Maman Sidikou « On ne peut pas avoir les élections le 27 novembre 2016 »

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Mama, Sidikou lors d' un point de presse, jeudi 14 juillet à Kinshasa. Ph. JMNK
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*Pour le Chef de la Monusco, si les Congolais veulent aller aux élections en 2016, il faut une révision partielle du fichier électoral qui prendrait neuf mois et demie. Mais on dépassera quand même  le terme du mandat de l’actuel Chef de l’Etat ou alors, on fait une révision complète qui prendra dix mois, selon les experts Onusiens et douze mois d’après la CENI.  Ensuite, les Congolais décideront de quand ils veulent avoir les élections. En tout état de cause, on ne peut pas avoir les élections le 27 novembre, selon les experts

*Dans ce contexte, seul un dialogue est incontournable pour éviter les risques de rechute dans une instabilité politique et le recours à la violence.  « Il est de ma responsabilité d’alerter les uns et les autres que nous ne pouvons pas nous permettre d’hypothéquer les énormes investissements consentis par le peuple congolais avec le soutien de la communauté internationale au cours des 17 dernières années pour asseoir la paix et la stabilité en Rdc », insiste Maman Sambo Sidikou, avant de souligner que s’agissant de la situation politique, les efforts déployés pour aider à débloquer l’impasse autour du lancement du dialogue et du processus électoral commencent à porter leurs fruits

C’est pour la troisième fois que Maman Sambo Sidikou, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la Monusco, se retrouve face à la presse. Pour cette fois-ci, il a planché sur la situation politique, avant de parler de la situation sécuritaire dans l’Est de la Rd Congo et de quelques développements connexes. Sur le plan politique, il est revenu sur l’impasse autour du processus électoral et les efforts visant à faciliter le lancement d’un processus de dialogue politique crédible et inclusif.

Comment contourner le blocage ?

C’est ainsi qu’il a révélé, en ce qui concerne le délai constitutionnel, que ce soient les experts des Nations Unies venus de New-York pour voir la faisabilité du fichier électoral, que ce soit la CENI, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ou les experts de l’IFES, tous disent, à moins qu’il y ait consensus d’aller aux élections avec le fichier électoral corrompu, sinon, on ne peut pas avoir les élections le 27 novembre 2016.

Pour contourner ce blocage, il y a un plan B, qui aura du mal à se réaliser et qui consiste à la révision partielle du fichier électoral.  « Il y a une autre option, c’est d’avoir une révision partielle qui prendrait neuf mois et demi, mais évidemment, on dépassera le terme du mandat actuel du Chef de l’Etat ou alors, on fait une révision complète qui nous prendra dix mois. Dix mois que nous disent nos experts à nous, douze mois que dit la CENI parce que ce n’est plus les seize mois, ils parlent désormais de douze et douze mois que dit aussi IFES, le groupe américain, ça nous amène à près d’une année pour finir le fichier électoral. Ensuite, vous déciderez vous les congolais de quand, vous voulez avoir les élections ».

A la question de savoir, pourquoi la communauté internationale insiste-t-elle sur le respect du délai constitutionnel ?  « C’est dans l’ordre des choses que tout le monde appelle au respect des textes mais s’il y a des cas de force majeure ou des questions techniques qui se posent, il faut se mettre ensemble pour trouver des solutions à cela. Mais la même communauté internationale qui appelle au respect du délai constitutionnel appelle aussi la classe politique à dialoguer parce que nous savons que l’alternative n’est pas bonne pour le peuple congolais, pour la région, la paix et le monde. »

Des signaux positifs pour le dialogue

Dans son speech, le n°1 de la Monusco a rappelé tous les contacts que le Groupe de soutien à la facilitation a eus, en vue de baliser le chemin vers le dialogue, mais aussi la dernière session du Conseil de sécurité. A l’en croire, s’agissant de la situation politique, les efforts déployés pour aider à débloquer l’impasse autour du lancement du dialogue et du processus électoral commencent à porter leurs fruits. De plus en plus les lignes commencent à bouger et un large consensus se dessine progressivement sur l’impératif du dialogue pour surmonter l’impasse actuelle.

Pour lui, les enjeux sont énormes et le dialogue est incontournable pour éviter les risques de rechute dans une instabilité politique et le recours à la violence. Pour les Nations Unies, seul un dialogue inclusif et crédible entre les parties pérennantes congolaises permettrait de désamorcer les tensions actuelles, surmonter l’impasse électorale et prévenir la violence.

C’est dans cette optique que la Monusco a commencé à prendre toutes les dispositions, en étroite collaboration avec l’Union africaine et les autres partenaires, pour le détachement d’experts sollicités par l’Union Africaine en vue de renforcer l’équipe de l’ancien Premier ministre Edem Kodjo. Il s’agit de trois spécialistes en questions politiques, en communication et pour les questions électorales envoyées par les Nations Unies et un expert en matière constitutionnelle fourni par l’OIF. Deux experts sont déjà à Kinshasa depuis plus de deux semaines.

Au regard de tout ce qui a été dit, Maman Sambo Sidikou a avoué qu’il est de sa responsabilité d’alerter les uns et les autres que nous ne pouvons pas nous permettre d’hypothéquer les énormes investissements consentis par le peuple congolais avec le soutien de la communauté internationale au cours des 17 dernières années pour asseoir la paix et la stabilité en Rdc. Et dans le contexte actuel, toute action, toute initiative ou même toute perception d’atteinte aux droits constitutionnels des Congolais ne feront qu’alimenter davantage les tensions. C’est la raison pour laquelle il a encouragé les autorités congolaises à prendre des mesures pour décrisper la situation actuelle. Dans le même ordre d’idées qu’il a toujours encouragé les leaders des divers plates-formes et partis d’opposition à faire preuve de responsabilité dans l’exercice des droits et libertés de manière à ne pas attiser les tensions qui pourraient plonger le pays dans une violence aux conséquences désastreuses.

(Jean-Marie Nkambua)

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