Depuis bientôt deux mois, BIAC : le manque de liquidités paralyse Kinshasa

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Depuis le 28 février dernier, les 400.000 clients de la Banque internationale pour  l’Afrique au Congo (BIAC) mordent la poussière. Un sérieux problème de liquidités y est signalé, malgré ses 450 millions de dollars américains de dépôts. 

Eplorés, les clients BIAC ce mercredi 27 avril 2016 devant l’Agence du Rond-point Forescom/Ph. MB

A la vue de cette situation, d’aucuns sont allés jusqu’à l’extrême. Selon eux, la BIAC, une banque commerciale, sombre dans la banqueroute. D’autres encore attribuent la flambée des prix sur le marché à cette situation qui, en réalité, est aussi pour beaucoup sur le marché de change où le roi dollars pousse le franc congolais à faire du yoyo, allant sans transition de 920 à 970 Fc pour 1$us, sur le marché parallèle. Et même la carte prépayée chez les opérateurs télécoms  a connu un taux d’accroissement de 20%.

Des témoignages alarmants

« Je suis ici depuis 5 heures du matin, après avoir passé une journée sans succès sur ces lieux hier. C’est pour vider mon compte que je viens. Cette banque n’existe plus que de nom », lance une dame reprenant tristement bredouille le volant de sa 4 X 4 vers son bureau.

Au pied de l’immeuble, plusieurs personnes assises à même le sol. « Ne m’appelez pas professeur. Un professeur peut-il s’asseoir comme moi, dans ces conditions, pour accéder à la banque où il a librement déposé son argent ? »,  réplique, très navré, un sexagénaire à la salutation d’une jeune fille, dans l’innombrable foule, elle aussi.

Un homme en uniforme était de la partie. « J’habite vers Kimwenza, dans la commune de Mont Ngafula. Je me suis présenté le samedi dernier à la BIAC agence de la Cité verte pour retirer de quoi payer les frais scolaires de mon fils qui doit passer son examen d’Etat. Mais les portes étaient hermétiquement fermées. Lundi comme  mardi,  j’étais là. La petite salle pleine à craquer. Pas de liquidités. ‘’Ce n’est pas évident que vous ayez plus de 20$ aujourd’hui’’, me dira la caissière. J’arrive à l’UPN, BIAC a fermé depuis plusieurs mois. Ce matin, à la Direction générale en ville, on me dit que c’est réservé aux entreprises. Et ici à Forescom, voyez combien il y a du monde ! J’ai besoin de mon argent, c’est tout. Je ne suis pas mendiant ! », termine-t-il, visiblement exaspéré.

Loin en face, un changeur de monnaie se déploie. « C’est pareil tous ces jours. Des gens arrivent à 5 heures et beaucoup repartent tard sans être servis. Il est 11 heures. Lisez l’écriteau : ‘’closed’’ [Ndlr fermé], avec des centaines de clients dehors. Les agents à l’intérieur  servent sur la tête du client qui leur propose un pot-de-vin. Le gouvernement doit s’impliquer sans délais,  afin de remettre les épargnants dans leurs droits. On frôle le souvenir de Bindo, Nguma, Madova,… de triste mémoire, que nous avons connus dans les années 90 ».

Le gouverneur de la BCC va s’expliquer

Dans une question orale avec débat adressée au Gouverneur de la BCC par le député Jean-Lucien Bussa Tonba à cet effet, il s’avère que la BIAC connait une rupture côté  ligne de refinancement. Le gouvernement doit lui rembourser au moins 30 millions Usd.  Qui pis est, cette situation, à en croire le député,  pousse la BIAC à demander à ses emprunteurs de lui rembourser avant les échéances convenues.

Le Gouverneur Mutombo Muana Nyembo de la Banque centrale du Congo sera, donc, dans les tout prochains jours, devant les élus du peuple. Le patron de la banque des banques devra expliquer comment on en est arrivé là, et annoncer des mesures salvatrices qu’il aurait prises pour éviter l’hécatombe. Après tout, ce n’est pas cette banque qui peut tomber comme une feuille morte, elle qui a toujours accompagné le Gouvernement dans la paie de plusieurs milliers des agents et fonctionnaires de l’Etat, les jeeps de Léopards CHAN 2016,…

D’où une question de Jean-Lucien Bussa, sur les 5 que compte la question orale : « Monsieur le Gouverneur, quelle garantie donnez-vous aux épargnants de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo, aux banques partenaires, à la population et aux employés quant à la résorption de cette crise ? »

La BCC est une banque de refinancement, le caissier de l’Etat. Le système financier national ci-fragilisé doit être reconsolidé ; les épargnes des clients protégés. Deux mois, c’en est trop ! Seule une intervention musclée en urgence peut décongestionner la crise en faveur de la BIAC et ses clients qui ont tous du plomb dans l’aile.

(MB)

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