Dégazage du lac Kivu: L’Ong ESSF exprime des préoccupations

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L’Ong Environnement sain sans frontière (ESSF), qui défend les droits de l’humain et de son environnement et d’autres acteurs de la société civile Sud et  Nord-Kivu, suivent de prêt l’évolution du dossier des menaces qui pèsent sur l’environnement immédiat du lac Kivu. Elles n’ont qu’un seul souci : celui de voir la mise en place des initiatives qui luttent contre les menaces de destruction massive des peuples riverains du lac Kivu.

L’Ong ESSF ne compte plus donc le nombre de conférences de presse, de communiqués de presse et d’articles publiés dans la presse tant nationale qu’internationale, sans oublier diverses émissions animées dans différentes télévisions et radios. Le but de toutes ces alertes étant d’éveiller la communauté nationale et internationale sur d’éventuelles catastrophes naturelles qui peuvent s’abattre sur les populations riveraines du lac Kivu.

Surtout que ce milieu est situé entre les deux volcans qui sont en pleine activités, en l’occurrence Nyiragongo et Nyamurangira (vomissant encore des laves), avec un autre Kahuzi, qui sommeille encore et qui peut se réveiller à tout moment. Ceci parce que dans son lit coulent les ruisseaux chaux jusqu’à 60°C en surface (avec possibilité de la production de l’énergie thermique).

Dans ses alertes, l’Ong ESSF est très sensible sur tout ce qui se passe dans l’environnement congolais en prévision des différents risques des catastrophes naturelles. Ainsi, a-t-elle suivi l’annonce faite par le Ministère des Hydrocarbures, du début de dégazage du lac Kivu.

L’Ong dit donc prendre acte et reste sur sa soif, car le terme dégazage utilisé pour l’occasion prête à confusion et pousse tous ceux qui luttent pour les droits humains et de son environnement, à énoncer quelques préoccupations.

Premièrement, si ce dégazage concerne-t-il les deux gaz (méthane (60 Km3) et carbonique (300 Km3) qui sont enfouies sous le lac Kivu un parmi les deux qui sont dans une même strate (dernière couche du lac). La deuxième préoccupation est celle de savoir si en annonçant qu’une firme française a gagné le marché du dégazage de ce lac Kivu, aussi complexe, le Ministère des Hydrocarbures était-il en commun accord avec celui de l’Environnement, Conservation de la nature et Tourisme (ECNT) ?

Car, c’est ce dernier, ministère de l’ECNT, qui est bien sensé être le plus concerné dans ce domaine lié aux menaces qui pèsent dans un écosystème important dans le pays. Surtout que la zone en question du lac Kivu, est en connexion avec le Parc national des Virunga, qui est un écosystème protégé. Troisièmement, la préoccupation de l’Ong ESSF est de savoir si la priorité du Ministère des Hydrocarbures est de faire un dégazage, comme celui réalisé au lac Lwi (Nyos, nom du village où la catastrophe a décimé) au Cameroun, après la catastrophe qui a eu lieu en 1986, lequel a emporté des vies autour de ce lac, dont 1.746 hommes, y compris les bêtes et autres êtres vivants, dans un rayon de 32 km.

Rappel sur le lac Kivu et les risques que courent les riverains

Le lac Kivu est de cratère volcanique, de zone tropicale, qui ne connait pas le brassage naturel, contrairement aux lacs de cratère volcanique se trouvant dans les régions tempérées. Ceux-ci connaissent un brassage naturel en début d’hiver, où les eaux lourdes de surface s’enfoncent du fait de leurs poids pour remplacer les eaux de profondeur qui remontent sur la surface permettant ainsi des dégazages constants.

Le lac Kivu est situé dans une région où il y a des couches tectoniques (ayant des fissures) et sismiques. Ce qui est à craindre le plus, ce sont les quantités des gaz méthane (CH4) estimés à 60 km3 et des gaz carbonique (CO2) estimés à 300 km3. Ces énormes quantités de COliquide constituent une véritable bombe à retardement pour toute la biodiversité autour du lac.

Certes, le lac Kivu est une bénédiction au lieu d’être une malédiction, si l’Etat congolais qui reçoit les fiscs et impôts, veille à rendre l’environnement sain, vivable et pourvoyeur des biens et services durables, source du savoir vivre ensemble dans un territoire donné.

Cependant, ce qui sera à la base de la catastrophe est le soulèvement forcé des gaz carboniques liquide à l’air libre. Ce le gaz carbonique est lourd que l’air naturel en proportion d’une fois et demie, et tout être qui pourra l’aspirer meurt par asphyxie dans un rayon déterminé par la quantité en km3 des CO2 qui vont se soulever en explosant.

Ces explosions peuvent être dites soit par éruption phréatique ou par éruption limnique (un séisme ou un glissement de terrain). Toutes ces conditions sont réunies et le temps n’est plus aux calculs des intérêts privés.

Des conseils de l’ESSF

Pour l’Ong ESSF, le Ministère des Hydrocarbures devrait donc travailler en commun accord avec celui de l’ECNT pour lancer des offres des demandes publiques en  bonne et due forme, en suivant toutes les étapes exigées par la loi en la matière. C’est notamment pour l’exploitation du gaz méthane, qui sauvera la ville de Goma et ses environs de la destruction des îlots et forêts.

Avec une consommation annuelle du charbon de bois de 500.000T, ces forêts absorbent toute sorte de pollutions, comme le SO2, CO2, CH4 et autres, qui s’échappent à petite quantité dans le lac, et surtout des deux volcans qui sont en activités éruptives.

L’hypothèse du dégazage comme ce qui s’est réalisé au lac Nyos (les orgues de Nyos) depuis 1990 par une équipe française dirigée par le professeur Michel Halbwachs, est à encourager. A condition que le contrat soit des dizaines d’années et que l’équipe qui gagnera le marché soit la plus expérimentée. Car la moindre négligence, c’est la catastrophe peut arriver à tout moment.

« L’Ong ESSF ne fait que son travail de la sentinelle et demande à la Monusco, qui accompagne la Rdc dans la stabilisation de son territoire et la protection des civils de s’impliquer dans ce dossier, pour que la question cesse d’être nationale. D’autant plus que deux millions de Congolais et étrangers sont exposés à cette catastrophe imminente qui n’annoncera jamais son heure », note le communiqué nous parvenu.

En outre, dans son communiqué, l’Ong ESSF tient à encourager la communauté internationale en générale, et la Monusco en particulier, de l’initiative de pousser la Rdc à avoir un planning avec un budget conséquent pour faire face aux catastrophes sur toute l’étendue du territoire congolais et non seulement à Goma. Car, selon le dernier rapport du Fonds Vert pour le Climat, la Rdc est le 10ème en vulnérabilité en Afrique par rapport aux changements climatiques et ses corolaires.

(Lepetit Baende et Alain Botoko)

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