Depuis hier mardi: Le Comité préparatoire au dialogue à pied d’œuvre

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Une vue des délégués de la Majorité présidentielle au Comité préparatoire. De g à d, Pius Muabilu Mbayu Mukala, François Bokona, Adolph Lumamu, Léonard She Okitundu et Modeste Bahati/. Ph. Pius Romain Rolland
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*La date du 23 Aout 2016 restera à jamais dans les annales de l’histoire politique du pays, d’autant plus qu’elle marque le début effectif des travaux du Comité préparatoire au dialogue politique national et inclusif. A l’occasion, le Facilitateur désigné par l’Union africaine et appuyé par l’Union européenne, la SADC et la CIRGL a salué les gestes significatifs du Président de la République Joseph Kabila à travers ses ordonnances de grâce présidentielle, dans l’objectif de décrisper le climat politique

*Les membres du Comité préparatoire ont la responsabilité de définir les bases d’un processus du dialogue inclusif autour du thème central de l’organisation d’élections pacifiques, crédibles et transparentes, conformément à la Constitution congolaise et aux instruments normatifs régionaux et internationaux pertinents, dont la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance

Le train du dialogue a quitté depuis hier mardi 23 août 2016 la gare de la contestation, des contraintes et des préalables au dialogue, en embarquant les délégués de la Majorité présidentielle, de l’opposition et ceux de la société civile, parties prenantes au dialogue.

En présence des ambassadeurs accrédités en République Démocratique du Congo, la cérémonie a été consacrée par le discours du Facilitateur à la classe politique : Majorité présidentielle, opposition et à la société civile, les félicitant au passage, après 6 mois de consultations, de prendre part à cette rencontre qui marque une nouvelle page de l’histoire politique du pays. « A l’orée de cette rencontre, qu’il me soit permis  d’adresser mes vifs remerciements aux autorités congolaises, aux partis politiques de la Rdc, Majorité Présidentielle  comme opposition, sans oublier la société civile, pour nous avoir toujours accueilli, toujours écouté, même dans des cas de divergence qui ne sauraient qu’être passagers », a dit en prélude le Facilitateur.

Edem Kodjo a remercié le Gouvernement de la République et les hautes autorités de la Rdc et le Président Kabila pour la libération des détenus et la réouverture des chaines de télévision, conformément à la liste lui transmise le 4 août dernier, par l’opposition par le truchement de l’Union européenne. Il va sans dire que beaucoup de choses restent à faire, a reconnu le Facilitateur. Edem Kodjo s’en remet cent fois, mille fois sur le métier, de l’ouvrage essentiel, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul détenu politique dans les prisons et que les chaines de télévision et de radio puissent l’une après l’autre recommencer à émettre. « Le Gouvernement ne peut s’arrêter en si bon chemin !… », précise-t-il.

Après avoir reconnu les efforts des uns et des autres à cette cause sacrée, une cause incontournable et le rôle si primordial des Eglises, toujours aux aguets, toujours à l’affût de toutes les circonstances pour  agir dans le sens du nivellement des obstacles, pour l’affirmation de la compréhension mutuelle et de la fraternité, comme une vraie mère et une authentique éducatrice.

A cette première étape du processus de dialogue inclusif, à travers les travaux du Comité préparatoire, Edem Kodjo a été réconforté de constater la présence effective des représentants de toutes les trois composantes des parties prenantes au dialogue. « Je suis d’autant plus satisfait que je constate une représentation effective des différentes composantes de la société civile congolaise, notamment les femmes et les jeunes…comment ne pas considérer que notre seule présence dans cette salle est un geste significatif de décision et de résolution adressée à la patrie congolaise et à la nation africaine », a-t-il évoqué, pour dire que leur présence dénote de  leur engagement au dialogue, la cohésion et l’avancement harmonieux de la grande Nation, la RDC.

Les assurances à l’opposition qui traine les pas

« Comment ne pas se réjouir que le Dialogue longtemps espéré, toujours reporté, s’ouvre enfin dans cette cité de Kinshasa dont on ne vante plus les atouts. Mais comment ne pas souligner que la famille congolaise ne soit pas entièrement réunie dans la maison commune, notre patrimoine à tous, sachant que les portes largement ouvertes de notre enceinte sont prêtes à accueillir à tout moment nos frères encore absents, à qui nous rendons les paumes ouvertes de la fraternité. Aujourd’hui ou demain, ils seront toujours les bienvenus et nous nous organiserons pour qu’en toute circonstance, ils aient la parole sur tous les thèmes inscrits à l’ordre du jour, y compris ceux qui auront été déjà traités. Cette séance que nous ouvrons n’est pas une rupture, mais le début d’un processus qui permettra tous les contacts, autorisera toutes les passerelles, voire même les chuchotements, pourvu que nous arrivions à réunir toute la grande famille congolaise autour d’un idéal commun, la sauvegarde de la Patrie », a souligné le Togolais à l’ouverture des assises.

Lourdes tâches du Comité préparatoire

Beaucoup se sont bousculés aux portillons du Comité préparatoire, cependant, à en croire Edem Kodjo, la sélection par leurs mandats respectifs aux travaux du Comité préparatoire  doit être perçus  à la fois comme un honneur, mais aussi comme une grande et lourde responsabilité. « La responsabilité de définir les bases d’un processus du dialogue inclusif autour du thème central de l’organisation d’élections pacifiques, crédibles et transparentes conformément à la Constitution congolaise et aux instruments normatifs régionaux et internationaux pertinents, dont la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance », a-t-il dit, avant d’ajouter que le Comité préparatoire n’a pas pour vocation  de traiter des questions de fond. Il reviendra à l’Instance même du dialogue de débattre de ces questions  et de prendre les décisions qui constitueront la base consensuelle de l’exercice du pouvoir en Rdc. Mais le rôle du Comité préparatoire est très important dans la mesure où ses réflexions et recommandations  serviront  de base, dans une large mesure, aux travaux du dialogue à proprement parler.            

A l’issue des consultations qui ont duré presque six mois, l’équipe technique du Facilitateur a mis en place un avant-projet de document qui énonce des principes et des références pouvant servir de base au dialogue. « Ce document, que nous allons vous présenter sous peu, propose des éléments méthodologiques et normatifs, des modalités du déroulement du dialogue, une liste de sujets pouvant figurer à l’ordre du jour du Dialogue, des règles de base et un régime disciplinaire, ainsi que des éléments pratiques nécessaires pour la création d’un cadre propice au Dialogue », a indiqué le Facilitateur. Ceci dit, il appartient, très logiquement aux représentants dument mandatés par les parties au Dialogue d’amender, de compléter et de valider cet avant-projet de document. Ainsi, c’est à l’issue de cet exercice du document que sera porté à la connaissance du public, la date du début dudit dialogue. 

Dans un appel pathétique, Edem Kodjo a insisté sur le fait que ces travaux soient de grande importance car, les participants seront des ingénieurs et des architectes du dialogue, puisqu’il leur revient de dessiner le plan, de prévoir ses piliers, de définir les quantités de matériaux devant soutenir cet édifice. Pour mieux asseoir son argumentaire, il s’est exprimé ainsi aux participants en ces termes: « Je ne doute pas un seul instant que vous mesurez, à sa juste valeur, la portée des responsabilités qui vous incombent, conscients que personne ne sortira vainqueur d’une crise politique à laquelle l’absence de dialogue pourrait nous conduire. Sachez que mon équipe d’appui, les partenaires du Groupe de soutien à la facilitation et moi, sommes à votre disposition pour vous appuyer tout au long de vos délibérations », a-t-il mentionné.

Et de renchérir que leur mission commune est de réussir. Ils doivent réussir pour la Rd Congo et son peuple qui mérite de vivre en paix. Ils doivent réussir cette mission pour toute l’Afrique qui les regarde. Ils doivent la réussir pour envoyer au reste du monde le message selon lequel la République Démocratique du Congo reste une grande nation, capable de prendre en charge, comme par le passé, son propre destin », a souligné le Facilitateur.

(Pius Romain Rolland)

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