Dernier rapport du BCNUDH: L. Mende désapprouve

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Une démarche tendancieuse et biaisée

*Un rapport des Nations Unies publié mardi met en exergue une répression inquiétante de l’opposition, des médias et de la société civile en République démocratique du Congo (RDC) depuis le début de l’année et souligne la nécessité de garantir les droits civils et politiques avant la tenue d’élections clés. Au total, le rapport documente 143 violations des droits de l’homme en lien avec le processus électoral

*Réagissant à ce rapport, Lambert Mende, ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, a dit qu’il ne conteste pas les faits, mais la méthodologie utilisée par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme et la Monusco, qui donnent l’impression de vouloir peindre tout en noir en Rdc pour des raisons inavouées, comme s’ils voulaient rester indéfiniment en Rdc. Et ce, surtout parce qu’ils ne donnent aucune information concernant les efforts réels du Gouvernement congolais pour sanctionner ceux qui violent les droits de l’homme

Un rapport des Nations Unies publié hier mardi met en exergue une répression inquiétante de l’opposition, des médias et de la société civile en République démocratique du Congo depuis le début de l’année et souligne la nécessité de garantir les droits civils et politiques avant la tenue d’élections clés.

Ce rapport préparé par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme en République démocratique du Congo (BCNUDH), documente des violations des droits de l’homme en relation avec le processus électoral perpétrées entre le 1er janvier et le 30 septembre 2015, dont des exécutions sommaires, des menaces de mort, des arrestations et détentions arbitraires, une utilisation excessive de la force par les forces de sécurité et des restrictions au droit aux libertés d’expression et de réunion pacifique.

« Cette tendance de restrictions à la liberté d’expression et d’atteintes à la sécurité de ceux qui expriment des opinions critiques concernant les actions du gouvernement, dénote un rétrécissement de l’espace démocratique susceptible d’affecter la crédibilité du processus électoral », dénonce le rapport.

Au total, le rapport documente 143 violations des droits de l’homme en lien avec le processus électoral. Le rapport montre que la majorité des violations ont eu lieu dans des provinces où les partis d’opposition et la société civile se distinguent particulièrement. Il s’agit notamment des provinces de Kinshasa, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Kasaï oriental.

Au moins 649 personnes ont été arrêtées et détenues arbitrairement en relation avec le processus électoral pendant les neufs premiers mois de l’année. La plupart se sont vues refuser toute communication avec leurs familles et leurs avocats. L’ANR est principalement responsable de ces arrestations arbitraires et détentions illégales, le plus souvent « au secret ».

« Les arrestations et détentions arbitraires, en particulier d’opposants politiques, de membres de la société civile ou de manifestants, constituent un moyen récurrent d’intimidation utilisé par les forces de l’ordre pour limiter les libertés d’expression et de réunion pacifique », affirme le rapport.

Le rapport alerte également contre l’instrumentalisation de la justice. « Les ingérences politiques dans les procès et le peu de progrès dans les poursuites judiciaires de certains démontrent l’instrumentalisation de la justice en vue de faire taire les personnes concernées et a pour effet d’intimider la société civile en général », soutient le rapport. Le rapport salue l’accord passé entre la Commission électorale nationale indépendante et la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) pour faire le suivi et enquêter sur les allégations de violations des droits de l’homme avant, pendant et après le processus électoral. Il reconnait aussi certains progrès en matière de lutte contre l’impunité. Cependant, aucune enquête ou procédure légale n’a été jusqu’à présent ouverte sur les violations en lien avec le processus électoral en cours.

Kinshasa conteste formellement

« Nous ne contestons pas les faits, mais la méthodologie utilisée par les deux organisations qui donnent l’impression de vouloir peindre tout en noir en Rdc pour des raisons inavouées, comme s’ils voulaient rester indéfiniment en Rdc, parce qu’ils ne donnent aucune information concernant les efforts réels de notre Gouvernement pour sanctionner ceux qui violent les droits de l’homme », rétorque Lambert Mende, qui insiste sur le fait que les cours et tribunaux congolais fonctionnent en plein rendement pour sanctionner les agents publics du Gouvernement qui sont auteurs des violations des droits de l’homme.

Il sied de souligner que partout dans le monde, il y a toujours les agents du Gouvernement qui violent les droits de l’homme. « Tout ce qu’on demande à des structures comme des bureaux conjoints des Nations Unies pour les droits de l’homme, c’est d’aider le Gouvernement à faire réprimer ces types de violations, parce qu’on ne vit pas sur un paradis », a ajouté le ministre, joint au téléphone par la Radio Rtg@.

Et de préciser : « Nous pouvons avoir des agents qui commettent des violations sur leurs concitoyens, pourquoi ils rendent seulement compte des violations, et non des efforts que le Gouvernement fait pour sanctionner ces violations ? C’est là où nous trouvons qu’il y a un agenda caché de leur part et que nous contestons formellement leur méthodologie qui n’est pas conforme aux intérêts de notre pays ».

AU regard des accusations portés contre la Police nationale congolaise et l’Agence nationale des renseignements (ANR), Lambert Mende est catégorique. « Je n’ai pas dit que la Police et l’ANR sont de saints. Ce que je dis, les deux commettent des fautes, mais que le Gouvernement sanctionne ». C’était avant qu’il se pose cette question : « Pourquoi est-ce qu’il cache les efforts du Gouvernement quand il sanctionne la Police et l’ANR? (…) c’est parce qu’ils veulent rester au Congo, ils veulent mentir sur la réalité du Congo. C’est ça que nous contestons (…) Qu’il y ait des policiers qui commettent de choses, c’est tout à fait normal, même aux Etats-Unis d’Amérique il y a des policiers qui ont tué des gens, on les sanctionne, mais on ne peut pas avoir une société où les policiers ne se comportent pas mal », dit-il.

Selon lui, ce qui est inquiétant, c’est si l’Etat ne réagissait pas à ce type de comportement. Or ici, l’Etat réagit, l’Etat sanctionne. Malheureusement, le Bureau conjoint des Nations Unies et la Monusco taisent cela. C’est ce que déplore le Gouvernement congolais, avant de déduire, qu’il y a un agenda caché et les Congolais doivent connaître cela.

Des recommandations

« J’exhorte les autorités congolaises à garantir que les responsabilités pour les violations graves des droits de l’homme documentées dans ce rapport soient établies », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

« Ceci est d’autant plus important que la RDC se dirige vers une période électorale très dense. Pour que les prochaines élections soient crédibles et pacifiques, les autorités doivent garantir que tous les citoyens, indépendamment de leurs opinions politiques, puissent pleinement participer à un débat ouvert et démocratique et que les militants de la société civile, les professionnels des médias et les opposants politiques puissent exercer leurs activités sans crainte », peut-on lire sur la liste des recommandations.

En fin, ce rapport attire l’attention sur le risque de violence électorale avant la tenue des élections elles-mêmes. « Je vais donc encourager les autorités congolaises et les partenaires internationaux à examiner attentivement les recommandations de ce rapport et à continuer d’entreprendre les démarches nécessaires pour garantir un processus électoral libre, juste et crédible », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Maman S. Sidikou.

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