Décès de Winnie Mandela, une perte pour l’Afrique

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Alors que le monde s’apprête à commémorer la mort de Nelson Mandela le 4 avril, son ex-épouse, Winnie Mandela, s’est éteinte ce lundi 02 avril à l’âge de 81 ans. L’Afrique vient alors de perdre une de ses dignes filles, celle qui se sera battue et qui n’a pas eu peur de la prison, pour libérer son peuple de l’apartheid.  Femme de grand caractère, son décès a été annoncé par son entourage aux médias. Winnie Mandela s’est éteinte de suite “d’une longue maladie”, a annoncé son porte-parole. “C’est avec une grande tristesse que nous informons le public que Mme Winnie Madikizela Mandela est décédée à l’hôpital Milkpark de Johannesburg lundi 2 avril“, a déclaré Victor Dlamini dans un communiqué. Née en 1936 à Bizana (Cap oriental), la militante de la première heure, Winnie Mandela avait rencontré Nelson Mandela en 1957 alors qu’il était avocat. De cette union sont nés deux enfants.  Ils s’étaient séparés en 1992, deux ans après la sortie de prison de Nelson Mandela. En 1963, Nelson Mandela avait été arrêté et incarcéré par le régime sud-africain avant d’être libéré en 1990. Durant l’incarcération de son époux, Winnie Mandela est devenue une figure de la lutte contre l’apartheid. Adieu la Mama Africa !

Soulignons que c’est en 1958 que la jeune militante  Winnie Madikizela épouse le militant des droits civiques, Nelson Mandela, célébré par la population noire d’Afrique du Sud. “En plus de son travail en tant que travailleuse sociale, elle avait déjà été une activiste politique. Son engagement était, bien sûr, encore plus après avoir rencontré Mandela“, déclare son biographe, la Sud-Africaine Anne Marie du Preez Bezdrob. “Je ne savais pas à quel point la route serait difficile, en juin 1958 nous nous sommes mariés et en septembre j’étais en prison“, racontait plus tard Winnie Mandela dans une interview. Elle passera une grande partie de sa vie sans son mari : en 1962, le régime d’apartheid arrête Nelson Mandela, et en 1964 un Tribunal le condamne à un emprisonnement à vie à Robben Island.

Winnie Madikizela-Mandela ressent également la pression du gouvernement de l’apartheid, alors qu’elle est obligée de s’occuper seule de leurs deux filles, Zenani et Zindziwa, et qu’elle doit subvenir financièrement au besoin de la petite famille. En 1977, elle est bannie à la campagne, et ce n’est qu’en 1985 qu’elle est autorisée à retourner dans son quartier d’origine de Soweto près de Johannesburg.

“Mama Wetu” ou “Mère de la Nation”

Celle que les gens appellent respectueusement Winnie Madikizela-Mandela a la réputation d’une combattante de la liberté jusqu’à la fin des années 1980. “Nous allons libérer ce pays avec nos boîtes d’allumettes et nos gueules“, disait Winnie, citée par le quotidien britannique The Guardian dans les années 1980: Ainsi, elle aurait ouvertement organisé le lynchage dans les townships, le soi-disant ” necklacing”: Les espions présumés du régime de l’apartheid ont ensuite été exécutés avec des pneus enflammés autour du cou. Son mari Nelson et son parti, le Congrès national africain ANC, avaient d’emblée rejeté cette douloureuse forme de représailles.

En outre, le club de football fondé par Madikizela-Mandela “Mandela United Football Team“, qui lui servait en même temps comme une sorte de garde du corps, fait les gros titres. Mais les membres du club sont accusés d’être impliqués dans la torture, le viol et l’assassinat d’un jeune de 14 ans – James Seipei, disparu en janvier 1988.

Plusieurs témoins accusent les gardes du corps de Winnie Mandela d’avoir tué le jeune partisan de l’ANC, soupçonné d’être un informateur de la police. Certains disent que Winnie Madikizela-Mandela elle-même aurait tué le garçon. Mais personne – même pas une étude de la Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud – ne pourra établir la responsabilité de Madikizela-Mandela.

Le retour

Quand Nelson Mandela sort de prison en 1990, Winnie fait aussi son retour. Elle  est de nouveau la femme aux côtés du combattant de la liberté – sa  popularité augmente. Mais le mariage entre les deux a longtemps été brisé. En 1992, Nelson Mandela annonce leur séparation – pour des raisons politiques dit-il. “J’espère que vous pouvez comprendre la douleur que je ressens maintenant“, déclarait Nelson Mandela d’une voix tremblante lors d’une conférence de presse à Johannesburg.

En 1996, le divorce est prononcé, après 38 ans de mariage. Mais Winnie Mandela poursuit sa carrière au sein de l’ANC : en 1993, elle devient présidente de la Ligue des femmes de l’ANC, sous-ministre des arts, de la culture et des sciences en 1994.

Winnie Mandikizela-Mandela a été très critiquée ces dernières années pour fraude et détournement de fonds. Un chèque de 100 000 dollars américains de la politicienne et ancienne première ministre pakistanaise Benazir Bhutto aurait disparu dans sa fondation. Elle est également soupçonnée d’avoir demandé de l’argent pour le placement des contrats de construction. En 1995, Nelson Mandela destitue son ex-épouse de son poste de sous-ministre. 

Idole des pauvres

Winnie Mandikizela Mandela a toujours eu le soutien du peuple. “Elle était active dans la ligue féminine de l’ANC, elle était active dans sa communauté et elle a toujours travaillé pour des personnes qui avaient besoin d’aide“, explique sa biographe Anne Marièdu Preez Bezdrob. Et même en tant que vice-ministre, Winnie a toujours critiqué publiquement la politique antisociale de l’ANC. En 2009 et 2014, elle est élue à l’Assemblée nationale.

En 2008, elle participe à la fête publique du 90e anniversaire de Nelson Mandela dans un stade de football à Pretoria, avec la troisième femme de Nelson Mandela, Graça Machel. En 2013, on revoit les deux femmes lorsque l’ex-président passe ses derniers jours à l’hôpital à l’âge de 95 ans. Après la mort de son ex-mari, Winnie Madikizela Mandela tente d’obtenir la propriété de Mandela. Celui-ci n’avait cependant pas mentionné le nom de son ex-femme dans son testament.

(JMNK)

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