De présumés étudiants ont saboté la résidence du recteur et violé nuitamment les homes des filles

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A quelques jours de la fin de l’an 2016, l’Université de Kinshasa, Unikin pose un problème sécuritaire. En effet, la violence sur le site universitaire devenue le maître-mot dans le contexte actuel, appelle l’engagement des bonnes consciences de partout, pour rompre le cordon sensible. Des étudiants non identifiés ont pris d’assaut, dans la nuit du lundi à mardi de cette semaine, la résidence du recteur de cette institution. Il nous revient que la tranquillité y a été dérangée, et les voisins ont subi le contrecoup de cette attaque nocturne. Rien pourtant,  confie la source, n’indique pour l’heure l’éventualité d’un précédent fâcheux entre l’autorité universitaire et le public estudiantin. Comme agissant sur consigne, la colonne d’assaillants a ciblé par la suite le domicile du commandant de la Police universitaire, où ont été perpétrés des actes similaires de sabotage. En phase trois, le bureau du trafic (l’entrée principale de l’Université, où est établi l’Etat-major de la Police universitaire) a subi la colère des manifestants nocturnes. Ils s’y sont déferlés, serrures par–ci, chaises par-là, signataires par –là, comme une masse d’incontrôlés tente d’obtenir l’évasion de prisonniers en temps d’anarchie. Pour boucler la boucle, la colonne a rejoint les homes d’étudiantes. Les agents de Police de garde ont subi le supplice, les grilles ont cédé et, à l’occasion, celles des filles préparées psychologiquement à cet événement, ne se sont pas fait prier pour sortir de leurs chambres, avant le chant du coq.

Comme on le comprend, la dégradation soudaine des  conditions sécuritaires sur la colline inspirée devrait interpeller au premier chef les autorités. Car à l’approche des festivités de fin d’année, d’ordinaire, la quiétude est une denrée que privilégient les âmes sensées : en famille, au service, en groupes d’amis. Et cela, pour des raisons évidentes.

La dégradation des conditions sécuritaires à l’Unikin survient en un temps où la sérénité ainsi que l’homogénéité de la colline inspirée, ont été aliénées par des habitations de fortune. Il nous revient que l’Université de Kinshasa est entrée dans une phase progressive de dégradation des infrastructures qui pourrait, à la longue, porter des implications sur la qualité même de l’humain. « Un esprit sain dans un corps sain », dit un adage. Cette alerte survient tandis que des corporations parmi celles qui animent ce haut lieu du savoir défendent leurs intérêts en ordre dispersé. Pourtant, estiment les observateurs, une politique soutenue de la renaissance de l’Université devrait alimenter la feuille de route des autorités attitrées, dans un contexte où les gouvernants prônent la nouvelle citoyenneté comme gage de la renaissance du Congo.

Un site herbeux sous la menace de l’avancée des têtes d’érosion

L’université de Kinshasa, haut lieu d’excellence et de formation de l’élite de demain, selon sa vocation, doit paradoxalement sa « vie » quotidienne à d’innombrables taudis qui l’environnent. De jour, ces lieux servent de bars, de points de vente d’eau en sachet, de restaurants de fortune (appelés communément  Malewa), de boutiques, etc. De nuit, certains se muent en lieux de tolérance et, à la rigueur d’abri pour des tiers. Dans le contexte kinois où le manque du courant électrique et d’éclairage public fragilisent la vie dans plus d’un quartier, les taudis qui environnent l’Université peuvent également s’avérer source d’insécurité. Plus d’une fois, des corps sans vie ont été repérés aux abords du site universitaire, un signe évident d’insécurité en ces lieux.  Dans des circonstances similaires, l’autorité publique a sévi, il y a peu, en rasant les taudis qui environnaient l’Université pédagogique nationale.

A ce jour, la question qui se pose est celle de savoir si les décideurs prennent plaisir à contempler le chef-d’œuvre de Mgr Luc Gillon, l’Unikin se fourvoyant, à perte de vue, sur un site herbeux et que menace l’avancée de têtes d’érosion. Le programme de réhabilitation et de modernisation des infrastructures routières, s’inscrivant dans le macro-programme de la révolution de la modernité devrait raisonnablement inclure le site universitaire. Mais hélas, l’éventualité d’une prochaine visite du ministre des Travaux Publics pourrait donner lieu à un nouveau souffle. L’asphalte doit être remis en état, et davantage même entre le trafic (l’entrée principale) du site universitaire et le quartier résidentiel des professeurs, appelé le Plateau des résidents. La route qui relie le Rond-point Ngaba au quartier Kindele en passant par l’Unikin s’est désintégrée, partant de l’entrée principale de l’Unikin. La dégradation avancée du réseau routier intérieur de l’Université est vécue comme la perte d’un héritage. Depuis, pour joindre l’Intendance au trafic ou au Plateau des Professeurs, le service des « wewa » (entendez les moto-transporteurs) est le secours de maintes personnes désireuses de gérer minutieusement le temps.

(Lepa)

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