Découpage territorial: Moïse Katumbi quitte, Ngoyi Kasanji reste

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*Si Moïse Katumbi ne va pas postuler dans l’une des quatre provinces démembrées, Ngoyi Kasanji par contre sera candidat à sa propre succession au scrutin du mois prochain. Cela, pour achever les différents chantiers en cours au Kasaï-Oriental, parmi lesquels se trouve le plus grand, le stade Kashala Bonzola

*Dans la province du Katanga, Gabriel Kyungu, président de l’Assemblée provinciale, a invité les Katangais à rester unis malgré ce découpage, car selon lui, on a découpé l’administration du Katanga mais non la katanganité, ni les Katangais. Il a par ailleurs invité les députés provinciaux appelés à rejoindre leurs nouvelles provinces, à tout faire pour les rendre prospères

A partir du mercredi 15 juillet 2015, la province du Kasaï-Oriental est désormais éclatée en trois provinces. Il s’agit de Sankuru, du Kasaï-Oriental et Lomami. La commission de démembrement des provinces a remis son rapport final le même jour à l’assemblée provinciale à Mbuji-Mayi, qui a pris acte.

Par ailleurs, le patrimoine qui appartenait à l’ancienne province du Kasaï -Oriental va être réparti désormais sur les trois nouvelles provinces. Déjà, la commission a exigé que le charroi automobile du gouvernement provincial et de l’Assemblée provinciale soit regroupé dès hier jeudi, en vue de le diviser en trois pour les nouvelles provinces. Mais pour la nouvelle province du Kasaï -Oriental, le gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji reste en fonction.

Ngoyi Kasanji reste

15 février 2007-15 juillet 2015, voilà 8 ans et 5 mois jour pour jour depuis qu’Alphonse Ngoyi Kasanji est aux commandes de la province du Kasaï-Oriental. Ce jour où il a assisté à la naissance de trois nouvelles provinces et la fin de son premier mandat, le Gouverneur en place a tenu à dresser son bilan à la presse. « On a travaillé pour la sécurité de notre population, et là où il y a des tueries en série (le phénomène qu’on appelait suicidaire), on a travaillé pour éradiquer ce phénomène dans la ville de Mbuji-Mayi », dit-il, avant de renchérir que sur l’ensemble de la province, il s’est observé une accalmie et une cohabitation pacifique entre les peuples et aujourd’hui nous pouvons être fier d’avoir lancé un programme qui porte des fruits aujourd’hui. Notre population, du moins pour la ville de Mbuji-Mayi, se ravitaillait vers le Katanga, ce marché là est tombé, parce que nous consommons désormais local.

Alphonse Ngoyi Kasanji ne va pas par quatre chemins, parce qu’il a annoncé qu’il sera candidat à sa propre succession  au scrutin du mois prochain, cela pour achever les différents chantiers en cours au Kasaï-Oriental, parmi lesquels se trouve le plus grand, le stade Kashala Bonzola. « Il est toujours bien quand on commence un travail, de l’achever, de le terminer. Peut-être, si nous laissons ça en cours, et qu’on ne termine pas, quelqu’un d’autre qui viendrait, il n’a pas la même vision, il laissera cette œuvre s’effondrer », affirme-t-il. Il a terminé ce point de presse par remercier le président de la République, les députés provinciaux et la population du Kasaï-Oriental pour la confiance placée en lui durant les huit dernières années.

Moïse Katumbi quitte

Selon des informations recoupées par le Journal L’Avenir et contrairement à Alphonse Ngoyi Kasanji qui va se représenter à la province du Kasaï-Oriental, Moïse Katumbi, lui, ne pourra postuler comme candidat gouverneur dans les quatre provinces démembrées (Tanganyika, le Haut-Lomami, le Lualaba et le Haut-Katanga). « Le Katanga, je le laisse dans un état magnifique. C’est la province pilote. Nous sommes le premier contribuable au niveau de la RDC. Et le Katanga est une province prospère aujourd’hui qui est enviée par tout le monde », a déclaré le gouverneur sortant Katumbi.

Selon lui, beaucoup reste encore à faire pour la province. Il espère que les autres continueront le travail qu’il n’a pas pu réaliser. « J’avais une vision. On a fait ce qu’on pouvait faire avec la population et mon gouvernement et l’assemblée provinciale. Il reste encore beaucoup de choses à faire. Les autres vont continuer, ils vont développer les quatre provinces », a ajouté Moïse Katumbi.

Même s’il nous est difficile de vous dire pour quelles raisons de ce refus pour un gouverneur populaire et adulé par la population katangaise, les sources proches du gouvernorat du Katanga continuent à maintenir le suspense. Elles affirment tout simplement que c’est pour des raisons de l’alternance politique en Rd Congo. Mais une certaine opinion estime que Moïse Katumbi n’appartient plus à sa province, mais à tout un pays et il a bien fait de laisser d’autres compatriotes gérer ces nouvelles provinces et prouver de quoi ils sont capables. En attendant l’élection des nouveaux gouverneurs, Moïse Katumbi gère les affaires courantes.

Entre-temps, nous avons appris que c’est hier que le Katanga est officiellement démembré en quatre nouvelles provinces, à savoir: le Tanganyika, le Haut-Lomami, le Lualaba et le Haut-Katanga. L’Assemblée provinciale a pris acte du rapport déposé par la commission chargée du démembrement de cette province au cours d’une session extraordinaire tenue, hier jeudi 16 juillet, à Lubumbashi.

Tous les députés, même ceux de tendance fédéraliste, ont salué cette nouvelle configuration. Ils ont appelé la population au calme et à la cohésion, indique une radio de la place. « Nous prônons le fédéralisme et l’Etat fédéré du Katanga ne peut pas exister sans province. Pour nous, c’est une grande joie », se sont-ils exprimés.

Certains élus se disent désormais avoir le regard tourné vers le développement de nouvelles provinces. « Bien sûr ça fait des douleurs puisque on s’était habitués. Mais cette fois, il faudrait aussi penser comment redresser les choses. Voir de quelles manières il faudrait développer de nouvelles provinces », ont-ils déclaré.

Pour d’autres, l’Assemblée provinciale aura été une véritable école au cours de leur mandat. Ceux de la nouvelle province du Haut-Lomami estiment que même si cette entité n’a pas tous les moyens pour décoller, elle a des potentialités intellectuelles. « C’est difficile mais on doit toujours commencer », ont-ils affirmé.

Dans une brève présentation du rapport sur l’état des lieux de la province, insiste notre source, le président de la Commission chargée du démembrement est resté peu bavard au sujet de l’actif et du passif de la province. Il a expliqué que tout est contenu dans le rapport de 640 pages déposé à l’Assemblée provinciale.

A l’occasion, le président de l’Assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, a plaidé pour le respect de la Constitution sur la gestion des actifs de l’ex-province du Katanga. «La province a ainsi reçu globalement 6% au lieu de 40% de rétrocession. C’est une infraction constitutionnelle. N’ayez pas peur d’avoir de nouvelles provinces dès lors que vous allez vous battre pour récupérer ce que le pouvoir central nous doit. Nous n’en voulons pas aux nouvelles provinces mais nous avons obéi à une loi qu’on ne doit pas violer», a-t-il indiqué.

Ainsi, Gabriel Kyungu a invité les Katangais à rester unis malgré ce découpage: «On a découpé l’administration du Katanga mais non la katanganité, ni les Katangais». Le président de l’Assemblée provinciale du Katanga a par ailleurs invité les députés, appelés à rejoindre leurs nouvelles provinces, à tout faire pour les rendre prospères.

L’Avenir

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