Des maisons d’habitation dans des cimetières, une mode à Kinshasa

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A Kinshasa, des cimetières non officiellement désaffectés abritent des maisons d’habitation. C’est le cas du cimetière du Campus (vers Mbanza-Lemba) et des cimetières respectivement de Kimbanseke, Kinsuka, Kintambo. La pression démographique observable dans la capitale depuis une décennie et ses retombées sur l’habitat, poussent des particuliers à prendre des initiatives quelquefois risqués. C’est le cas du lotissement à proximité des rivières, sans tenir compte des périodes de hautes eaux. Il y a également des taudis érigés à la clôture d’écoles officielles, et qui se muent sournoisement en propriétés foncières. En effet, les sites abritant les écoles officielles de la commune de Matete offrent un spectacle désolant. Dans le même ordre d’idée, l’avenue De la paix, en partant du Pont Matete, a souffert de quelque relâchement complaisant de l’autorité, au même titre que bien d’autres espaces publics dans la capitale.

En somme, le respect des infrastructures et des espaces publics est un problème de culture que maints agents de l’Etat s’emploient à résoudre au gré des arrangements. De là à déduire que l’élite congolaise joue un rôle qui le disqualifie dans la déliquescence du pays, le pas est vite franchi. Ceci est d’autant curieux que le spectacle tel que sus-décrit de l’avenue De la Paix, s’assimile à celui observable sur un site loti par des particuliers, dans l’enceinte même de la concession de l’Onatra (actuelle Société congolaise des transports et des ports, SCTP), à un arrêt de train de la gare de N’Dolo. L’Hôtel de Ville qui avait pris, voilà un temps, une initiative courageuse d’évacuer les occupants anarchistes, assiste à ce jour abasourdi à l’aliénation des installations ferroviaires. Comme qui dirait : « Chasser le naturel, il revient au galop ».

Quand les familles installées dans des cimetières supportent les nouveaux enterrements

Les particuliers qui érigent dans des sites abritant des cimetières, se disent en eux-mêmes : « comme l’Etat traîne les pas, occupons les lieux, afin de l’inciter à les déclarer espace à lotir ». De son côté, l’Etat qui ne partage pas nécessairement pareil entendement, interdit l’activité d’enterrements sur le site, sans se prononcer sur l’avenir de cette étendue. Il se fait qu’un langage des sourds s’établit : des habitations s’accumulent, de nouveaux enterrements s’effectuent anarchiquement.

Depuis quelque temps, en effet, des voix s’élèvent pour interpeller les Congolais, du sommet à la base, à valoriser ces lieux où reposent des compatriotes. Car d’un coin à l’autre à travers le pays, les cimetières reflètent un état d’abandon, pourtant ce sont par essence des lieux touristiques qui devraient faire l’objet d’attention, comme l’a indiqué un père de famille : « Le cimetière Nécropole de la N’Sele échappe aux petites bourses et passe pour un lieu réservé aux nantis. Mais que représente cet unique endroit pour un pays aux dimensions d’un continent ? », s’est-il interrogé. Le peuple congolais devrait faire preuve d’élévation, en adoptant une disposition culturelle qui lui fasse enterrer ses morts, selon des normes dignes des temps actuels. Et cela va de la mise en bière à l’enterrement proprement dit. Le cas échéant, ce serait pour l’élite et les communautés locales une envolée, loin du pied de la pyramide humaine où elles se localisent bon gré malgré. Car dans le concert des nations, les communautés locales considèrent les cimetières comme véritablement un patrimoine touristique qu’il importe de valoriser. Dans des provinces, les élites politiques autochtones ont l’avantage d’organiser la bonne gestion et la modernisation des cimetières, autant qu’elles sont appelées à   consacrer pensée et énergie à la régénération de leurs entités respectives. « Et c’est facile de comprendre les raisons qui empêchent même des notabilités ressortissantes de ces  recoins de la République de jouir de l’honneur posthume de reposer pour l’éternité, dans leur terre natale », a déploré un observateur.

(Lepa)

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