Devant la Cour opérationnelle militaire du Nord-Kivu: Le Colonel Kachanzu Hangi accusé de renseigner et de ravitailler les ADF

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Le Colonel Kachanzu Nzama Hangi, Officier Supérieur des FARDC affecté au département logistique (T4) des Opérations Sukola 1 est poursuivi avec le nommé Aruna Kiza (civil). Les deux prévenus comparaissent dans la cause instruite par la Cour Militaire Opérationnelle du Nord-Kivu, siégeant en foraine à Beni, sous le n° RP152/2017.

Dans la décision de renvoie (acte d’accusation) du Ministère public, le Colonel Kachanzu Hangi et Aruna Kiza sont formellement inculpés de: participation à un mouvement insurrectionnel, de  violation des consignes (pour Kachanzu) et d’incitation des militaires à commettre des actes contraire au devoir et à la discipline (pour Aruna).  Au cours de la première audience d’instruction du 14 février courant, revenant sur l’identité de l’Officier mis en accusation, le Ministère publique a posé 3 petites questions dont les réponses (du prévenu) ont surpris toute l’assistance. Il s’agit de questions suivantes: Col Kanzanzu, depuis quelle année avez-vous intégré l’armée de la RDC; dans quel Centre d’instruction avez-vous été formé? Réponse: En 1978, au Centre d’Instruction Militaire de Rumangabo ; Qui fut votre Commandant Centre? R. Je ne sais plus, j’ai oublié ; Pouvez-vous citer 2 ou 3 compagnons d’armes de votre promotion? R. Je ne me rappelle plus.

Au regard de la grande surprise du public, l’Officier du Ministère public s’est obligé de donner à la Cour un bref aperçu sur la face cachée du prévenu Kachanzu Nzama Hangi. Selon le Général Major Mukuntu Kiyana Timothée, Ministère public dans ce procès, le Colonel Kachanzu n’a rien oublié. En réalité, dit-il, cet Officier n’a jamais été militaire formé en RDC. Il est Ougandais, militaire de l’UPDF (armée ougandaise) qui par la magie de la réunification et du brassage de l’armée s’est retrouvé au sein des FARDC.

A l’époque de la rébellion du RCD-KML, dit l’Organe de la loi, Kachanzu a été pris pour le compte de l’UPDF comme Assistant instructeur des combattants de l’APC (Armée du Peuple Congolais). Avec la réunification du pays, Kachanzu aura la chance de figurer sur la liste des militaires et Officiers du RCD-KML transmise au Gouvernement. Il  bénéficiera ainsi comme beaucoup d’autres, heureux promis, de la reconnaissance en grade par l’Ordonnance du Chef de l’Etat. Le Ministère public a rappelé qu’à ce titre, le prévenu est poursuivi comme Officier FARDC. Etant donné que notre armée doit assumer son histoire.

S’agissant de principales sources ayant attiré l’attention du Ministère public pour mettre en mouvement une action judiciaire contre le prévenu, le Général Mukuntu indique que les accusations accablantes contre le Colonel Kachanzu contenues dans le Rapport du Groupe d’Experts de l’ONU sur la RDC ont éveillé sa curiosité. Avec plus de précision, le Procureur militaire renvoie les prévenus à la page 45, point 200 du Rapport du 23 mai 2016 en rapport avec l’attaque de la localité d’Eringeti du 29 novembre 2015.

Ce rapport, souligne le Général Mukuntu, pointe du doigt le Colonel Kachanzu comme étant l’Officier FARDC ayant renseigné les ADF sur les positions FARDC ainsi que leur dotation/logistique, facilitant ainsi l’ennemi à opérer aisément. L’autre source du Ministère public, renchérit  le Général Timothée, c’est le Service de Renseignement Ougandais. Ce dernier avait alerté sur la présence en RDC d’un ravitailleur (en vivres, armes et munitions) des ADF, oeuvrant sous la couverture d’un Officier FARDC, le Colonel Kachanzu.

En amorçant ses enquêtes, le Ministère public va effectivement constater que les prévenus KACHANZU et Aruna se déclarent être des connaissances de longue date et liés récemment par une histoire de véhicule. Aruna déclare avoir vendu un véhicule au Col Kachanzu, véhicule acheté par lui à Kasindi d’un Ougandais, le nommé Kagwa. Pour l’Organe de la loi, non seulement il faudra qu’il soit prouvé l’entrée licite du véhicule en RDC pour tirer toutes les conséquences qui en résultent, mais aussi les prévenus devront s’expliquer sur les accusations en lien avec l’utilisation dudit véhicule pour ravitailler les ADF.

Au stade actuel, les deux prévenus clament leur innocence. Et, au cours des audiences qui se sont poursuivies lundi 27 et mardi 28 février courant, le Premier Président de Cour Militaire Opérationnel a donné  à chaque partie au procès l’occasion de présenter ses moyens, afin d’éclairer sa religion. Après l’audience d’hier mardi, la poursuite de l’instruction de la cause a été remise à mardi 07 mars prochain. La Cour fera comparaître le Sous-Directeur de la DGDA (Direction Générale de Douanes et Assises) ou son Délégué en vue de vider la question en rapport avec l’entrée licite ou non du véhicule faisant objet de la prétendue vente entre les 2 prévenus.

(JMNK)

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