Depuis l’UCL, Marie-Anne Misenga Dituanya désormais Docteur en théologie

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Depuis l’UCL, Marie-Anne Misenga Dituanya désormais Docteur en théologie

Elle vient d’être plébiscitée Docteur en théologie, à la faveur d’une thèse  intitulée : « L’élection d’Israël et son lien intrinsèque à l’alliance dans la Torah. Une étude synchronique », soutenue  le lundi 26 juin 2017 à l’Université catholique de Louvain (UCL), en Belgique.

 Marie- Anne Misenga, juste après la soutenance

Le  jury  était composé des professeurs Arnaud Join-Lambert (Président), André Wénin (Promoteur), Hans Ausloos et Didier Luciani (lecteurs), tous de l’UCL ;  ainsi que Dany Nocquet de l’Institut Protestant de Théologie de Montpellier (Correcteur externe).

La thématique

Le principal objectif de la thèse consiste à montrer comment élection et alliance divines sont liées afin de faire d’Israël le peuple appartenant à Dieu pour un service de type sacerdotal. Cette étude est une lecture délibérément synchronique du texte canonique hébreu dans sa forme massorétique. Avec les outils exégétiques que proposent la narratologie et la rhétorique sémitique, la  question essentielle y est explorée: quels rapports les textes qui fondent le statut d’Israël établissent-ils entre ces alliés de Dieu et les autres peuples de la terre ?

La thèse est structurée autour de 10 chapitres, en 3 parties.  La 1ère partie aborde la thématique dans la Genèse, plus précisément dans l’histoire d’Abraham. Le choix de celui-ci et le but pour lequel Dieu le met à part esquissent déjà un lien indissociable, bien que discret, entre élection et alliance. Y est ébauché aussi le rapport entre Dieu et tous les clans de la terre. Ce plan y dysfonctionne à cause de l’élu lui-même au contact des Égyptiens (Gn 12). Ensuite, pour que la dynamique d’alliance – bénédiction pour Abram, en Abram et à travers lui, pour ceux qui le béniront – qui est au cœur de l’élection puisse se mettre en place (v. 2-3), Dieu formalise la mise à part d’Abram par le pacte (Gn 15) scellé ultérieurement par le signe de la circoncision qui distingue le clan de son allié (Gn 17). Au sein de ce clan, Dieu choisit d’ores et déjà ceux qui seront plus tard son peuple.

Au centre de cette étude, il y a le récit de la rencontre au Sinaï (Ex 19,1–24,11 : 2ème partie). Là, Dieu offre à la descendance d’Abraham de devenir sa « part personnelle » (segoullah) en se liant à lui par une alliance qui le consacre comme un peuple de prêtres chargé de médiatiser la relation entre Dieu et les autres nations (19,5-6). Cet accord relève de la promesse faite au patriarche d’être bénédiction pour « tous les clans de la terre » (Gn 12,3), alors que l’élection vise l’établissement du lien perpétuel entre Dieu et la descendance d’Abraham (Gn 17,1-8). Le statut d’Israël s’appuie ainsi sur le pacte de Dieu avec l’ancêtre, tout en prenant un sens spécifique pour la descendance de ce dernier. Une fois l’invitation acceptée, Israël – à la fois une nation comme les autres, et distincte d’elles puisqu’elle est sainte – reçoit la loi des « dix paroles » qui vient sceller sa différence pour un service particulier au sein de l’humanité (Ex 19,10–20,21). Dans cette ligne, le code de l’alliance (Ex 20,22–23,19) développe ce qu’implique le statut de peuple élu dans ses relations avec Dieu, dans sa fonction de médiateur de la bénédiction et dans sa vie sociale. Mais, la fin du code introduit une tension dans la relation entre Israël et les nations.

La 3ème partie examine les prolongements de la thématique dans le Deutéronome, développant la question de l’identité du peuple d’Israël face à l’altérité des nations. De la même manière qu’en Ex 19,5-6, le statut du peuple élu y est affirmé en rapport avec tous les peuples de la terre (Dt 4,19-20 ; 7,6.7.14 ; 4,6-8 ; etc.). Sa singularité s’inscrit donc dans l’affirmation de l’universalité de son Dieu. Pourtant, la dimension universelle de l’alliance abrahamique (Gn 12,3) et l’idée du rôle sacerdotal d’Israël au milieu des nations (Ex 19,4-6) semblent ignorées en Dt 7. On doit constater une tension importante entre deux éléments à première vue contradictoires : d’abord, dans l’alliance sinaïtique (Ex 19,1–24,11), Dieu se révèle à Israël pour un service de médiation en vue de rendre présente sa bénédiction parmi les nations ; ensuite, selon Dt 7 ; etc., certaines de ces nations – celles qui occupent le pays promis – doivent être « vouées à l’interdit, à l’anathème » (ḥérem, Dt 7,1-5.16-26 ; Ex 23,23b-33) par le même peuple élu. Mais, dans ce contexte, cette tension entre Israël et les autres peuples n’implique pas forcément l’extermination d’êtres humains, comme on l’a souvent compris.

Alliance et élection sont inséparables dans la Bible mais le lien entre ces notions fondamentales n’a guère suscité de travaux qui lui soient consacrés. Cette interprétation des deux concepts théologiques à partir de l’exégèse synchronique des textes de la Torah a pour but de proposer des éléments permettant d’éclairer les enjeux identitaires. La tension dans le rapport entre Israël (et déjà Abram) et les nations, qui résulte de la problématique qui est au cœur de Gn 12,1-13,1, Ex 19,1–24,11 et Dt 7 contribue à la prise de conscience de la portée toujours actuelle de l’élection et de la responsabilité des uns et des autres par rapport à cette réalité.

Une espèce rare

Marie-Anne Misenga Dituanya, née à Ndekesha (RD Congo) est membre de la Congrégation des Sœurs de la Charité de Jésus et de Marie (Charité de Gand) depuis le 12 juillet 1992.

Elle jouit d’un parcours élogieux : Diplôme d’État en Psychopédagogie au Lycée Tusadile de Mikalayi / RDC (1987), Certificats en Informatique : Bureautique à l’Institut Saint Eugène de Mazenod, Kinshasa (2003) ; Propédeutique philosophique (2004),  Diplôme d’agrégation de l’enseignement secondaire supérieur (2009) et Diplôme de Licence en théologie : Option Bible (2009), tous  à l’Université Catholique du Congo ; Docteur en théologie/ Sciences bibliques à l’Université Catholique de Louvain/Belgique (2017).

Auteure de plusieurs publications, elle est membre de l’Association des théologiennes et (femmes) canonistes de Kinshasa (ATHECAK) depuis 2007. Membre invitée de l’association Panafricaine des Exégètes Catholiques  d’Afrique (APECA), depuis 2011. Chercheuse à l’Institut de recherche Religions, Spiritualités, Cultures, Sociétés (RSCS) depuis 2012. Membre de l’Objectif Sciences International (OSI), depuis 2015.

Emmanuel Badibanga

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