2016. En effet, entre janvier 2016 et janvier 2018, le prix du cuivre a augmenté de plus de 57,9%. Celui du cobalt a augmenté de plus de 330% pendant la même période. Les producteurs sont davantage incités à produire. SICOMINES a entamé sa phase de production à fin 2016 et KCC a repris la production depuis 2017. Les exportations sont passées de 26 à 32 % du PIB de 2016 à 2017. Elles devraient atteindre 38% du PIB en 2018

Au même moment, la capacité de mobilisation des recettes s’améliore, mais elle reste en deçà de la moyenne de l’Afrique Sub-Saharienne. Les recettes sont passées de 13.2% du PIB en 2014 à 9,7% en 2017 et à 8.2% en 2018; Le Gouvernement ne recours plus aux avances de la banque centrale; La capacité de mobilisation des recettes en 2017 est restée faible aussi bien par rapport aux trois dernières années qu’à la moyenne de l’ASS.

Pendant ces temps, en ce qui concerne les recettes, le Gouvernement a pris des mesures pour accroitre les recettes publiques; Il s’agit notamment des recommandations des missions de contrôle effectuées par les membres du gouvernement dans les principaux postes frontaliers; Cependant, les recettes ont continué à baisser en dollars USD en 2017; Toutefois, les recettes réalisées de Janvier à Mai en 2018 ont augmenté de 63% par rapport à la période correspondante en 2017; Une partie de ces recettes sont constituées des impôts payés en avance par les entreprises minières.

Conclusion et recommandations

Au regard de tout ce qui précède, l’expert du FMI note que les performances macroéconomiques de ces trois dernières années ont été comme depuis les années 70, principalement dépendantes de l’industrie extractive; La hausse actuelle des cours des produits d’exportation de la RDC a boosté les activités productives, partant la croissance économique de la RDC; Les taux de croissance attendu en 2018 reste encore inférieur à ceux des trois dernières années; Les incertitudes politiques risquent de compromettre les performances économiques de la RDC ; La RDC devrait mettre en place une stratégie de diversification de son économique pour éviter de ne dépendre que d’un secteur d’activité; Elle ferait mieux de constituer le fonds stratégique afin d’épargner pendant les périodes de boom dans le secteur minier et utiliser ce fonds pour anéantir les chocs externes probables en cas de baisse des prix de ses produits de base; Améliorer la gouvernance, notamment à travers la mise en place d’une stratégie de lutte contre la corruption serait souhaitable.

JMNK

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