Décentralisation, sécurité, élection, …

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Evariste Boshab fixe l’opinion

« La RD Congo d’abord, le reste après »

*Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, le professeur Evariste Boshab, était dernièrement l’invité d’une émission de Télé50. Il s’est exprimé sur les principales questions de l’heure. En ce qui concerne des provinces nouvellement installées, ce qui a changé selon lui,  c’est le niveau de prise de décision, puisque les districts élevés en provinces ont toujours existé. Ceux qui craignent l’implosion du pays n’ont pas raison  parce que l’on ne va pas déplacer la terre qui appartenait à telle ou telle communauté pour l’amener ailleurs. La terre ancestrale restera terre ancestrale. C’est  simplement le niveau de prise de décision qui a changé

*Au sujet des élections de gouverneurs prétendument mises sur le dos d’Evariste Boshab avec un calendrier qui ne vient pas de la CENI, celui-ci précise que la loi de programmation pour la mise en place de nouvelles provinces donnait au Gouvernement 120 jours pour terminer  toutes les formalités afin  que toutes les provinces soient effectives. Dans cette perspective, au niveau des responsabilités du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, il s’est agi de donner les indications claires, qu’à telle ou telle période on devrait organiser la mise en place des nouveaux bureaux des nouvelles Assemblées ; aussi bien la mise en place des Gouverneurs, tout en laissant à la CENI la responsabilité de pouvoir organiser ces élections

Dans une émission de Télé 50 animée par Jean-Marie Kasamba, Evariste Boshab, Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité était au rendez-vous, pour répondre à plusieurs questions de l’heure.

En effet, Evariste Boshab est un homme politique, un scientifique, un professeur d’université et spécialiste du Droit public et constitutionnel ; ancien Directeur de cabinet du chef de l’Etat, ancien Secrétaire général du PPRD, président de l’Assemblée nationale honoraire, député national honoraire. A son actif, plusieurs publications dans son domaine de prédilection, le droit. L’homme semble être un tout, une synthèse merveilleuse  car croit-il à l’Etre suprême qui, chaque jour, doit pouvoir faire cette synthèse, savoir s’organiser, continuer ses enseignements et s’acquitter de sa charge politique.

Est-il l’oreille du président de la République ? L’homme du pouvoir ? Est-il un faucon ? Non, dit-il. Pour lui,  le chef de l’Etat a plusieurs sources et ce serait une illusion qu’un individu se targue d’être l’oreille du président. « Le chef de l’Etat est le symbole de l’unité nationale ; il écoute aussi bien ceux de l’Opposition que ceux de la Majorité. Il écoute tous les citoyens, il a plus de sources que tout autre citoyen. Et donc humblement, je ne peux pas me qualifier de l’oreille du chef de l’Etat ; humblement, je suis à son service comme collaborateur », s’explique-t-il.

Est-il le faucon ? Il pense que ça dépend de quelle manière l’on perçoit la personne. Sinon, il essaie de s’acquitter de sa tâche. C’est le cas de la défense de son parti PPRD lorsqu’il était il y a peu de temps Secrétaire général. Par conséquent, affirme-t-il, l’on ne peut pas avoir un pied dedans, et un autre dehors. « J’ai toujours essayé d’assumer jusqu’au bout les responsabilités que l’on me confie. Si c’est ça ce qu’on appelle faucon, je  pense que c’est une bonne chose. Vous parlez de la communauté internationale, on aurait aimé une sorte de compromission ? Non ! Je respecte cette communauté internationale et tout ce que je demande, qu’on respecte aussi mon pays », a-t-il dit. A ces propos, il ajoute que s’il faut devenir complice et prendre une distance vis-à-vis de la ligne à la fois du parti et du pays, que cela soit bien vu, Evariste Boshab préfère rester orthodoxe. C’est dans cette orthodoxie qu’il fait bien son travail, si c’est cela être faucon. « Si faire correctement son travail, c’est cela être faucon, là je suis d’accord », a-t-il indiqué.

Des invectives de la France et l’accompagnement de la Monusco

Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité n’est pas de l’avis d’avoir reçu les invectives de la France car, souligne-t-il, qu’il n’y a pas délégation, puisque l’organisation des élections, la sécurité de la population et la gestion de l’administration relèvent de la souveraineté de l’Etat congolais. Quant au volet sécurité, il ajoute que dans les accords signés avec les Nations-Unies par rapport aux différents groupes armés présents en RD Congo, il a été convenu, sur demande des autorités congolaises, que la MONUSCO a pour mission de pouvoir accompagner le Gouvernement de la République.

A la question de « savoir quitter le pouvoir et respecter la Constitution », le patron de la territoriale affirme que cette déclaration ne peut engager que son auteur, à savoir l’Ambassadeur de France en RD Congo. Il se demande s’ils sont arrivés à l’échéance du mandat car, lorsqu’on s’engage dans un procès d’intention, cela n’engage que les auteurs de ce procès. « Nous ne sommes pas fin mandat. Le président de la République est en plein mandat, il est en train de réaliser ce que les Congolais attendent de lui. On aurait aimé qu’il fasse une quelconque déclaration. Nous pensons que c’est de la distraction. Pour l’instant, le chef de l’Etat s’acquitte de sa charge constitutionnelle, puisque le mandat est de 5 ans. Il n’est pas encore arrivé à expiration. Lorsqu’on dit qu’il faut savoir partir, c’est comme si nous étions hors mandat ? Il a été élu pour 5 ans, il va exercer son mandat jusqu’au bout pour lequel il a été élu », souligne le patron de la territoriale.

Quid du découpage territorial

Accusé  de partout pour avoir précipité le découpage territorial du fait que l’intérieur du pays n’est pas prêt, accusé d’encourager le tribalisme et de créer des « républiquettes », Evariste Boshab estime que toutes ces accusations sont pleines d’amalgames.  Il a par ailleurs affirmé que le Garant de l’intégrité du territoire, c’est le président de la République, conformément à son serment résumé à l’article 69 de la Constitution. Parlant du découpage territorial, il dit que le mot «découpage » n’est pas exact.

Il s’agit plutôt de la réforme administrative instituée par la Constitution selon le bon vouloir du législateur et que le Garant de la Constitution a voulu que cette disposition constitutionnelle puisse s’appliquer. Tout est parti, indique le Professeur Boshab, de Sun City où les Congolais se sont réunis pour bâtir leur pays. Ayant constaté que les 11 provinces étaient trop grandes pour bien les gérer, ils ont décidés plutôt de les redimensionner pour qu’elles deviennent à visage humain, en mettant en place une administration de proximité. Et c’est ainsi que le Garant de la Constitution a chargé le Gouvernement d’appliquer cette disposition constitutionnelle.

Pourquoi pas depuis 2006, pourquoi ne le faire qu’à l’approche de la fin du deuxième mandat?

« Il y a un temps pour tout. Il n’y a aucune initiative personnelle d’Evariste Boshab, parce qu’il n’est pas le Garant de la Constitution. Ce n’est pas lui qui assure l’arbitrage du bon fonctionnement des institutions ! C’est le président de la République à qui il faut reconnaître cette réforme qu’il a initiée », a-t-il précisé, avant d’indiquer que si l’on initie la réforme administrative,  c’est parce que l’on estime qu’on est bien mûr. « On a donné le temps aux Congolais depuis la promulgation de la Constitution pour qu’ils puissent s’habituer à cette réforme. Pour lui, ce n’est pas un hasard de faire la réforme lorsqu’on prend les ministères de l’EPSP, de l’Agriculture  et de la Santé publique, depuis 2009, ils ont commencé à placer les divisions provinciales de ce que sont devenues des nouvelles provinces. Lorsqu’on a mis les nouvelles provinces, qu’est-ce qu’on a créé ? Rien du tout ! Ce sont les anciens sous- divisions, les anciens districts ».

Quid du tribalisme, des velléités sécessionnistes, de l’implosion, etc.

S’agissant de la crainte des velléités séparatistes et du tribalisme, Evariste Boshab précise que lorsque la RD Congo disposait de 11 provinces, les Congolais vivaient tel un seul homme. Ce n’est pas avec les 26 provinces que cela va exister. Sinon, il faut savoir de quelle borne l’on se trouve, ajoute-t-il, en utilisant la métaphore pour dire que lorsqu’on a un verre d’eau, on dit qu’il est à moitié plein ou à moitié vide. Ainsi dit, dans chaque organisation humaine, il y a toujours un développement de tendances antisociales qui doivent être réprimées par les lois. « Le tribalisme dans notre pays est réprimé par les lois. On ne peut pas dire qu’au niveau des 26 provinces, il va y avoir exacerbation de ces phénomènes.  Nous disons non ! », rassure-t-il,  tout en ajoutant que cette peur est inexplicable, parce que l’on ne va pas déplacer la terre qui appartenait à telle ou telle communauté pour l’amener ailleurs. La terre ancestrale restera terre ancestrale. C’est  simplement le niveau de prise de décision qui a changé.

« Conformément à la Constitution de notre pays, chaque Congolais a le droit d’installer sa résidence là où il veut, là où se trouvent ses intérêts », paraphrase-t-il la Constitution. Il n’arrive toujours pas à comprendre ce phénomène nouveau, cette peur inexplicable qui consisterait à dire qu’il y aurait exacerbation du tribalisme. Simplement, dans chaque réforme, il y a ceux qui s’opposent et qui résistent, parce qu’ils sont en train de la diaboliser. A cause de cette réforme, plusieurs sont ceux qui diabolisent Evariste Boshab, en identifiant la réforme à son nom. Il n’admet pas cette façon de voir les choses, car cette réforme est mise en place par le Gouvernement sur décision du Garant de l’unité nationale.

Quid des moyens et des infrastructures

Ce professeur d’université ne cesse d’étonner par le niveau de ses réflexions. Pour lui, un individu peut manquer de moyens. Ce n’est pas le cas avec le Gouvernement qui met en place la politique de ses propres moyens. Il s’agit de la réforme administrative, puisque les limites des provinces actuelles sont celles des anciens districts ; il ne s’agit pas d’une annexion d’une province étrangère à la RD Congo, c’est l’intérieur du pays qui est redimensionné avec les mêmes fonds qui sortaient lorsque ces Entités Territoriales Décentralisées fonctionnaient. Certes, avec l’élévation du niveau de prise de décision, il va y avoir plusieurs besoins en logistique et que le Gouvernement est conséquent, rassure-t-il.

Sur ce volet d’organisation des élections conditionnée par l’allocation des fonds à la Ceni, E. Boshab est d’avis que seule la CENI est à même d’organiser ces élections. Donc, ce que le Gouvernement doit faire, c’est de mettre les moyens à la disposition de cette administration indépendante. Il ne s’agit pas de dire que le ministère de l’Intérieur est en retard, plutôt au niveau de la CENI de se déployer.

En ce qui concerne les élections de Gouverneurs prétendument mises sur le dos d’Evariste Boshab avec un calendrier qui ne vient pas de la CENI, il a précisé que la loi de programmation pour la mise en place de nouvelles provinces donnait au Gouvernement 120 jours pour terminer  toutes les formalités afin que toutes les provinces soient effectives. Dans cette perspective, au niveau des responsabilités du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, il s’est agi de donner des indications pour qu’à telle ou telle période, on devrait organiser la mise en place des nouveaux bureaux des nouvelles Assemblées ; aussi bien la mise en place des Gouverneurs, tout en laissant à la CENI la responsabilité de pouvoir organiser ces élections. « Il était de la responsabilité du Gouvernement étant entendu les 120 jours accordés par le législateur, de faire en sorte que ce délai soit respecté. Vous avez vu que j’ai saisi la CENI officiellement pour qu’elle s’occupe de l’élection des Gouverneurs. Il n’y a pas eu ingérence, mais plutôt la prévision de respecter les 120 jours accordés par le législateur », précise-t-il.

L’organisation des élections des Gouverneurs signifie-t-elle le verrouillage de la territoriale pour mieux la contrôler ?

Deux précisions de taille s’imosent, selon E. Boshab. Premièrement, la Constitution souligne que 36 mois après l’installation du Sénat, les 26 provinces devraient être effectives. C’est ce qui justifie l’empressement des élus de l’Ituri après les élections de 2011. Deuxièmement, la Constitution confère au ministère de l’Intérieur et Sécurité le devoir de contrôler la territoriale, d’où le rôle qu’assume le Vice-Premier ministre parmi ses charges conformément à l’Ordonnance qui organise les ministères. Donc, il ne s’agit pas de reprocher celui qui fait bien son travail, il s’agit plutôt de faire un compliment assorti d’ignorance de ceux qui lui reprochent. En outre, il insiste sur le fait que l’Opposition qu’il reçoit à son ministère n’a pas proposé un autre mode d’élection des Gouverneurs, si pas celle qui est consacrée dans la Constitution. Pour Evariste Boshab, dans un système démocratique, il y a deux choses : soit on perd les élections, soit on les gagne. Le fait d’accuser la Majorité présidentielle, plus précisément le ministre ayant en charge l’Intérieur de quadriller toutes les provinces par l’élection des Gouverneurs au détriment de l’Opposition qui se voit perdante, n’est pas correct. Parce que parmi les députés provinciaux élus en 2006, il y a ceux de l’Opposition et de la Majorité, mais tout dépend du programme gouvernemental que l’on présente. Le cas  cité est celui des Gouverneurs autres que ceux de la Majorité qui ont été élus par leurs Assemblées provinciales et que le Gouvernement s’est incliné face à leur décision. Ceci démontre que la démocratie est effective en RD Congo, et elle est à mettre au crédit du Gouvernement et de la Majorité présidentielle qui respectent les décisions des Assemblées provinciales qui sont souveraines et qui s’assument. Le fait qu’on aurait peur de perdre certaines provinces ne s’explique pas, puisqu’au sortir de Sun city, plusieurs provinces furent dirigées par l’Opposition. Ces provinces ne sont pas sorties du giron de la République pour faire partie d’autres Républiques et empêcher l’Etat de fonctionner. « Dans le fonctionnement d’un système démocratique, une province qui serait dirigée par l’Opposition, l’Etat reste l’Etat, il y a les principes qui régissent l’Etat qui seront appliqués. Un Gouverneur qui va à l’encontre des principes de l’Etat, c’est la loi qui lui sera appliquée », insiste-t-il, avant d’ajouter qu’il n’y a pas la province de l’Opposition ni de la Majorité, il s’agit des provinces qui appartiennent à la République Démocratique du Congo.

Quant aux services  sous tutelle du ministère de l’Intérieur, notamment l’ANR, la Police, Boshab affirme que la Police Nationale Congolaise ou l’un de contingent envoyé en République centrafrique est le seul professionnel et plus discipliné, et mieux coté, à en croire le rapport des Nations Unies. « J’affirme que le niveau de professionnalisme atteint aujourd’hui par notre police est appréciable même remarquable. Sur le plan sécuritaire, le fait qu’on développe de plus en plus le moyen de pouvoir la réprimer, l’organisation réprime le comportement déviant, mais l’organisation humaine ne peut pas supprimer le comportement déviant. Ce qu’on fait ce que le comportement déviant ne saborde pas l’organisation humaine. Raison pour laquelle il y a des lois. Et lorsque vous les violez, vous devrez subir la rigueur qu’elles imposent », dit-il à l’endroit des Kuluna. Ceci pour dire que le Congo ne peut pas faire exception, puisque le ministère en charge de l’Intérieur et Sécurité nationale travaille au quotidien pour que la criminalité ne puisse saborder l’organisation humaine. « Dire que nous sommes arrivés au niveau de la criminalité zéro, ce serait mentir ; car en réalité, chaque système au fur et à mesure qu’il se développe, développe aussi le comportement déviant. Ceci relève de la nature humaine. La criminalité est inhérente à la nature humaine ; on lutte chaque jour pour sa régression », précise-t-il.

Du glissement, un mot magique, un concept constitutionnel

Pour lui, une disposition constitutionnelle souligne que, tant qu’il n’y a pas eu une nouvelle Assemblée élue, celle qui est en place fonctionne et continue. Cette disposition qui s’applique aux Assemblées, s’applique également au président de la République. Il invite tout le monde à dédramatiser ce mot qui constitue un drame. Pour lui, c’est le constituant lui-même qui organise, dès lors qu’il n’y a pas eu remplacement dans le délai que l’on puisse continuer. « Le mandat est déterminé, il est de 5 ans qu’il s’agisse des députés provinciaux et des sénateurs. Et puisqu’il n’y a pas eu les nouvelles Assemblées, nous avons appliqué la loi. Cette disposition concerne les élus et le plus grand élu des citoyens, en l’occurrence le président de la République. Cette disposition le concerne aussi », précise-t-il.

Le live écrit pour la modification de la Constitution

Ayant beaucoup entendu sur son livre, accusé à tort et à raison, le professeur Evariste Boshab précise que son livre avait pour objectif de démontrer que les dispositions qu’on appelle verrouillées, immuables étaient une contradiction en droit. Démonstration faite de la première à la dernière page du livre. « J’ai vu des collègues qui n’ont jamais ouvert ce livre, qui parlent de leurs propres sentiments, qui écrivent là-dessus. Ça ne peut que m’enchanter  et je me dis, qu’on n’est pas sorti des concepts coloniaux. Sinon Rassio disait, que si vous voulez cacher quelque chose aux noirs, cacher le dans un livre. Je me rend compte qu’on n’a pas du tout lu ce livre », déclare ce Congolais qui se débat pour que la voix de son pays soit entendue, pour que la dignité du peuple soit respectée, pour que les institutions mises en place soient respectées et que l’on ne considère plus l’Afrique comme un continent où il y a de l’ombre, et que l’on ne puisse plus considérer les pays africains comme des Républiques bananières. Tel est le combat du Professeur Evariste Boshab en tant qu’homme politique  et scientifique.

(Propos rendus par Pius Romain Rolland)

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