Des journalistes évaluent le Projet PEPFAR à Lubumbashi

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Une délégation de journalistes de Kinshasa est descendue à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, du 26 juillet au 3 août 2016. C’était pour évaluer sur terrain l’initiative PEPFAR, qui est un Plan d’Urgence du Président américain pour la lutte contre le Vih/Sida.

Partant des hôpitaux et des centres de santé, en passant par des couloirs de professionnels du sexe (PS) et Mal Sexual Male (MSM ou homosexuel) en chutant sur les agences qui perçoivent les fonds de PEPFAR à travers les agences américaines telle que l’USAID, les professionnels des médias ont tâté du doigt l’apport de cette initiative américaine dans cette partie de la République démocratique du Congo.

Une fois sur place, les journalistes, accompagnés par Larissa Diakanua, assistante en communication à l’Ambassade des USA à Kinshasa, ont été accueillis par le Dr Lucien Kalenga, qui a guidé et a pris les contacts nécessaires afin que les visites se réalisent sans ambages. ICAP, Provic, FHI360, EGDAPF et la Ministre provinciale de la santé de cette provinciale ont constitué la clef des visités qui ont amené les visiteurs à parcourir presque tout Lubumbashi.

ARV sans nutrition tue le malade

Première descente, le siège du Programme d’implémentation et de  prise en charge des Vih (ICAP). Avec son coordonnateur Pablo Ngwej, qui gère à lui seul, près de 80 sites dans cette province, de la prévention jusqu’à la prise en charge des patients de Vih, tout en mettant beaucoup l’accent sur les PS et MSM.

A en croire ce coordonnateur, son Organisation appuie en intrants les Institutions d’enseignement médical de Kamalondo et celui du niveau supérieur de Lubumbashi en matériel des bureaux, kits informatiques, mannequin, bibliothèques, sans oublier l’octroi des bourses à deux-cents (200) élèves et étudiants chaque année.

Au Centre hospitalier St François d’Assise dans la commune annexe : les activités sur le VIH se concentrent sur le dépistage Conseil et prévention du VIH (DCP) et la Prévention de transmission de la mère à l’enfant  (PTME). Dirigée par une religiueuse catholique, ce centre de vaste étendue propose également de prise en charge de PVV sur le plan psychologique et se prépare également à lancer la campagne de vulgarisation dans la communauté du statut sérologique. Flory Ntambwe, infirmier de son état, a affirmé que depuis 2012,  ce centre hospitalier a mis sous Arv 159 malades.

La Sœur religieuse qui a déploré le financement minimum que son centre perçoit depuis un temps, a posé un vrai problème nutritionnel des PVV, qui bien souvent, après avoir ingurgité les médicaments, n’ont rien à mettre sous la dent. Ce qui pose d’énormes difficultés aux traitants. Et elle a émis un souhait de voir PEPFAR s’étendre sur l’angle nutritionnel, au-delà de la simple lutte.

Des MSM et PS s’expriment 

Cap vers le Centre de dépistage et de Traitement des Ist (CDTI) dans la commune populaire de la Katuba. Cette structure spécialisée dans la prise en charge des personnes infectées des Ist, infections pathologiques et de leurs familles. Le Dr Peterson Lwimbia, gestionnaire de ce centre de santé, a confirmé que son institution à vocation généraliste, travaille avec 15 pairs navigateurs pour 3 zones de santé qui, ces derniers n’ont pas de salaires si ce ne sont des primes d’encouragement, pour approcher des communautés lointaines.

Certaines PS vivant avec Vih ont pris le courage de passer devant les médias pour remercier le projet PEPFAR puisqu’elles reçoivent les ARV gratuitement et autres préservatifs à part d’autres formes  accompagnements. Quant aux MSM, eux, déplorent seulement le traitement qu’ils subissent dans la communauté où ils vivent. Nombreux parmi eux cachent leur choix dans leur famille biologique et sont prêts à abandonner cette vie.

« Lutte contre VIH doit être la porte d’entrée le traitement d’autres maladies »

Le 3ème jour, c’est le Médecin Inspecteur provincial de la santé qui a offert son hospitalité aux journalistes. Eric Mukomena reconnait volontiers qu’il y a une nette amélioration dans l’éradication de cette pandémie dans le Haut-Katanga. Plusieurs patients atteints de VIh sont sous Arv, mais pour lui, « la lutte contre le Vih doit être la porte d’entrée pour renforcer le système de santé et pour traitement des autres maladies ».  Répondant à une question sur la contribution du gouvernement congolais dans ce combat, Erick Mukomena n’a pas mâché ses mots, en disant qu’aucun pays africain ne pouvait supporter seul le combat de la lutte contre le Vih/sida ».

Le Programme du Vih/Sida Intégré au Congo (PROVIC) et le Programme Approuved Technologie for Health collaborent avec 8 zones de santé et 108 centres sanitaires en équipement labo, bureaux, équipements. C’est à l’hôpital Général de référence Kamalondo, auquel Provic apporte l’appui depuis 2009, que le médecin principal a révélé que la tuberculose est au Sida une porte d’entrée, puisque sur vingt tuberculeux, treize sont testés positifs.

Le coût du financement dérange et reste tabou

Au bureau de FIH360, avec le projet Linkages, il est montré noir sur blanc que le PEPFAR compte plus malades dans les centres de santé que dans les hôpitaux. Et ce projet Linkages est dirigé par un consortium d’ONG dont FHI 360, PATH. Rien que pour la sensibilisation, le projet Linkages reçoit annuellement une enveloppe de 2.5 millions de dollars. Wold Production, qui est une ONG des droits congolais, travaille en partenariat avec Linkages et s’occupe spécifiquement des populations clefs PS et MSM avec quatre thèmes à la base : Vih, Ist, violence sexuelle et planning familial avec un Drop In Center (DIC) bien aménagé pour créer un climat propice. Le taux de prévalence du sida dans cette province est de 1.2%.

L’argent ne sert qu’aux gros calibres !

Le Dr Jean Kayembe du Programme national de lutte contre le Sida a plaidé pour qu’il y ait mensuellement un atelier pour l’harmonisation des données récoltées sur terrain.  Le numéro un provincial de cette lutte a constaté une différence dans les données avancées par les agences d’appui et les zones de santé.

Elisabeth Glazer Pediatric Aid Foundation, cette Ong internationale des droits américains vise aussi une génération sans Sida. Béatrice Ilunga, Managère provinciale travaille avec les militaires dans la prévention, le dépistage, la prise en charge surtout dans la 22ème région Militaire.

Il est important de l’indiquer, que partout où les journalistes sont passés, il était difficile d’avoir le montant reçu. S’il n’y a pas de tâtonnement, les rares personnes ont cité une enveloppe nationale de 60 millions d’euros. Ceci fait comprendre directement que l’argent reste un tabou. Pendant ce temps, une vraie maffia s’est installée derrière ce fonds PEPFAR.

 

(Onassis Mutombo, De retour de Lubumbashi)

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