Dépôt du Mémorandum de l’opposition: Face-à-face Corneille Nangaa-Rassop/Limete

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La CENI promet de répondre

Au stade actuel, la Commission Electorale Nationale Indépendante est à 38 millions d’électeurs, sans le Grand Kasaï et en attendant la fin du processus à Kinshasa, soit un taux de réalisation de 81% sur les 42 millions attendus. Ce dont la délégation du Rassemblement de l’Opposition des Forces Acquises au Changement a été informée hier lors de l’échange qui a suivi le dépôt de leur Mémorandum au bureau de ladite commission.

Conduite par Jean-Baudouin Bertrand Ewanga, la délégation a déposé son Mémorandum à l’intention de M. Corneille Nangaa, Président de la Ceni. En toile de fond, la délégation interpelle  la Ceni au respect strict de la Constitution, mais aussi de l’Accord du 31 décembre, dit de la Saint-Sylvestre, en ce qu’en son point III.1.2 qui rappelle que la durée maximale pour la réalisation des opérations préélectorales et électorales conformément à la séquence des scrutins convenue est de 12 mois à dater du 31 décembre 2016. A ce sujet, la délégation a  invité le Président de la Ceni, à affirmer sans ambiguïté qu’il est capable d’organiser les élections dans le délai de 12 mois.

Au regard de ces deux points soulevés dans leur mémo, Corneille Nangaa a indiqué qu’il réserve une réponse écrite à la délégation du Rassemblement. Cependant, après avoir échangé avec ladite délégation sur les questions majeures qui touchent le processus électoral, il a, dans une mise au point technique qui a convaincu la délégation conduite par Jean-Baudouin Bertrand Ewanga, pris en compte le conseil prodigué par la délégation, notamment sur le respect de la Constitution, a-t-il précisé en ces termes : « La délégation nous a conseillé que  quelles que soient les contraintes liées au processus électoral, qu’il serait indiqué que la Ceni publie partiellement, les résultats du processus d’identification et enrôlement des électeurs ».

Bien que la Ceni a accédé à la requête, elle précise tout de même qu’elle a toujours informé l’opinion tant nationale qu’internationale du déroulement dudit processus d’identification et d’enrôlement depuis son lancement dans le Sud Ubangui, et au stade actuel, la Ceni enregistre déjà 38 millions d’électeurs. Il s’agit des données brutes et qui peuvent subir de modification. « Toutefois, nous avons précisé que les données publiées sont des données brutes et qui pourront subir de modification et pour raison de transparence, nous allons le faire », a-t-il souligné.

Pour la délégation du Rassemblement, le travail abattu par la Ceni doit se conformer aux règles et prescrits de la Constitution, mais aussi selon l’Accord du 31 décembre. A ce sujet, Corneille Nangaa précise une fois de plus, que son organe travaille toujours dans le respect de la Constitution et que la Ceni travaille dans l’esprit de l’Accord. Toutefois, il a indiqué à la délégation conduite par Jean-Baudouin Bertrand Ewanga, que la demande politique étant émise, il faille tenir compte de la bonne organisation des élections qui tient compte des contraintes techniques, qui constituent un impératif à l’organisation des élections, car, l’enjeu étant de tenir les élections et organiser les bonnes élections. « A ce sujet, la question qui se pose c’est de dire : qu’est ce qui doit être fait pour que nous arrivions à ces élections ?

A cette question, le président de la Centrale électorale éclaire l’opinion du Rassemblement en disant que l’Accord, à ce niveau prévoit les différentes activités à prendre en compte, entre autre : la fin de l’enrôlement, prendre en compte également la contrainte législative liée à l’examen, adoption, vote et promulgation de la loi sur la répartition des sièges par Circonscription électorale, la convocation des scrutins et la convocation en une seule séquence des trois scrutins et bien entendu les autres activités liées à la prestation de serment du prochain président de la République.

Ces activités par rapport au calendrier politique édicté par l’Accord, soit de la Cité de l’Union Africaine et/ou celui du Centre Interdiocésain, démontrent qu’en réalité,  en décembre 2017, il est illogique de tenir au respect l’échéance édictée par lesdits accords. « Nous travaillons dans ce sens-là et c’est une occasion de partager avec eux les contraintes qui sont les nôtres aussi », a-t-il fait savoir

38 millions d’électeurs, Corneille Nangaa salue les efforts du Gouvernement

Du point de vue financier, le bureau de la Ceni a partagé l’information avec la délégation en ce que, la Ceni attend toujours le financement des partenaires au processus, en même temps les 140 millions provenant du Gouvernement, en dépit de ces efforts qui permirent d’atteindre aujourd’hui, le nombre de 38 millions d’électeurs.

A ce sujet, Corneille Nangaa a fait comprendre à la délégation conduite par Jean-Baudouin Bertrand Ewanga, que la Ceni attend deux lois importantes quant à  ce. Et sur le plan sécuritaire, le Président du Bureau de la Ceni qui revient du Grand Kasaï, a partagé les informations selon lesquelles, la Ceni va lancer dans les jours qui suivent, le processus d’enrôlement dans cette grande province en proie à la violence. « Après une évaluation, nous avons lancé le recrutement, l’indentification des agents, la formation et le déploiement des matériels pour clôturer la première opération. Et que cet échange d’une importance capitale, nous a permis de fixer l’opinion sur le déroulement du processus électoral, ce en attendant la clôture dans certains provinces et le lancement dans le Grand Kasaï », a-t-il fait savoir à la délégation du Rassemblement.

L’ambivalence du mémo du Rassemblement

A la lecture de celui-ci, la délégation du  Rassemblement semble se contredire sur certains points. Si à son premier point, le mémo évoque le respect de l’Accord du 31 décembre, à son point 5, le mémo se réfère à la Constitution de la République à son article 73 qui confère à la Ceni seule, la mission d’organiser les élections sans attendre la mise en place du CNSA. Pourtant, dans un passé récent, les langues se sont déliées pour fustiger la sortie médiatique de Corneille Nangaa au sujet de la probable impossibilité de convoquer les scrutins dans le délai convenu par l’Accord du 31 décembre, sans tenir compte de la mise en place du Conseil National de Suivi  de l’Accord. En d’autres termes, l’on exige le respect de la Constitution sur les points qui plaisent au Rassemblement, sans tenir compte de l’Accord, et d’autre part, le Rassemblement exige le respect de l’Accord du 31 décembre sur les points où il trouve son compte. Une manière inadéquate et imprudente d’exiger de cet organe une chose et son contraire à la fois.

Une autre contradiction au point 6, qui stipule « Le Rassemblement rappelle que ni la Constitution, ni les lois de la République et, encore moins, l’Accord de la Saint Sylvestre ne donnent pouvoir au Président de la Ceni ou à une quelconque institution de la République de renvoyer ou de reporter une élection, et de surcroit celle prévue par la loi suprême ».

Pourtant, dans sa déclaration faite à la presse après avoir déposé ledit mémo, Jean-Baudouin Bertrand Ewanga a dit ce qui suit : « Dans le cas où, et l’Accord prévoit ça, où il y a une force majeure, nous pouvons d’abord commencer par l’élection présidentielle ; celle qui est constitutionnelle, et le calendrier est constitutionnel et parachever les autres élections », a-t-il dit. Voulant accuser le pouvoir  en place qui ne donnerait pas les moyens à la Ceni, Jean-Baudouin Bertrand Ewanga a été contredit par Corneille Nangaa qui l’a recadré, en disant qu’en dépit des moyens que le Gouvernement de la République donne à la Ceni, celle-ci a atteint le nombre de 38 millions d’électeurs.

(Pius Romain Rolland)

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