Dépistage VIH/ Sida : l’amendement de la loi 08/011 du 14 juillet 2008 est une urgence

par -
0 477
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Le Réseau National des Organisations à Assises Communautaires de Groupes de Support des Personnes Vivant avec le VIH/SIDA  (RNOAC_GS/PVVIH), l’Union Congolaise des Organisations des Personnes vivant avec le VIH/Sida (UCOP+), et le Réseau d’Associations Congolaises des Jeunes contre le Vih/Sida (RACOJ/Sida), soutenus par  les ONG Médecins du Monde – France (MDM-F) et Médecins Sans Frontières (MSF) ont organisé ce mardi 29 novembre un flashmob sur le rond-point des Huileries. Ce, en marge de la journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée tous le 1er décembre.

Près de deux cents jeunes issus de ces différentes associations de la société civile congolaise et une cinquantaine de danseurs professionnels du groupe Universal Danse ont pris part à la chorégraphie grandeur nature.

Pour les organisateurs, le but de cette manifestation est de mener un plaidoyer auprès des autorités congolaises pour réclamer la modification de la loi 08/011 du 14 juillet 2008 portant protection des droits des personnes vivant avec le VIH/sida et les personnes affectées, en ses articles 37 et 39. Ces derniers exigent tant pour le dépistage du mineur que pour l’annonce des résultats à celui-ci, le consentement d’un parent ou tuteur.

Pour  RNOAC, UCOP+ et RACOJ,  ces articles  constituent une barrière évidente à  la prévention et à  la  prise en charge du VIH/Sida. Selon ces organisations de la société civile, le non-accès du mineur au dépistage et à l’annonce du résultat sans le consentement du parent/tuteur retarde bien souvent la connaissance de la sérologie. Ces articles font obstacle à l’accès aux soins des mineurs infectés par le VIH. Ils entraînent également la réduction de l’efficacité des traitements : les difficultés d’observance liées à l’ignorance de la sérologie favorisent le développement de résistances aux traitements ARV.

« Nous avons connu une fille qui était sous ARV depuis l’âge de 5 ans. A 16 ans, sa tante continuait à refuser qu’elle connaisse la vérité. A cette même époque elle a connu un échec de TARV de 1ère ligne suite à une mauvaise adhérence au traitement. Après une autre préparation et l’annonce du statut, l’adolescente était fâchée. Car pour elle, si l’annonce avait été précoce, elle ne connaitrait pas l’échec  de traitement et ne serait pas obligée de prendre un traitement lourd avec plus de 5 comprimés par jour », témoigne Jean Lukela, Coordonnateur du RNOAC.

L’enquête ” All IN ” réalisée en 2016 par le PNMLS estime que chaque jour au moins 4 adolescents congolais de 15 à 19 ans sont infectés par le VIH, et qu’au moins 4 adolescents par jour meurent des causes liées à l’infection au VIH et le sida. Alors que le nombre de décès liés au VIH/SIDA tant à diminuer dans la population générale, il ne cesse d’augmenter chez les jeunes. Autre constat fait par l’Enquête Démographique et de Santé (l’EDS) menée en 2014, est que plus de 83% de jeunes congolais de 15 à 24 ans n’ont jamais effectué le test VIH et que 55% des nouvelles infections sont survenues dans une population relativement jeune et active de 15 à 29 ans.

La tendance est inquiétante, et pour ces organisations, la modification de la loi  08/11 de 2008 est donc une urgence,  et ce pour une application en faveur des mineurs dès leurs 14 ans révolus.

« L’année dernière, pendant que nous menions de séances de sensibilisation et dépistage volontaire lors d’une de nos campagnes à la Foire Internationale de Kinshasa, une maman s’est présentée accompagnée de ses 2 filles adolescentes. La maman avait sollicité un test de dépistage VIH pour elle, mais elle avait catégoriquement refusé que ses 2 filles se fassent dépister. Pourtant, ces dernières la suppliaient de les laisser faire ce test.  Compte tenu de la loi, RACOJ ne pouvait que se soumettre à la volonté de la maman. Alors imaginez que ces filles soient réellement infectées. Cette ignorance constituerai un danger pour elles-mêmes et pour leurs potentiels partenaires sexuels si jamais elles étaient déjà sexuellement actives », note Rachel Ndaya, Coordinatrice Nationale du Racoj.

Les Associations des Jeunes et des Organisations de personnes vivant avec le VIH invitent les honorables  parlementaires à rentrer dans l’histoire de la lutte contre le sida en RD Congo, en contribuant à l’atteinte des objectifs de l’élimination de l’infection à VIH dans le Pays et dans le Monde, par la levée de ces barrières juridiques liées au dépistage et à l’annonce des résultats aux mineurs, par la modification de ladite loi.

« Nous espérons que cette proposition de modification de loi pourra être débattu et adopté au courant de cette session parlementaire pour que les jeunes à partir de 14 ans aient très bientôt accès au dépistage et à l’annonce du résultat sans devoir être accompagné de leur parent », conclut Ange Mavula, Chargé de suivi et évaluation chez UCOP+.

Les organisations de la société civile congolaise Renoac, Racoj et l’Ucop+ travaillent depuis 2015 sur la modification de loi 08/011 du 14 juillet 2008. Elles sont soutenues dans leur démarche par les organisations internationales Médecins du Monde – France et Médecins Sans Frontières. Au-delà du flashmob de ce 29 novembre, chacune de ces structures mènent des activités de plaidoyer autour de cette loi en marge de la Journée Mondiale de lutte contre le VIH/ Sida.

(Yassa/Cp)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse