Déplacements forcés de la population

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Les humanitaires et les acteurs au développement pour une solution durable

L’ampleur des déplacements fait suite à plus de 50 ans de mouvements de populations, essentiellement fonction des différents conflits armés dans la région. Ces derniers sont multifactoriels et relèvent notamment de l’héritage diviseur du colonialisme, de la contestation identitaire de la faiblesse étatique et de l’absence d’exercice du pouvoir et de ses fonctions, de la prévalence de politiques patrimoniales, de la rareté des terres agricoles et des conflits fonciers, d’une gestion opaque des ressources naturelles, des tensions ethniques, de la pauvreté et de la vulnérabilité et de la balance régionale du pouvoir.

C’est hier mercredi 08 juillet 2015 au siège de la Banque mondiale qu’a lieu la restitution sur le déplacement forcés de populations dans la Région des Grands Lacs. Il s’agit d’une étude conjointe menée entre la Banque mondiale et le Haut-commissariat des Nations Unies aux Réfugiés. C’est donc une politique du HCR sur les alternatives aux camps.

Cette restitution a eu plusieurs intervenants dont le Représentant adjoint du HCR, M. Sergio Lorena. Ce dernier s’est focalisé à la présentation de 7 perspectives qui ont permis de mener cette étude. Il a en outre affirmé que la RD Congo n’est pas le seul pays à produire des réfugiés. Il y a le Burundi, le Sud Soudan, la RCA, l’Ouganda, le Rwanda, la Zambie et la Tanzanie, y compris l’Angola. Parmi tous ces pays, la RD Congo est le seul pays qui a été secoué dans sa société et les structures sociales ont été endommagées. C’est dans cette perspective que le mariage entre la Banque mondiale et le Haut-commissariat aux Réfugiés offre des alternatives en vue de trouver le moyen de créer la transition nécessaire et le développement en vue de renforcer la capacité, la résilience en faveur de cette population. Ce schéma entre la Banque mondiale et le HCR d’une part, les acteurs au développement et les humanitaires, va le guider vers le processus au développement. Cependant, les objectifs poursuivis consistent au renforcement de la résilience et créer les espaces pour le développement de la population, a-t-il dit.

Quant à M. Luc Laviolette de la Banque mondiale, cette discussion sur le rapport constitue une problématique pour la République Démocratique du Congo car, depuis, les acteurs humanitaires du HCR et les acteurs au développement de la Banque mondiale ne travaillent pas ensemble. Le fait que ces deux institutions se rapprochent pour travailler ensemble constitue en fait une réalité à la problématique incontournable avec les quatre piliers.

L’orateur a fait savoir que ce programme global sur le déplacement forcé s’étend sur les 50 pays de la planète, dont en Afrique il est basé dans la région du Sahel, de la Corne de l’Afrique et dans la région des Grands Lacs. Pour Luc Laviolette, les études sans action ne suffisent pas, d’où les objectifs jumeaux de la réduction de la pauvreté dans cette région à forts conflits.

Nouvelle politique mise en place

Dans toute la région des Grands Lacs, une politique relativement robuste et un cadre juridique bien établi permettent la protection des personnes déplacées en raison d’un conflit. Les 6 pays couverts par cette étude ont signé et ratifié la Convention relative au statut des réfugiés des Nations Unies et la Convention de l’Union Africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique. Il s’agit de la Convention dite de Kampala.

En pratique toutefois, la situation des déplacés dépend moins de la présence et de la signature de documents juridiques de protection, que des déterminants concrets sur le terrain. « En effet, les facteurs et les intérêts qui affectent l’atteinte de solutions durables à la situation des déplacés concernent plutôt les incitatifs politiques des Etats hôtes ; les motivations et activités des factions militaires, les priorités stratégiques et de financement des organisations internationales ; et les dynamiques locales, notamment les relations avec les communautés d’accueil qui, quoique généralement harmonieuse, peuvent être exacerbées par des tensions liées à l’accès aux services, à la terre et aux autres ressources », a dit Caroline.

Et d’ajouter que sa structure qui essaie d’établir de camp pour permettre aux déplacés d’être assurés de la solution durable en ce qui concerne la réinstallation ou leur retour dans leurs milieux d’origine avec l’accent mis sur la sécurité. Pour elle, la base de la stratégie de protection est de savoir comment établir la synergie entre la population et la communauté d’accueil. Elle a donné les raisons majeures de cette population réfugiée qui doit utiliser ses propres ressources pour appliquer le métier ; appuyer leur résilience et autosuffisance alimentaire. Sinon, l’assistance humanitaire peut leur être accordé, mais sans ces raisons, il ne peut appuyer ni contribuer à l’économie et au développement.

Dans la même optique, la représentante du HCR a épinglé les impacts négatifs, notamment sur la protection des enfants à l’exploitation sexuelle et le recrutement forcé.

Peu avant le débat, c’est Mme MauriziaTovo qui a présenté les résultats de l’étude dans la région des Grands Lacs. Elle a défini le concept du déplacement forcé qui consiste à la fuite contrainte face à des persécutions, conflit ou violence. Ainsi, les réfugiés sont définis comme ceux qui ont franchis la frontière, les déplacés sont ceux-là qui n’ont pas franchis les frontières.

Après avoir circonscrit le contexte de l’élaboration de cette étude, Maurizia Tovo a indiqué les besoins des déplacés, leurs contributions possibles, les conditions du succès, leur approche axée sur le développement et les recommandations et appui de la Banque mondiale.

Des recommandations

Mme Maurizia Tovo de la Banque mondiale recommande au Gouvernement de la République d’intégrer les populations déplacées et les communautés d’accueil aux stratégies et interventions de développement, autoriser les réfugiés et déplacés internes à circuler librement à travers le pays et à travailler, écouter la voix de déplacés et des communautés d’accueil dans la planification de réformes agraires, amender les législations pour se conformer aux conventions internationales sur les réfugiés et déplacés internes, se souvenir que les déplacés ont souvent des vulnérabilités particulières, notamment le traumatisme, la question juridique de protection de violence basée sur le genre.

Quant au projet STEP, la Banque mondiale a disponibilisé 79 millions de dollars qui prend en compte la problématique de déplacés par l’approche communautaire, l’intégration, l’autonomisation économique et l’appui à la gestion des conflits. « En tant qu’élément du projet régional de 100 millions, un financement additionnel de 350 millions va viser particulièrement les besoins de déplacés et communauté d’accueil et de retour », a dit Maurizia Tovo. Cette dernière a affirmé que ce projet est mis en place par le Fond Social de la République Démocratique du Congo qui a déjà mis en place le Projet d’Assistance Sociale Urgent PASU de 5 millions avec succès qui respecte les règles fiduciaires. Dans les 100 millions de déplacés accordés par la Banque mondiale, la moitié sera utilisée par la RD Congo qui a plus de problèmes que les autres pays, notamment la Zambie et la Tanzanie.

(Pius Romain Rolland)

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