Deux époques, deux réalités: La Fikin est passée de lieu touristique à celui d’expositions mortuaires

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La Foire internationale de Kinshasa, Fikin a subi une mutation qui l’a fait se démarquer de ses objectifs du départ, dont notamment celui d’offrir un cadre beau et attractif, dépendant du ministère du Commerce extérieur, pour des échanges multiformes. Les observateurs déplorent un manque de programme de relèvement de cet instrument. Une situation si embarrassante que le gouvernement congolais préfère s’en tirer en changeant d’optique. Ceci expliquant cela, la forme structurelle a été maintenue, les rapports avec la tutelle technique également. Toutefois sur le terrain, l’après-pillage de 1991 ne redonne rien à espérer quant à l’éventualité de relance. Les kermesses organisées quand viennent les grandes vacances, n’ont pu compenser le vide laissé par la vague maléfique de 1991.

De 1969 date de la première édition jusqu’en 1991, la foire de Kinshasa fonctionnait annuellement en rotation d’édition : nationale et internationale. Selon des estimations, le site forain et son parc, l’ensemble représentait en brut (le quartier Motel Fikin y compris), une surface avoisinant les deux-cents (200) hectares. Les visiteurs disposaient d’un large espace de déplacement  entre-deux pavillons, parmi la vingtaine alors disponible. La Fikin a été également un carrefour, un lieu de découvertes : le maïs sauté ou popcorn, les Kinois l’ont gouté à la Fikin. L’homme spectacle surnommé Toubi (un obèse hors-pair qui immobilisait d’une main une voiture en marche), a fait également le beau temps des visiteurs. « Jusqu’au milieu de la décennie soixante-dix, la Fikin n’avait pas son pareil sur l’étendue de l’Afrique noire. Progressivement, le manque de culture de planification de la part des gestionnaires a fait se ressentir les premiers effets. Certains pays invités à un rendez-vous d’exposition annuelle, préféraient répondre par un « non, merci ». La capacité d’attraction baissait graduellement, ce qui a amené les observateurs à déduire que le démantèlement de 1991 est venu parachever un processus de dégradation enclenché une décennie plus tôt.

 

Quand la conjoncture dicte des habitudes : la Fikin devenue lieu d’expositions  mortuaires

Dans sa vocation de cadre d’accueil des visiteurs solitaires et des délégations en vue du tourisme et des échanges, la foire de Kinshasa ne sait plus brandir cet atout, pour maximiser les recettes. Son étendue foncière n’est plus celle du début. Et dans cet ordre d’idée, il appert clairement que les milieux d’affaires acquéreurs d’espaces sur ce site, n’ont pas le même  cahier de charge que la société Fikin. La statue « le batteur du tam-tam», œuvre du céramiste octogénaire Lufwa et la grille métallique de cette concession entretiennent, l’une et l’autre, la nostalgie d’un passé irrémédiablement perdu.

Pour l’heure, le comité de gestion de la foire de Kinshasa  doit ses recettes aux sollicitations de familles éplorées en quête de lieu d’exposition mortuaire. Des partis politiques et des regroupements de la société civile y négocient de l’espace, pour contenir leur public.

Tout compte fait, la Fikin dans la configuration d’avant 1991, n’est que souvenir. Les Kinois apprendront à leurs dépens, la dimension morale et matérielle de leur  bourde collective de la vague de pillage respectivement de 1990 et 1991. Plus d’une génération de l’après-ces dates angoissantes n’auront pas connu de foire. Elles n’auront pas non plus vécu l’époque où le « mutu ya taxi » (pour dire le taximan) était au service de la clientèle et non le contraire, comme cela est le cas depuis  les trois dernières décennies.

En somme, le gouvernement a vocation de réguler la vie nationale. Si cette institution veut, elle peut. Car « vouloir, c’est pouvoir », dit un adage. Quand bien même l’étendue physique de « l’ancienne » foire de Kinshasa  auraient connu une mutation, un programme de relance pourrait, des partenaires s’impliquant, donner corps à d’autres réalisations captivantes.

« La FIKIN est l’ombre d’elle-même »

L’article qui suit a paru lundi 14 août, sous la plume de JM Nkambua, Directeur de publication de L’Avenir.

Ouverte depuis le 28 juillet 2017 pour se clôturer le 28 août prochain, la Foire internationale de Kinshasa, FIKIN placée sous le thème « L’économie au service du social » n’est que l’ombre d’elle-même. Une simple balade permet à tous les visiteurs de se rendre compte que cette édition ne connaît pas tellement d’engouement, à telle enseigne que les sociétés commerciales habituées à exposer leurs services ont brillé toutes par leur absence. Comptées au bout de doigt, les quelques entreprises du portefeuille qui ont pris le risque d’acheter des stands à la FIKIN, passent la majeure partie de leur temps à se tourner le pouce, parce que les visiteurs ne sont pas au rendez-vous.  Soit, un manque-à-gagner important. Seule une société de télécommunication peut se frotter les mains, surtout que ses investissements sont non seulement visibles, mais aussi tendent à offrir les jeux et autres distractions aux enfants occasionnels. C’est cette société qui organise des concerts, dans la finalité est d’attirer les Congolais.

Qu’est-ce qui serait à la base de cette morosité constatée lors de cette édition ? Nombreux sont les Congolais qui haussent le ton et condamnent la concurrence déloyale dont est victime la Fikin. Sinon, comment expliquer que pendant que la Foire internationale est ouverte, l’on assiste à des kermesses dans toute la ville province de Kinshasa : la Foire des solidarités à l’esplanade du stade des Martyrs et la Foire agricole bientôt ouverte à l’Académie des beaux arts (ABA).Et ces Congolais ne comprennent pas comment et pourquoi l’Etat peut aller en guerre contre l’Etat.  De même, qui a permis aux structures privées d’ouvrir des « Foires parallèles » ? Pourtant, connaissant déjà que la FIKIN éprouve d’énormes difficultés et  a beaucoup perdu de son aura, comparativement à la période de vache grâce qui est à conjuguer au passé, le Gouvernement allait mettre tous les moyens à sa disposition afin de lui permettre de remplir ses missions.

Car, personne ne peut comprendre pendant que la FIKIN est opérationnelle, que des individus, voire des structures privées puissent s’illustrer à travers  des activités analogues. En plus, les Congolais font observer qu’il appartient à l’Etat congolais de faire respecter le monopole conféré à la FIKIN par la loi. Sinon, elle ne pourra rien faire que de fermer, parce qu’elle ne saura pas supporter la concurrence qui devient de plus en plus rude. Pouvons-nous alors dire que l’Etat est à la base de la destruction de ses propres entreprises ? S’agit-il là de l’application de la loi du plus fort, ou bien ce sont quelques individus qui prennent l’Etat en otage ?

Un agent de la SONAS s’exprime

« Nous sommes à la FIKIN depuis l’ouverture, soit le 28 juillet dernier. L’ambiance est un peu stagnante, mais on essaye  de faire un effort », a indiqué un agent de la SONAS commis à l’explication des produits de cette entreprise et qui a requis l’anonymat, avant d’ajouter qu’à l’interne, il y a des gens qui essayent de pousser les autres à venir, mais nous savons que la publicité par rapport à cette édition de la FIKIN n’a pas été à la hauteur.  Et c’est comme ça que les visites sont ternes.

Il est confiant et pense que des gens viennent au fur et à mesure.  Mais il oublie vite que la FIKIN a ouvert depuis deux semaines. Cette situation risque de compliquer les entreprises exposantes, qui ne pourront pas remplir correctement leur mission. « En venant à la FIKIN, nous nous sommes dit que ça devait être une occasion pour nous de faire la pédagogie, donc d’atteindre la plus grande partie des gens. Il y a moins de gens, mais si on continue avec des concerts, il y a possibilité que les gens viennent », pense-t-il.  A l’en croire, les deux semaines restantes pourrait s’avérer déterminantes en termes d’afflux de visiteurs. Et ce, même si le problème est que la politique doit tout régulariser, d’autant plus que la FIKIN constituait un endroit où il fallait faire valoir les produits.

L’Etat congolais est donc interpellé, surtout que de par le monde entier, la Foire est une occasion pour non seulement les entreprises locales, mais aussi étrangères de venir exposer leurs produits. Si la publicité n’est pas tellement faite au profit de la Foire, c’est tout un pan de l’économie qui ne pourra pas fonctionner. La Fikin devant contribuer au budget de l’Etat doit être mise dans les mêmes conditions que d’autres foires du monde. Sinon, elle restera toujours ce canard boiteux, incapable d’attirer l’estime des Congolais. Et au finish, c’est l’Etat qui sort perdant.

(Payne )

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